VIOLENCES DE L'ESPAGNE CONTRE NOTRE COMIIERCE EXTERIEUR
avec impunité le traité de Vervioa, capturèrent les navires de nos marchands de Bretagne, et affligèrent de pertes plus nombreuses et plus sensibles le commerce de Nantes en particulier. L'Adelantado d'Espagne ne traitait pas nos négociants avec plus d'équité que l'amirauté d'Angleterre, et les réclamations du roi étaient aussi vaines auprès de Philippe III qu'auprès d'Elisabeth. A la datedu20avrill600,HenriécritàPhilippelIl: «Vostre » Majesté a commandé à ses ministres de faire justice et » raison aux marchands de nostre pays et duché de Bre- » tagne, sur les longues poiirsuictes qu'ilz ont bictes par » delà, n n'y a encore esté satisfaict ; dont nous avons » esté d'autant plus déplatsans, comme les dictes pour- » suictes sont pleines de considération et d'équité, n Le 28 mai 1601, Henri écrit au connétable de Montmorency : u L'Adelantado du roy d'Espagne a si mal traicté nos » marchands qui estoient allé traficquer en ses pays, » qu'ils en sont destruicts entièrement. Je sais las de ■ demander raison par nos voies ordinaires, comme » j'ai faict depuis deux ans inutilement , cognoissant » qu'ils abusent de ma patience; de sorte que j'ay advisé u de m'en revaacher par les moyens qui me sout permis D par nos traiclez. » Pour soustraire notre commerce à ces violences , Henri en usa à l'égard des Espagnols comme il en avait usé à l'égard des Anglais : il employa les représailles. Peu après l'envoi de cette dernière lettre, il secourut d'argent les Hollandais dans leur lutte contre Philippe 111 et les archiducs. 11 fit défense â tous ses sujets de trafiquer avec l'Espagne et d'y porter aucune denrée de France. Comme nos produits, et particulièrement nos grains, étaient dès ce ti'mps nécessaires à la subsistance de plusieurs provinces de cette monarchie, la prohibition leur infligea de cruelles souffrances, et produisit les effets que Henii en attendait : elle contraignit
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