ELISABKTH SE JOUE DG SES PROMESSES. PROJET DE TRAITÉ
nùtde Douveaude s'ant^errempire de l'Océaa et le commerce des deux royaumes. Ces prétentions et ces efforts du gouvememeDt anglais et de sa diplomatie sont parfailement exposés dans une lettre restée inédite de Henri IV à ses ambassadeurs de Boissise et dt; Beaumont, en date du 6 mars 1602. .
* Voiu, sieur de Boiisise, dit le roi, rous tçiTei quelle * esld ma patience et proc&lnre, depuis que vou* estes pir deli, nirlei caJen'ei cl ti^'wfiicet f(ùcitt à met n^etU, «spâraat toujours que ladicle dame (ÉUubetfa) les feroit réparer et cesser, pour avoir souvent déclaré telle esire sou intenUon, et mesme commande, à tes officiers de l'effeclu^.
•ToutesCois, comme-leii choses jonf aiUe$ empiraiU de tempt en mtre, nonobstant vos remonstranees et ^oursuiltes, j'avois esié coq- Iraînct de commencer k pourveoir par npetaitUt tt Utlret de marque, suivant no* traite*, ne ponvantpluB longnenient denier la justice 1 mes subjects. De quo; ladicte dame estant ailvertie, elle m'aurait bict prier insUmmeut de surseoir l'usage de ce remède, ce que j'aurois encore volontiers accorda, et oaltre cela, fiict proposer le premier de composer les différends par une amiable commuDieatîon et conférence.
> EUe veut qu'il soit loisible  ses sobjecis d'aborder et vitiler les navires du mient, portant ma bannière, sonbs prétexte du transport des armes. C'est contrevenir aux traitleide paix qui nous donnent le commerce de la mer libre, et nous sommes entrei en cesle conréreneepourl'asseurer davantage, et non pour l'enfreindre ou diminuer, comme je le ferais si je passois cesl article, car il n'j «triHl plut de ammereenid'atieuranee en la nmigatiim en tempt depaix, ainsfauldrait se résoudre de vivre comme en temps de guerre que le plus fort l'emporte, d'autant que tout navire abordé est perdu puisqu'il n'y a hucune asseurance en la fo; des marinière. Tellement que quand les Anglois lencontreroieni nos navires foihles, ils les pilleroieiit et léroient couler i fondi; si forts, il fàuldrait qu'ils courussent le hilard d'un combat. Et desji s'ils en nsent de caste façon centre nos trailtez, je vous laisse i penser ce qu'ils feraient quand il serait loisible de te faire. 11 est certain que mes subjects ne transportent point d'armes hors de mon royaume ; les lois d'iceluy en deffendent le commerce. C'est l'Italie qui en fournil l'Espagne, comme (elle en
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3i2 LIV. VII. CB, VI CLAUSES QU'bLIBABETH TENTB D'T IKTnODUIRE.
fouroil) la France. DiTinUge il ut bcUe d'arresler le conra dudict Iraaiport, quand il teteruii, taiu expo$erainiy ate* tubjeett à la «uni el ditcriliim de* Angîoit.
• Je n'approuve le vu* article, proposé par les Angloia. car e«Uat lea plus Tort» i la mer, je n'tnlends m'obliger à n'airetter dan* la port» et havrt* Uuri naviret ei marchandùu, par forme de repriMil- Ut, quand je jugeray qu'il géra nécessaire de le faire, du moins que je n'a}« occasion de mieux espérer de leur justice qu'ils ne me l'ont donnée jusque i préeeat '. Car eslins encorei mea eubjectsfoibleset deurmei par. la mer, si je ne pouvois leur permettre de m revsncher des injustiues des Anglois que par la mer, ils j perdroient plus qu'ils n'jr gagneraient, et telle obligation rendroil les Anglois plus insolene. TouteEfois je n'ay pas volonté d'user du remède deadictes représaillea parterre, que par coniraincle et nécessité 1res grande.
• Je ne suis d'aiïvis non plus que novi revot/uions Ut leltret de rtprétailleê ci devant accordi^es, comme il a esté demandé par le xi° dea «rllcles deadils commissaires, mais de dire seulement que Cexécuiîun ett itra luretw pour un certain tempi, comme de trois ou quatre mois, dedans lequel lemps, l'il n'ettoit faict justice aux marchand*, lesdictes lettres s'exécuteroient.
■ Quant  la confiscation portée par l'arrest donné tur le règlement de» drap*, qu'ils demandent ealre révoqué, c'est chose que je n'aj promise au sieur Edmont. J'av bien commandé, ila requeste dudict Edmont. k reux du Parlement de Rouen, den'user de la confiscation comme ils n'oot falcl, sur l'asseurance qu'il m'avoil donnée de la part de sa maîtresse qu'tltt remédierait aux dictes pirateries et injuttieet, i quoi je tvoy mainfenan^ que l'on ne lient compte de pourvoir sans avoir esgard i la grâce susdicte, ayant faict traitter les Anglais au traficq de leurs draps, plus doucement qu'ils ne sont par les loii d'Angleterre <. ■
On peut bien penser que sur ces recommandations du roi, ses agents diplomatiques repoussèrent les clauses et conditions proposées par le gouvernement anglais, etque le nouveau traité entre les deux puissances fut ajourné.
1 Jnsqa'i ce que j'aye occasion de mieux espérer de leur justice.
s Lattre du roy aux sieurs de BoUsiae et de Beaumonl, dn 6 mars 160), Fonds Brismie, vol. ÎXXVUI, do fol. B9 recto, au tul. 41 ; Fonds Btlfaone, vol. X, %KK. fol. iS et saivant*.
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LE ROI LE HUE1TE. SUITE DBS PROC^DtS D'ELISABETH. 3i3
Elisabeth tenta alors, soit d'arracherà Henri parrititimidatioQ ce qu'elle n'avait pu obtenir par l'adresse ; soit même de jeter le roi et la France dans de tels embarras politiques au debors, qu'ils fussent contraints d'abandonner entièrement la protection et jusqu'à l'exercice de leur commerce. Tantôt elle menaçait de faire la paix avec l'Espagne, et de rémiir l'E^spagne, l'Angleterre et la Hollande dans une coalition contre la France. Tantôt elle s'efforçait d'entraîner Henri dans une alliance offensive avec l'Angleterre et la Hollande contre l'Espagne , et après lavoir engagé dans la guerre contre le roi d'Espagne, de l'y abandonner. C'est ce qu'on voit dans la correspondance diplomatique du temps. Lç roi écrit à son ambassadeur, M. de Beaumont, sous la date du 10 novem* bre 1602.
( Cependant que la Rejne et ses priDcipaui conseillers *one en- Iretieadront du désir qu'ils ont que nous ftcion s ensemble avec meslieura des Estais une bonne résolution et alliance contre les Espagnols et leurs adhérens, j'oy dire que ladite dame faiet tenir pareil langage aux dicte Ettatt.
■ Cependant les subjectt de la dicte dame omh'Huenl à dépréder et voter impunément lei tnieiu, partout où iU let rMConirtnt. Dont je refais journellement tant de plaincles, que si je n'estois retenu de la révérence et amour que je porte à la personne de ladicte dame, je m'en ressentirois Tifement.
> Ce sont aussi de très mauvais commencemens et acheminemens pour parvenir i la susdicle union. Tout cela me donne juste argument de croire qu'elle ne iàict parler de la ligue, que pour m'empascher que je ne me revanche deadicles volleries, ou m'engager en la guerre contre le roy iEipagne, et aprèt m'y tjiandonner. Je rect^ois ausEj qu'elle criiol que je ne prenne trop de créance avec ceux des Estats, tellement qu'il semble qu'elle désire et craint la ligue esgal-
• Si la dicte dame contbue i veus menacer de sa paii avec l'Espagne, continuez auss; i luy en parler aux mesmes termes que vous avet fatet, lui faisant cognoislre que si je l'apprebende, c'est plus pour
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