‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 39 sur 75 · LIV. VU. CH. VI. RBTBNUB TOUTIOUB, NAIS PBRIIETÉ DU ROI · texte numérisé non relu

LIV. VU. CH. VI. RBTBNUB TOUTIOUB, NAIS PBRIIETÉ DU ROI

M consemtion que pour U mienne ■, en l'aneuraDt que j'approB*e> ra; tousjoun ce qui luj lera ntille '. >

Sur ces démarcbea bosUlea d'ÉItsabeth, sur ces provocantes et contioues attaqui^s contre notre commerce, un roi vulgaire, arguant de la dignité et des intérêts de U France également blessés, aurait déclaré la guerre à l'Angleterre. Mais Henri, en politique consommé, saviût subordonner les moindres intérêts aux plus grands intérêts'. Reconnaissant, comme il l'exprime lui-même dans une lettre postérieure ', qiie les Espagnols, malgré la paix de VervinSjétaifflitd'irréconciliablesennemia pour la France; estimant que lât ou tard il faudrait rentrer en guerre avec eux ; jugeant que contre de pareils ennemis, l'une des meilleures alliances éttùt l'alliance anglaise, et qu'il devait l'entretenir aussi longtemps qu'elle ne serait pas absolument impossible , il résolut de se tenir fortement dans des termes où la fermeté était tempérée par la prudence la plus contenue. Il arrêta donc d'user de représailles pour empêcher notre commerce de devenir la proie de l'Angleterre ; mais de se borner à ces représailles, et d'éviter toute rupture politique, toute guerre avec l'Angleterre. Dans les instructions que son ministre Villeroy adresse à M. de Beaumont, il indique d'une manière précise quelle sera la ligne de conduite de Henri.

t Jdgei, dit-il, les accidents qui arriTeroDl à la fin (des piraterie* et voleriet des Anglois). Comme nous sommes Toibles i la mer, nous serons contraincts i la Bn d'accorder de* repritaiUu en lerra, el m*

* A c«iue de la facilité qae les Espagnols aaront i tramer des codhpirationa contre Ellsabelli, l'Angleterre étant ouyerte k ienrs egentspar suite de la pcdx, et les Anglais mécontents pouvant également se rendre en Espagne et y tramer des complots contre elle.

■ Lettre du rojr A H. de Beaumont, amJjaseadeur en Angleterre, da 10 novembre ieoi. Fonds Brienne, vol. XXXV1IT, fol. 388 recto.

s Lettre du roi b Bosoj, du 10 avril IGOS, dans les Lettrée misai*., t. VI, p. 70.

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lertUre «fieon« la commerce. Plunevn l'oDt coiueilK i) j a longtamps. Le Roy seul, tTec uux qui ont cofooitunce plus tmporUnte Aet af- TtiKc de MO Estai, l'asl einpescbé jusqu'i priseot de bonne iotenlioa. Hais i!s serontcoatraincts d'y coDdeiceDdre.siles dictes plaiDctes coDtÏBuent '. •

Aînû pas UQ mot de guerre : des représailles seulement, et des représailles qae l'on cherche à éviter. Benri laissait donc sans faiblesse la porte ouverte k des rapports meilleurs, à une entente plus amicale entre la France et TÂngleterre. Davait, par sa prudence, maintenu lescboses dans cette situation, quand la reine Elisabeth fut emportée par la mort le i avril 1603. H députa Sully en ambassade extraordinaire auprès de Jacques I" son successeur, et dans les instructions qu'il lui donna, il fit une lai^ part aux intérêts de notre commerce. Dès le premier joar de ses relations avec le nouveau roi, il lui présent^ le tableau des dommages qu'avaitinjustement soufferts la France, lui en demanda réparation, et pressa l'établissement par les voies amiables d'un nouvel ordre et de nouveaux rapports entre les deux nations, par suite desquels la Franc« fût mise sur un pied de justice et d'égalité avec l'Angleterre.

• Le sieur marquis parlera audict Ro; (Jacques ï") des pirateries des Aaglou sur les sujets de Sa U^esté, lesquelles lui dira avoir esté si fréquentes depuis le rigne du Roy, et principalement depuis la paix Je Verrins, tant en U merOcéane qu'en celle du Levant, sous prétexte de la guerre qae lesdits Anglois avoient avec les Espsgnob qu'il a esté vérifié que itt priiet faiUt par eux lur Ui ttgtU de Sa Majetti, dont il n'a esté fait aucune réparation et justice, excèdent ta valeur if tt» millûm d'or \

• Ces pirateries ont détrait le commerce, au dommage iiuitimabk deê tujelt de Sa Majetté, et au préjudice des Irailez ; de l'observation

> Lettre de Villeroy 1 H. de Beanmout, du 10 novembre ISOl, Fonds Brienne, vol. SXXVIII, fol. W- ■ Le million d'or valait 3 millians de livres du temps, environ 19 ' millions d'aqjoard'hDi.

3l6 LIV. VII. CH. VI. HORT D'ÉLISABBTH, NÉGOCIÂT. AVEC JACQUES V

dniquels Sa Majesté a eaté néantmoinsti religieuse elsî jalouse, pouf le retpect qu'elle porloit k l'atnitié de la Beine, qu'elle a niieui liiné diuimuler et endurer cei pertes que d'j appliquer d'autre* remèdes. Elle a'esl contentée d'en rcilérer les plainte* à ladite A»iat, laquelle a toujoura déclaré et commandé y estre pourreu. Mais contint l'tffel ne t'en ni etauivi de ton viaani, le sieur marquis dira au Ro; d'Angleterre que Sa Majesté se promet qu'il y fera donner tel ordre, qae tels désordres seront répares pour le passé, et relrenei pour l'adv^nir, eoniine il confient i leur bonne amitié, et au bien commun de leurs subjects.

• Pareillement il faut se ressouvenir du détavanlage et prfjuditt ffu'ont U» tujtli de Sa Maje$li, en leur commerce avec les Anglois, par les traitei, et nommément pur ccluy qui fut fait par le feu rej CKarles II. l'an 1572, par U^uel il fui aceôrdi aux Angloit dee Ubtriex en Franc* qui $onl inlerdilei en Angleterre aiu Françoii ; ce qui a souvent excité de telles plaintes et murmures entre les marchands de part et d'autre, qu'il a esté du tout besoin que Sa Majesté ajt interposé son aulhorité, pour conserver el entretenir U bonne correspondance qui y doit estre.

• Il est certain que telle inéffalili el dî/férentê de traitement retiati et empetcAe lei lujeti de Sa Majtiti de tra/ùfoer en Angleteri-e, comme ils Teroient si on y avait pourveu, et engendre entre les marchans de grandes plaintes et clameurs. Il convient i U bonne amitié qui est entre Leurs Hajestei de les faire cesser au plustost, pour le commun bien de leurs subjects et royaumes, et pour affermir davantage leur amitié et bonne voisinance '. •

Tant que durèrent les grands embarras du roi et de In France, les autres puissances de l'Europe, surtout celles dont la marine militaire l'emportait sur celle de notre pays, ne tirent guère moinii éprouver d'avanies et de vexations à notre commerce que les Anglais eux-mêmes. Ainsi en 1599 et 1600, pendant les commencements de la conspiration'de Biron au dedans, et la guerre de Savoie au dehors, les Espagnols crtirent pouvoir enfreindre

I SoUy, (Econ. roy.. ch. lit, t. I, p. (91-t3i. — Noos avons coopé quelques phrases qui devenaient presque inintelligibles pK leur eitrAme longueur, et pous avoua laissé dans l'original une partie hisloriqne qui était inutile au but que nous nous proposons.

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