DBC&MHCB EN GÈNBHAL DES INDUSTRIES DE PREMIÈRE NÉCESSITÉ. Î
renia. Uyavait alors des manufactiiresde soieries à Lyon, à Tours, et dans quelques autres villes de France ; mais elles n'étaient que des raretés, des curiosités dans le pays ; dles De foaruissaient pas à la sixièuie partie de la consommation. Les draps et étoffes de soie, et les autres articles de luxe, étaient tirés des pays voisins, surtout de l'Italie et de la Flandre, élaient achetés desétrangers , sans que ces étrangers, en retour, achetassent rien ii la France, en tait d'articles de luxe, et rétablissent ^nsi la balance. Par conséquent, les finances du royaume, la fortune publique, élaient déjà gravement engagées et compromises par ces achats d'objets de luxe, qui n'avaient pas de compensation pour le pays.
Le mal s'a^;ravait de la circonstance que l'indiistriti et la manufacture françwses n'étaient guère plus fécondes en produits de première nécessité ; qu'une partie de ces produits était de mauvaise qualité , et délaissée des étrangers et même des nationaux, comme tout ce qui est mnuvais. Les historiens contemporains sont muets sur cet important sujet; mais on trouve les plus curieux détails dans des mémoires spéciaux adressés au roi et à l'assemblée des Notables réunis à Rouen.
Sous Louis XII, François I" et Henri U, l'industrie nationale avait pria un prodigieux essor, et la France était devenue le marché de presque toute l'Europe, surtout pour les draps. Cette prospérité avait péri dans son ensemble, pendant les guerres de religion, et il n'en restait qiie de faibles débris en 1597. Quelques fabriques de drap subsistaient : la meilleure était celle de Rouen, qui produisait les excellents draps du sceau, ainsi nommés parce qu'on y apposait un sceau ou marque. Anûens, . en Picardie ; Sommières et Ntmes, eu Languedoc ; Chartres, dans l'Orléanais, et quelques autres viUes encore, avaient des manufactures de serges larges et fines : Nîmes
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340 LIV. VII. cil. V. VILLES AVANT CONSERVÉ QUELQUES INDUSTRIES.
leur donnsit même la façon àa ras de Mikn. Amiens et Saint-Quenlin , en Picardie, Jjouviera et un certain nombre d'autres localités en Normandie, fabriquaient des toiles qui pouvaient le disputer en finesse et en beauté à celles de Hollande. Amiens y joignait des camelots, et Montpellier Faisait des futaines blanches, égales ou supérieures à celles qu'on avaittiréesjusqu'alorsd' Allemagne et de Flandre. Nérac, en Gascogne, et un boui^ de Biard, probablement celui qui était situé dans le diocèse de Lyon ', se faisaient remarquer par leur babileté dans la préparation des cuirs. Rouen et Amiens étaient restés fidèles, pendant les guerres civiles, à leurs habitudes de travail, d'industrie intelligente, de probité commerciale déjà fort anciennes*. Mais le point de départ ou de reprise des travaux industriels, dans les autres villes qae nous venons de nommer, ne remontait qu'à cinq ou six ans. C'était à l'époque où, soit par leur adhésion volontaire, comme celles de la portion du Languedoc qui obéissait à Montmorency, soit par la conquête, comme Chartres, elles avaient été soumises à l'autorité du roi, et
> Les géographes lea plus savanls el les plus eiacU indiquent cioq Biard, Biart, ou Biarda. Comme fauteur du ivi* liècle anquel nous empruntoQS cee déUiU relatirs & l'iDduslrie dit que les habitants de Biard avaient été iostniits dans la préparation des cuirs par des Suisses, nous pensons qu'il faut rechercher le Biard qu'il mentionne dnus le voisinage de la Suisse, au paja des Dombes, dans le diocèse de Lyon.
* Nous nous faisons un dévoie de transcrire rbommage rendn par les contemporains â l'industrie de Bouen, d'Amiens, de Sommièrcs, de Chartres, dans la circon^laDce sotenneile de la réuuioo du roi et des Notables aseembUs il Rouen. Page 11 ; n Silaréale et police esloit R bien ealablie en Fruoce, on feroit travailler des doubles serges de » Florence, témoin lea drapa du sceau de Rouen, et autres draperies 0 qui se font en France. » — Page 17 : n 11 seroit besoin pour le public H que toutes les villes prissent imitation A la vttle d'Amiens , où ils » font travailler grand nombre de marchandises qui sont serges, ca- H melots, toileset inBniesaulresmarchsndiseSjquifontvivrebRaucoup n de peuple, et attirent les denien des estrangera. »
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ELLES NE PEUVENT SATISPÀIRE AUX BESOINS GENERAUX. 24t
avaient joui du bienfait de la paix et de Fordre public '.
Le degré de perfection et de déyeloppement que quelques-unes de ces industries avaient pris exceptionnellement dans quelques centres privilégiés ; les intérêts trèsliàs et très-sérieux d'exportation et de commerce que poavaieut avoir les villes en petit nombre qui avaient su conserver ou élever récemment des manufactures, œ doivent pas nous faire illusion sur l'état général de l'industrie de la France en 1 597, et sur les moyens qu'elle avait de satisbire aux besoins généraux du pays. Rouen, par exemple , fabriquait d'excellents draps fins et en grand noinbre : cette ville pouvait facilement les {dacer en Angleterre, parce quel' Angleterre était restée ptdsible et riche , tandis que la guerre désolait la plupart des autres pays de l'Europe ; et parce que les communications de Rouen avec l'Angleterre étaient faciles, assez courtes, et très-sùxes par la Seine et par la mer. Mais Rouen ne fabriqamt pas de draps communs, ou n'en fabriquait qu'une très-petite quantité, puisque, comme on va le voir, ses manufactures n*en pouvaient fournir aux paysans et aux artisans de la Normandie et des deux pays les plus voisins, la Bretagne etlaPicardie, sans parler des autres provinces.
La preuve de ce fait nous est fournie par des contemporains, dont on va lire le témoignf^, et par les traités. La même observation s'applique aux belles toiles et aux seines d'Amiens et de Saint-Quentin ; elle s'étend encore aux produits des fabriques de Ntmes et de Sommières. Ces villes n'employaient qu'une minime quantité des *
' Dartbélemj Laffeniai, tteigltmwu général pour drttttr les manufaclurttdt ce royaume. Pari», Claude d« HoDttrceil, 159T, pageaS, 1(, It, 19, 16, 17. Od lil aui pages IS, 10 : « Pour le regard de* serges,
■ U «"eo peut treraJUar en France tacilemeat, à l'eieqiple de la ville u de Soumièree en Langaedoc où, dtpuit cinq à tix atu, ils tout des
> lergea larges et QneB , auwi bellei et meilleures qu'il en Tint jamais
> de Florence.... PareilUroant en la TiUe de Chartres, il« out com-
■ meiué k en bire de belles et bonoee. ■
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S4t UV. vu. CM. V. ACHATS DB TOUTE B8PÉCB FAITS A L'ÉTItiNOKR.
laines du Languedoc à la confection des sei^^ ânes et des ras qu'elles parvenaient à fabriquer : la masse des lunes du Languedoc, de la Provence, du Dauptuné, sortut brute de France, étût manufacturée à Florence et à Hilan, etrentrait dan» le royaume convertie en étolfas légères de laine, que les ioduslrieuses cités de l'Italie avaient le privilège de nous fournir dans des proportioiv énormes '. L'apjs^St et l'emploi des cuirs n'étaient plus faits avec scia que dans deux localités : partout ailleurs, cette industrie indispensable, ou avait péri, ou était exercée avec si peu d'intelligence et de {oxibité, que la solidité et la durée des chaussures , comparativement à ce qu'elles étaient dans la premi^ moitié du xvi* siècle, avaioit diminué des trois quarts*. C'était encore aux étrangers, aux Suisses, aux Allemands et aux Anglais que nous nous adressions pour nous procurer cet article et ne pas aller pieds nus.
Des détails que l'on vient de dire, il résulte que les
* C'est le mdiae coDtempnrùn Aaaa lequel ee Irouve l'iodicatioD de rindiutrie nuDiiftictarière des Tilles de Langoedoc, Ntmw et Sommiârea, qui nous apprend l'exportatioD en mute k l'Alat bmt des laines des provinces méridioDolas de France. Bartiiëlem; Laffenuu , dans son Sùglement général, publié en 1S97, dit k la page 11 : • U n est grandement nécesM^ra, pour le bleu et utilitâ du pnblic,de con- D ridèrer qu'ordinairement on tait vente de la pins grande partie de« R laines qui se lèvent en Languedoc , Provence , Dauphiné , qui se B transportent en Italie, U où Us emploient les diles laines et les foDt B travailler en serges de Florence, estamets, rai de llilan et antres; * qu'après eabtnt mises en monutadures , on les rapporte vendre et n débiter en France; qui est doDDer à cogooisire l'ignonmcc des » Françob. h
* Barthélémy Laifenias, Rtiglem. géiér., p. IS, 14 : « Pour exempte
■ que l'on peut prendre «ur toutes les autres morcboodises et manu- » factures, que l'on regarde les cuirs qui sont nécessaires aux riches
■ et aux pauvres. Le temps pasié, pour tanner tes cnirs, ils demeu- » raient un an ou deni ï les tanner et corroyer : aiyourd'liai ils u'j M demeurent pas trois mois , dt lorle çi^à prêtent quatre ou *ix pain*
■ d'omragu n'm «aient pat une du tempi patte; ce qui est un abus » insupporlabie. »
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DETAILS SUn CKS ACHATS : LEUR ÉNORHB QUUITITt. S43
trois quarte au TDoins des objete manufncturés de première aécessité, tels que draps, et surtout gros draps pour habite d'hommes, toiles pour linge, serçes et étemines pour habite d'hommes et de femmes, estâmes pour bas, cuirs pour chaussures, et eufio bonneterie et chapellerie ; que les trois quarts, disous-nous, des objets dont se compose l'habillement n'étaient plus fabriqués dans le royaume en 1597. La France était réduite à les tirer de tous les pays voisins, la Flandre, l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Aiigleterre ; à les acheter des étrangers, à la honte de son industrie et à la ruine de ses finances. La proportion de ce qu'elle^ demandait aux nations voisines pour les articles de première nécessité était moins forte que pour les articles de luxe ; mais elle était encore énorme. Les mémoires envoyés au roi et à l'assemblée des Notables de Bouen, au commencement de 1597, présentent ainsi l'exact et affligeant tableau de notre indu»trie en ce qui concerne les produite utiles :
• Ponr exemple da ce mal, il est cogoeu que l'on faUoK, avant Ui Inubk*, quatre fois plus de manubctures de draps de laine qu'A présent. Témoia la lille de Provint en Brie, où il g avoit dix-huit ctntM utalien de dnpt, «J n'y a pat pour le jourd'kui quatre metliert. Ainsi en est-il de Seolît, Heaux, Helun, Suot-Denig et autres lilles et bourgs à l'enloar de Paris'. >
t Ils nous eavojent tous les ans d'Angleterre plus de mil luvirea on nisseaux, en partie chargez de marchandises manufacturées, qui lent draps de laine, bas d'esUime, fulaines, bural et autres marchaodises. — Les Anglois fout apporter en ce royaume telle abondance de leurs manuFactures de toutes sortes, qu'ils en remplissent le pajs, josqu'à leurs TÎeux chapeaui, bottes et savates, qn'ils font porter en Picardie et en Normandie, 1 pleins vaisseaux, au grand mesprig des François et de la police. Où l'on peut remédier par l'établissement du commerce et manuractures *. >
■ Barthélem; Laffemas, La façon de faire eltemer la graine de meurien, Paris, P. Pantonnier, 160*, p. W, BB.
' ■ ~ , Reigiemenl gMral pour dreaer le» manu/aclurei en
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su LIV. vil. CH. V. LA FRANC! S'iPUISB DE NVHBRAIBB.
La décadence de l'iDdustrie portaDt surlesobjeta d'utilité et le défaut de développement de l'iadustrie de luxe, entralaùent fatalemeDt la France à uq abime. Des millions de bras restaient sans travail, des millions de citoyens sans moyens d'existence. En peu d'années, le royaume devait voir passer la plus grande partie de son numéraire, de sa richesse métallique , entre les mains des étrangers, dont l'industrie nous avait rendus tribu— Ifùres et nous dévorait. L'or et l'argent ne sont qu'une partie de la richesse nationale, et même la moins solide ; mais cette partie est la plus facile à conserver, à mouvoir età exporter. Une nation qui éprouveladisett«des métaux précieux est une nation gênée, paralysée dans toutes ses transactions publiques et particulières, menacée dans sa prospérité et en certains cas dans son existence. L'un des plus grands ministres des Bnances qu'ait eus la France, Colbert, disait à ce sujet : « D est nécessaire d'observer que l'argent en barres et en espèces qui vient des Indes occidentales (l'Amérique) par les galions et la flotte de la nouvelle Espagne, étant le seul qui vient en Europe, est aussi ce qtti seul produit ^abondance ou A) nécessité des Etals, chacun à proportion que l'industrie et l'application des sujets au commerce en attirent une plus considérable partie ', n
En 1596, le roi chargea des hommes dévoués et instruits dans ces matières de relever les sommes dépensées annuellement par la France pour les importations étran-
ce royatimt, Paris, Cl. de MouBtrœil, 1S97, p, IS, — Advit tl remon>- Iraner i Mit. la cotnmiitairet dépulët du roy. RemoDstrancc nécessaire sur te traité de la royve d'Angleterre parlaDt des manutacturea, Paria, S. Moreau, IBM, p. 7. — Ce passage e*t déckif pour la décadence de l'iodaitrie et du cooinierce français, comme pour l'état de riDdaslrie et du commerce anglais en 16D0.
< Uémoire serTSDt d'instruction an sieur été que de Beiiera, s'en allant ambassadeur en Espagne, sur le fut du commerce, mars I66B.
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DES AILLIONS DE BEU8 HESTBNT SANS TRAVAIL. 3l5
gères. Des mémoires contenant une statistique détaillée lui furent présentés par Barthélémy Laffemas, que ses relations commerciales avec la France et l'étranger mettaient en mesure de répondre de la manière la plu^ pertinente aux questions graves que posait la couronne. Voici, sur les seuls articles de luxe, les renseignements que contenaient les mémoires :
■ Qu'on prenne exemple eux bas de soie qui Tiennent Uns le* ■Bi en France, il se IrouTân plus de ciaquanle mille personnes qui en portent, plmilost moitié diviDlagft que moins. Quind ils ne coûleroient que quatre escus l'un portant l'autre, et cbascun en peut oser quatre paires par an, cet article seul monterait i 800,000 escus (i.tOO.OOO livres du temps, euTiron 6,78i,000 d'aujourd'hui]. Or, «st-U que si les bas de soje refiennent i une si p^nde somme de deniers tirei bors de la France, les draps d'or, d'argent et de soie, reriendront i vingt Tois davantage. ■
Quelque temps après, Laffemas relevant, après des calcub plusieurs fois vérifiés, les sommes que coûtaient annuellement au royaume, non plus le seul article des bas de soie, mais tes bas, draps et étoflfes de soie, estinkait la dépense h 2 millions d'écus pour Paris, et à 6 millions d'écus pour toute la France'. Ces 6 millions
■ B. I^emas, Rtiglemtnl général pour dreiier lei manufacturei; Paris, Cl. de Uonstrteil , 1B97, p. 8. Le mémoire avùt été remis an roi en 1596, et renvoyé aux Nol^iles assemblés à Rouen le IT janvier 1987 (p. S<). — £a fa;on de faire *l Mmer la grain» de meuritrt, Paris, 1604, p. 81 : ■ 11 se justifie par marchands qu'il s'enlève toos les B ans de Parla seul p!ua de S mlllioua d'escue à cause des dictes so;ea
■ manutacturées et escmes. Et d'autant que l'on tient que Paris n'est » qu'une donsiènie partie de Is France, cela montre qne les dictes > estolfcs font un extrême préjudice. Le mettant seulement i la va-
■ leur d'un t au lieu de 1) , il reviendra toujours à 8 millions d'escns
■ (94 millions de livrée) qui s'en vont hors du royanme tous les ans. n Tel était le calcnl par induction que faisait Laffemas. Quelque tempe aprâi, il fut chargé comme contrÀleur général du commerce, de présenter au roi on mémoire on recneU de ce qui se passait en l'assemblée du commerce à Paria. 11 contrats alors ses cbiffrea par les documents olBeielB, et il réduisit à t millions d'écns ou IS millions de
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Si6 UV. vil. ca. V. SOMMES QD'BNLËVE L'EXPORTAnON.
d'écDS faisaient 18 millions de livres de ce temps-là, environ 65 millions d'aujom^'hui. De Serres n'estimait la pei^ annuelle pour la France qu'à i millions d'écus ou 12 militons de livres, près de H militons d'aujou]>d'hiii'. Mais il était en moins bonne position que I^ffe— mas pour être instruit de ces détails d'importations étrangères et de finances. De plus, le chiffre de 6 millions d'écHs fourni par un historien contemporain, P. Cayet, et conforme à celui de Laffemas, justifie pleinement les calculs de ce dernier*. La perte annuelle pour le pays était énorme. D n'est pas sans importance pour l'industrie et les finances à la fois de remarquer qu'en ce temps une paire de bas de soie coûtait i écus ou 12 livres du temps, environ 43 francs d'aujourd'hui, et qu'on en usait quatre pures parant
A un moindre degré que les objets de luxe, mais dans une proportion encore très-considérable, les objets de première nécessité que riches et pauvres indistinctement achetaient au dehors, envoyaient et livraient aux nations voisines une autre partie de l'argent de la France,
g 2. Premières tenialivfi du roi pour relever ^industrie, et pour atriier les âétasire» résultant de l'importation étrangère.
Le danger résultant du misérable état de notre industrie en général préoccupa vivement Henri, et son attention se porta d'abord vers l'importation des articles de luxe, parce qu'elle était de beaucoup la plus ruiueuse.
lîTroa ce que coulait anoueUemeiit au royaume l'achftt des soieries âtrangèrea. Voir l'article t*' du Recueil, dans !ea Archives curiciiaes, tome XIV, p. SU à la Bn.
• OliTier de Serres, le Théâtre d'agriculture. Heu V, c. 15, t. II, p. 111 A, 6dit. IgOt, 1805.
■ P. Cuyet, Chr. sepUo., I. II, t. Il, p. fit A.
* B. LaffemV] Rtiglentat géntrat pour dreaer Us manufactures, Paris, C. de HoDstrœil, 1597, p. S.
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TKHTITITBS DO ROI POUR RELETER L'INDUSTRIE. U7
Dès le commenceraeDt de 1596, un an avant les ouvertures de Laffemas, trois ass avant les propositions d'Olivier de Serres, dont noua nous occuperons bientôt, le roi, par nue iospiration de génie, devina le premier en France que le vrai remède au mal était de rendre nationale et générale dans le pays l'industrie de luxe, jusqu'alors restreinte à un petit nombre de localKés.
En cette année 1 996, il planta lea allées du jardin des Toileries de mûriers qui avaient trois ans d'âge, et qui re|HÎrent parfaitement. En attachant ainsi le sceau royal à cette culture sur laquelle repose toute l'industrie des soies, il faiswt mieux que de prendre acte de sa découverte ; il attirait vers elle l'attentiou et la faveur de tous les esprits réfléchis'. Meus il conniùssait trop les masses pour imaginer qu'il parviendrait seul et du premier effort h les entraîner dans ta voie nouvelle qu'il ouvrait. Aussi rechercha-t-il le concours des citoyensqui avaient autorité dans les matières d'industiie et de commerce ; l'ûde des représentants de la nation délil)érant sur ses plus graves intérêts ; l'éclat d'uue discussion publique dans une circonstance solennelle.
Dès que l'assemblée des Notables fut réunie à Rouen , le j novembre 1596, il la saisit de la question de la décadence et des insuflEisances de notre indostrie , de l'importation et de l'achat des marchandises étrangères : il appela toute son attention sur cette grave matière, et la lui donna à étudier. Le 17 janvier 1397, il la somma
I Voiô la prenve que le roi ht planter de mûriers les allées du jardJD Je« Tail? riea dès le commen cernent de ISSe. Barthélémy Laffemaa publia en 160* chei P. Panloniûer, imprimeor du roi, im mémoire inlilnlé La façon dt faire tt wntér la graine de meuriert. A la page Il de cet écrit 11 dit : ■ Le principal e«l d'avoir de» meariera en
• abondaiiM... Ceux que Sa UajeaLé a tait idanler aux alléee da Jardin > dnro; HU Thuileriee, iV y a hvil ont, et Irob aiu qa'ila svoieut,
• on joge qu'Ha en ont pin* de ringt-cinq, tant ill «ont grande et
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