‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 25 sur 75 · LA. CULTUM! DV MURIER BT LA PRODDCTION DE L\ SOIE · texte numérisé non relu

LA. CULTUM! DV MURIER BT LA PRODDCTION DE L\ SOIE

récolte de la soie. Distinguant en maître, d'après la nature du Bol et k degré de la température, les pays impropres à la nouv^e culture de ceux où elle devait nécessaÎTemeDt réussir, il établit comme loi générale que partout où croit la vigne, le mûrier prospérera. H annonce ea conséquence que k plantation du mûrier ne sera pas à essayer dans une partie delà Picardie, de la Normandie, de la Bretagne, mais qu'elle sera tentée avec succès dans quelques cantons de ces trois provinces, et dans toute la Champagne, l'Ile-de-France, la Boui^ogne, le Nivernais, le Beaujolais, le Maçonnais, le Lyonnais, le Berri, l'Orléanais, le Limosin, le Poitou, la Saintonge, la Guyenne, la Gascogne, le pays autour de Toulouse où elle n'avait pas pénétré, bien que ce pays dépendit du Laaguedoc, province séricole. De Serres traitait eusmte de la nature du sol propre au mûrier, des diverses races et espèces, de la plantation et de la culture de cet arbre ; de la feuille du mûrier, de son utilité, de son emploi, de ta manière d'en retirer la soie par le ver; du logement, de la nourriture et de l'éducation des vers à soie; des soins à prendre pour leur faire filer leur soie, et pour recueillir la semence nécessaire à la conservation de la race ; enfin de la récolte et du dévîdement de la soie. De Serres annonçait l'espoir que les instructions fournies par lui , que la puissante impulsion d(Hinée par le roi à cette culture et à cette industrie, la feraient pénétrer des extrémités au coeur du royaume, la propageraient dans les provinces centrales et septentrionales de la France. Il excitait les habitants de ces pays par le puissant mobile de l'intérêt, « à tirer des entrailles » de leurs terres le trésor de soye qui y estoît cacbé, et par » ce moyen à mettre en évidence des millions d'or y croan pissants. » Comme preuve irrécusable de ce qu'il avançait k cet égard, il citait l'exemple des provinces de Dauphiné, Provence, Languedoc, où l'éducation du mûrier et des

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vers à soie était devenue le principal revenu des propriétaires fonciers. « Dans ces pays, disait-il, le revenu du » meurier est tenu pour le plus clair denier tombant dans » la bourse. s En s'adressant aux magistrats municipaux de la capitale du royaume, il se flattait qu'ils donneniient l'esempîe au reste du pays, et l'entmlneraîent dans la voie nouvelle où il devait trouver proSt et bonneur tout ensemble '.

Des conférences du roi et d'Olivier de Serres étaient sorties, outre cet appel à la nation, outre l'indispensable instruction sur la culture du mûrier et l'éducation des vers à soie, plusieurs résolutions pratiques d'une utilité merveilleuse pour le succès. De Serres avait désigné, daas . la campagne de Paris , Madrid et le bois de Vincennes comme propres & recevoir et à nourrir trois cent mille mûriers, et à produire une grande quantité de soie. Le.roi, de son côté, avait résolu de planter des mûriers blancs dans tous les jardins de ses palais, et d'y construire des magnaneries et des manufactures pour le premier travail de ta soie, qui consistait à la tirer et k la dévider '. En 1600, tandis que le temps et l'activité de Henri semblaient absorbés par ses négociations d'abord, et ensuite par sa guerre avec la Savoie, par son divorce avec Mai^erite de Valois, son mariage avec Marie de Hédicis, ses intrigues avec mademoiselle d'Entragues, il suivait, avec un intérêt et

• Olivier de Serrea, La cueillette (récolte) de la loge par la nourrilure des vert gui la fonl. Paria, Jainet Ueltajer, imprimeur ordindre du roi, 1" tivrier 1S99. Ce traité a été inséré iiar de Serres danB aoo Tbéilre d'agriculture, où il forme le XV> chapitre du V< lieu, 1. II, p. tai-U7, édit. tROi-ISOS. — La seconde richesse du meurier blanc, Parid, Saugraio, 1603, Dédicace, p. 8. Le passage cité ci-deseua daus le texte se trouve dao) le Théâtre d'agriculture, lien V, c. XV, t. Il, p. lOS B, édit. lBat-|gD5.

■Le Théâtre d'agriculture, lieu V, c. XV, t. Il, p. 109 A, Itd A, 111 A. — Legraiu, Décade, I. VUI, p. 419, « avec iiutructiou de la n manière de lirtr et dévider la ttyye. s

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