‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 30 sur 75 · BT DE L'INDUSTIUE DES SOIERIES EN FRANCE · texte numérisé non relu

BT DE L'INDUSTIUE DES SOIERIES EN FRANCE

demeura étrangère, par coaséquent, à la &brication et à la manufacture de la soie, qui restaient à créer tout entières.

g lY. Le roi ÉlabUl le$ autres induttria de luxe.

Le rc» protégea, fit revivre ou ^introduisît dans le royaume toutes les autres industries de luxe.

Les manufactures de verra de cristal, de glaces servant de miroirs, dans le goût de celles de Venise, érigées par Henri Q et placées par lui à Saint-Germain en Laye, s'étuent soutenues jusqu'au temps de Charles IX, puis avaient péri au milieu de l'anardiie. Le duc de Nevers, qui était Italien d'origine et qui connaissait les arts de son pays, avait feit recommencer la fabrique des glaces à Nevers, et y avait joint celle des verres imitant la topaze, l'émeraude et les autres pierres précieuses. De Nevers, cette industrie s'était étendue à Lyon. Mais ces manufactures ne donnaient que des produits restreints et imparffûts, et d'un transport coûteux quand il s'agissait de les envoyer à Paris. De plus , les ouvriers français employés dans les deux manufactures y travaillaient uniquement en qualité de manœnvres, ignorant le secret de la confection des glaces, que les directeurs, tous Italiens, s'étfùent réservé. Le duc de Nevers donna au roi la première idée d'étendre et de perfectionner cet art, et de le Datoraliser dans le royaume. En août 1597, Henri signa, au camp d'Amiens, des lettres patentes pour l'établissement d'une manufacture de cristal et de glaces à Melun. Les lettres disaient que les ouvrages qui en sortiraient devant arriver à Paris par le cours de la Seine, c'est-^ dire par une voie sûre et peu dispendieuse, seraient livrés nécessairement aux acheteurs à un prix moins élevé. Le gouvernement était donc dans le secret de l'éconumie

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des transports, l'uo des plus impfflrtaats en matière industrielle et commerciale. Un privil^ pour la confection et la vente de cett« sorte de verrerie , soit à Paris, aoit dans un rayon de trente lieues autour de Paris, était accordé aux gentilshommes italiens, indiqués sousles noms francisés de Sarrode et d'Horace Ponte. Nul ne partagent avec eux ce privilège que deux fabricants appelés Feugère et Pierre, lesqueb paraissent avoir été des Français. En 1603, la commission ou chambre supérieure du commerce stipula avec les masufocturiers italiens qu'en recevant des lettres de naturalisation et de nouveaux bienfaits du roi, ils s'engageraient à apprendre le secret et l'industrie de leurs verres de cristal aux Français qu'ils {««ndraient pour apprentis '.

L'art de faire des tapisseries de haute lisse avait été connu autrefois et pratiqué avec succès en France. Des débris de cet art s'étaient conservés au milieu de la guerre civile à l'bdtel de la Trinité, qui formait une véritable école. Le Français Dubout^, l'élève le plus distingué de cette école, exécutait, en 1S94, des tapisseries pour l'église de Saint-Merri, sous la direction du peintre Lei'ambert, avec un succès et un éclat qui attirèrent l'attention du r>i. Henri résolut de rétablir â Paris les manufactures de tapisseries, et il mit ce projet à exécution en 1597. Il partagea la dilution du premier établissement

■ P. Cayet, Chron. Beplen., 1 VI, t. II, p. 1S9. a Dea Terreriea de » crystal à la façOD de eaux de VgoLm. i — Lettres d'establissemeat d'une manufacture de cristal ft Melun, dans les Aoc. lois tranç., U XV, p. iet-l6S. — B. Laffemaa, Recueil de ce qui b« paaae en l'assemblée de commerce à Paris, p. Ht. a 11 est ordonnÉ par la diligence deadits H conusinairea, que désormais lesdits Italiens «eront tenui ^prendre M l'induaLrie et l'inTention de leurs verres de cristal aux Français n qu'ils prendront pour apprenlii; ce qu'ils aToient ci-devant refosé, > pour les déteases qu'ils prétendoient leur eslre taicUa par leurs i> priucea et le «ermeot qu'ils en dévoient i leur paUrie. A quoi est » remédié par lettres de naturalilé. »

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de ce genre entre Daboarg, et Laurent, autre artiste excellent. Il leur assigna à la fois des appointements et un salaire joumaiier, qui leur assuraient une honorable aisance. Q les plaça d'abord dans la maison professe des Jésuites, abandonnée depuis le parricide de Jean Ghfttel ; et quand les Jésuites revinrent, il les transféra dans l'un des étages de la longue galerie du Louvre, son autre création. Dnboui^ et Laurent avaient sous leurs ordres quatre apprentis et un grand nombre de compagnons. Ils payèrent les bienfûts du roi par un grand nombre d'ouvrages, où ils déployèrent de rares qualités et une grande habileté pour le temps. C'est à Sauvai, qui nous a conservé tant de précieuses traditions, que nous devons tes renseignements qu'on vient de lire sur cette fabrique et cette école de tapisserie toute nationale, dont il n'est parlé nulle part ailleurs'.

A cAté de la manufacture française, le roi érigea une manufacture flamande. Ou bien il espérait que nous emprunterions aux étrangers quelques secrets de cette industrie qui nous étaient encore inconnus; ou bien, en mettant les denz arts en présence, il voulait les pousser à la perfection par la comparaison , par la concurrence, n appela en 1603 les ouvriers de Flandre les plus habiles en tapisserie : c'étuent les Comans et Laplao^he. Il les logea au feubourg Saint-Marcel, dans la maison des Gobelitis; il aida leur établissement par une subvention de 100,000 livres de ce temps-là, environ 360,000 fr. «■'aujourd'hui. Un contemporain qui avait examiné avec soin leurs ouvrages, en parle en ces termes : « Tant pour D les commoditez que Sa Majesté leur a données que pour • se faire valoir eux-mêmes, ils y apportent toute dili-

1 Sauvai, ADtlq. de Paris, Ut. IX, t. U, p. 506. Il telin l'erreur de Riclier et deP- Cayet qui traDsformeut Dubou^g ea arluaii ou artisU Ualien.

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i9S LIV.TU.CH.V. LES TAPIS, FiCON DD LBVART.

0 gence. H ne se pourroit jamais rien voir de mieux, ni » pour les personnages auxquels il semble qu'il ne leur » manque plus que ta parole, ni pour les paysages et o histoires qui sont représentés d'après le naturel '. »

Par la succession des temps, les papiers peints se sont substitués aux tapisseries pour la tenture des appartements, et il est impos^le aujourd'hui d'apprécier l'étendue et rimportauce qu'avaient au commencement du xvu* siècle l'industrie et le commerce des tapisseries.

ËD 1604, un artisan françus entreprit d'établir pour Paris et pour toute la France une manufacture de toutes les sortes de tapis du Levant, de Turquie, de Perse, du Caire, d'Alexandrie, n parvint à les &ire plus beaux, plus forts et à meilleur marché. Il en présenta au roi et aux seigneurs de la cour des échantillons dont ils admirèrent l' artifice et louèrent justement l'utilité. En effet, dès lors toutes' les fantaisies du luxe pouvaient être sati^aites, sans que l'argent qu'on y consacrait sortit des muns françaises. La commission ou chambre supérieure de commerceapprouvaspécialementcetle fabrique; le roi la prit sous sa protection, l'établit dans le Louvre, comprit les directeurs dans les privilèges qu'il accorda en 1608

< B.LaffeniaB, Recueil de ce qui se passe, etc., p. SïStsLemeune (I& a mime chose) esi ordonné pour les lapisslen Oanuos qui ne vouloieat u aussylsisser le lecretde leur indnsLiie en France. ■ — Lettre du roi à Sully du IS man IG07,dai]sleaLeU.lliss., t.T,p.t3l,l31: ■Uoaaiu;, • TOUS are* asaei de fois vea leBpoDreaiteaqueleslaplssieTsflamansoiil i bicles pour esLre satîsbita de ce qui leur avoit esté promii pou B leur esUblicsemeiit dans ce royaume. De quoy ayant, par une deri> aière fois, traité eu la préience de vous et de U. le garda des II eceaoi. Je me résolus euBn de leur bailler etnt mille livrtt. liais » ils sont to^iooTS sur leurs premières plaintes, s'ils n'en sont payis.

■ C'est pourquoi je tous fais ce mot pour voua dire que j'ai un extrême a dteir de les conserver. Et pour que cela deipend du tout du pajen ment de ladicta somme, tous les en ferei incontinent dresser, afin H qu'ils n'ayent plus de sujet de retanrner à moy... Faites-les donc

■ payer, puisque c'est ma volonté. * — P. Cayet, Chronol. septen., 1. VI, t. Il, p. S58, ase.

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