DES DRAPS BT ETOFFES DB BOIS, MB DRAPS D OR ET D ARGENT
coQcMait le privilège éf^lemeat pour douze ans de fabriquer et de vendre seuls, non pas seulement à Paris, mais daus tout le royaume, des draps et étoffes d'or et d'argent, fa^n de Milan : il n'y avait d'exception qu'en faveur de Vexin, Desvieux et leurs assoàés, lesquels pouvaient avoir une seule fobrique et une seule boutique pour les mêmes draps et étoffes d'or et d'argent. Enfin le roi accorda à Sainlotetà ses associés un don de 60,000 écusou 180,000 livres du temps (640,000 fr. d'aujourd'hui) payables en huit ans. A sa naissance, l'industrie nouvelle était aidée par un monopole momentané et par les libéralités du gouvernement, également nécessaires*. Henri pourvut avec une extrême sollicitude à ce que la grande manufacture de soieries établie à Paris reçût toutes les facilités votdues pour la perfection de la fabrique, et tout l'éclat nécessaire pour la conquête de la popularité. Au commencement de l'année 1604, il destina à son emplacement une partie du parc des Toumelles , abandonné depuis la mort de Henri D, et converti en marché aux chevaux, n y fit commencer un superbe bâtiment, pour loger les ouvriers des manufactures de soie. Cette construction et quelques-unes voisines , affectées à d'autres industries, formaient les dépendances de la nouvelle place, nommée Royale, à cause de son fondateur. Sa correspondance nous le montre suivant ces constructions avec un intérêt particulier jusqu'à leur achèvement qui eut lieu en 1606, d'après le témoignage des contemporains». En 1608, il Ic^ea quelques-uns des plus habiles
• Édit d'«8UbUs8emeat d'une maaaracture d'habiU de drapa et toiles d'or, d'argent et de «oie à Paris, dao£ le Recueil des anc. lois rraoç., l, IV, p. 183->B7. — Lettre du roi & Hoanj du. i" moi 1804 : o Dans r le es» où d'antres feroieat les offres les plus adTantageuseï, je veux D qne TOui ordonniez que ceiii-4à seroDl tenus de payer aux eotren preneurs dos dictes muinlaclures dans les huit années, la dicte 0 lomme de 64,004 écus que je leur ay promise. »
< En leoi, P. Cayel, Chron. septea., 1. vil, t. Il, p. 3SS A, dit :
D,q,^.-3bvGoogle
280 UV. vil. CH. V EHCOOilAGEIICHTS DONNÉB AUX ARTISANB.
artisans en soie dans la longue galerie par laquelle il joignait le Louvre aux Tuileries, et qu'il venait d'achever. Le monopole des draps et étoffes de soie, établi pour douze ans au profit de la compagnie Saiotot, ne comprenait que Paris et les environs. La liberté subsistait pour les manufacturiers et les marchands dans toutes les autres villes du royaume. Le plus grand désir du roi était que la fabrique des soies pénétrât partout, se répandit partout, comme le plant du mûrier. Les anciennes manufactures de Tours, de Montpellier, de Lyon, celle de Lyon surtout, stimulées à la fois et instruites par la manufacture modèle de Paris, prirent une activité, atteignirent une perfection inconnues jusqu'alors. De nouvelles mauufactures s'établirent en diverses villes. Dès l'an 1604 , on en voit une pour les crêpes 6ns de Bolc^ne , tant crêpés que lisses, qui jusqu'alors ne s'étaient faits qu'en Italie, élevée dans le château de la ville de Mantes, parla permission de Sully qui en était gouverneur '. Une autre pour les satins de Bruges, et les damas, dits cafards, est érigée â Troyes en Champagne*. Depuis lors cette industrie gagna de
H Au commencemeiit de ceste année, le Roj a TaictauEs; commencer • no superbe bastiment an parc des Tournelles, poar loger les ou- » TrUindei manufactures de aoye. a D'autres détails sont donnés par Legrain, Décade, 1. VIII, p. 4ïi, in-tol. En 160&, le «9 mai, Henri écrit t Solly (CEcod. ro;., c. 1(9, t. Il, p. 19) : « Amault tous dira B comme jo me suis enquis particnlièremeut si l'on cummenM k tra- « Tailler aux maisous de la place eux Chevaux (place Royale). » Ce aoDl les maieons pour les lApisseriee, après cellex élcTées poiu* les manoFactures d^ soie. En 1606, leaau LafTemas, dons son Histoire du commerce (ArcUv. curieuses, t. XIV, p. tl8, 414), indique le bftUmeot des mtuiuCactares comme acbevé : « Vous stci fait élever près ■ de Tolre place Royale, aar le plus beau de vos dessina, les bkstin ments des manutactnres. »
' La matière première de la presque totalité des crêpes était alors la sole, comme on en a des preuves nombreuses ; je ne connais pas d'autorité qni établisse quon m alors descrepesde laine.
' B. Laffemas, Recueil de ce qui se passe, etc.. Archives cur., t. XIV, p, ÏM, 331. - P. Cayet, CSiron. septen., 1. VII, t. Il, P.SB4A.
D,q,z.-3bvGoOgle
DfcVKLOPPSMKNT DBS HANUFACTUnEB «DR TODSLSS POINTS. 281
proche en proche, et & la mort du roi elle s'était victorieusement établie dans la plupart des viUes importastes du royaume.
Henri eut la gloire de donner à la France l'industrie de la soie, l'une des principales industries nationales depuis le commencement du xvii« siècle. U réussit à la rendre générale et proportionnée aux besoins du pays, taudis que les effiorts de Louis XT, de François l"*, de Henri n, l'avaient laissée si restreinte et si iasufiBsante,que la France recourait pour les cinq sixièmes de ses fournitures à l'industrie et à l'importation étrangères. Le roi dut à une infatigable activité, à une persévérance inouïe, la différence de ces résultats. Les conlemporains ont reconnu et signalé sa supériorité à cet égard sur ses prédécesseurs'. L'un d'eux, dans un langage où l'on trouve déjà une pointe de l'exagération espagnole, qui pénétrait alors dans notre littérature, mais sans que cette boutBssure de style nuise à la vérité de la pensée, exprime ainsi les services que Henri avait rendus à la nation en la dotant de la riche industrie des soies.
• Vos SDJelB béniront Voalre Mnjestâ el d'aage «a aage rendront vMtre mjmuire livanle en U bouche de la post^rit^. N'est-ce pas leur en donner les occasions tous les jours par tant de nouTe«ux eitabbssemeuts d'ouvrages que vous distribuei par les villes de vostre rojanme, les exciisnt à votre exemple d'ajmer ce qui leur apporte des commoditez?Téinoias ces orgueilleux bâtiments de la place Rojale, dont le front menace de rujne les estrangers qui vivoient de nos dépouilles, el dont ta seule batterie des mestiers, que nos François
; ent montez, fsiet peur à tout un pajs Vous avei commencé le
premier d'embrasser les manufactures pour j porter les François i
' B. Laffemas, p. 138. « C'est chose promise et contractée par Sa " Mqesté avec les entrepreoeurs dudict establissement qu'il se contl' " nneroil par trois diverses années consécutives, pour se perpétuer, ■ Miu que jamai» il en puisie advenir commt du temps des royc tes « prid^cetteuri louis XI, François I*' et Henri H, qui l'ont eniriprins » MM te pouvoir faire réussir, par faut» de continuer. '
D,q,z.-3bvGoOgle