UV. VII. CH. V. CAUSES DES ABUS
rablemeot longue. Elle prouve combien, dès lors, la surveillance sur la fabrique et sur la vente des produits s'était ralentie. Elle cessa tout à fait pendant toute la durée de la Ligue pour deux causes. En premier lieu, les magistrats, alors peu nombreux du reste, préposés dans chaque ville à la police, n'esercèrent plus aucune répression : dans les villes restées fidèles au gouvonement, ils se gardèrent bien de provoquer le mécontentement des omt^ porations partout puissuites, et ils fennërentles yeux sur leurs abus ; dans les villes révoltées, leur autorité périt avec celle du roi. En second lieu, les gardes jurés, inspecteurs établis sur chaque communauté, surveillants bien autrement nomltfenx, bien autrement efficaces que les magistrats de police , furent dépouillés de leurs préroga-~ tives par la violence des rois des merciers et par la connivence des maîtres jurés. Dans presque toutes les villes, les gardes jurés avaient donc entièrement disparu; dans quelques-unes , ils s'étaient indignement transformés en rob des merciers. Lee rois des merciers avaient à se fwre pardonner leur usurpation d'autorité , les profits illiùtes qu'ils tiraient des aspirants à la midtrîse, et ils avaient de plus les mêmes intérêts communs que les maîtres jurés : aussi leur avûent-ils tout passé, tout permis. Dès ce moment, les maîtres jurés , artisans et marchands , s'étûent mis en possession non de la liberté, mais de la licence , et en avaient fait le plus méprisable usf^ : les artisans et manufacturiers n'avaient plus ftdiriqué que des denrées de la plus mauvaise qualité ; les marchands avaient employé de faux poids, de fausses mesures et de fausses ' marques. Qu'on en juge par un exemple , par celui de la draperie. Les manufacturiers avaient employé des laines médiocres ou mauvaises ; ils avaient falsifié ou corrompu les ingrédients pour la teinture, de telle sorte que leurs ' draps avaient perdu à la fois la solidité et la beauté : les
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