‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 43 sur 75 · LES ROUTES ET CHAUSSÉES · texte numérisé non relu

LES ROUTES ET CHAUSSÉES

tioa du cours des rivières, infiniment plus générale et plus avancée, elle n'exigeait de sa part que des sacrifices limités par deux raisons. D'un côté, il avait obtenu que l'industrie privée se chargeât d'une partie des travaux, moyennant certains avantagea qu'il lui avait assurés. D'une autre part, il avait passé avec les villes et les provinces qui avaient le plus d'intérêt h la navigation locale, des traités qui laissaient la plus grande partie des frais à leur charge : c'est ce que prouvent les délibérations de la commission ou chambre supérieure du commerce établie par Henri IV.

Henri et Sully appliquèrent les ressources ainsi préparées par eux,etpr(^essivement accrues jusqu'àla fin du règne, au rétablissement des anciennes voies de communication par terre, et à la création des voies nouvelles. Lescontemporùns nous apprennent que, dès l'année 1606, sept ans après les premières réformes iulroduites, après les premiers travaux . ordonnés par le roi, ilans la plus grande partie des provinces du royaume, les chemins publics « estoient rétablis au profit du trafic, n La plupart avaient été déblayés ou percés de nouveau. Un grand nombre avaient été redressés pour diminuer les dislances entre les centres commerçants. Tous avaient été plantés d'ormes, dont l'ombre devait diminuer la fatigue de ceux qui les parcouraientj dont le nombre ajoutait en même temps aux richesses forestières du royaume. Si, dans quelques localités, ces arbres avaient été arrachés par l'avidité ou l'ignorance grossière des paysans, dans la plupart des provinces ils furent protégés par les hommes éclairés et les bons citoyens : longtemps après ils subsistaient encore, et étaient désignés sous le nom de BosTiys, en mémoire de celui qui les avMt fait planter '.

I kaac de Laflemes, Histoire du commerce, P&rîs, Du Bray, 1606, p. 496. otl wroit besoiii que chtque droit hul employé aelon son tth;

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On voit par les états de finances de ce grand ministre que le déblayage, !« percement, le redressement des routes, ne formaient qu'une partie des travaux entrepris el heureusement exécutés. Le gouvernement avait complété le lion état des chemins publics par les dépenses qu'il avait consacrées au solide établissement des chaussées et au pavage '.

Les ponts forment l'une des principales parties de communications par terre, puisqu'ils continuent à la fois et relient entre eux lesgrandschemîns. La plupart des ponts avaient été détruits en France pendant le cours de la guerre civile et étrangère, les uns par l'effet des opérations militaires et les nécessités de la défense éprouvées tour à tour par les armées dçs deux partis ; les autres par le défaut d'entretien depuis trente-huit années. A pi^r de 1599, ils devinrent l'objet de travaux pareils à ceux qui avaient été exécutés pour les grands chemins. Tous les ponts qui existaient antérieurement à cette époque furent rétabhs sur toutes les rivières indistinctement, et l'on

a et léptime prétexte. A (pioj M. le dac de SoUj semble opportané' u ment incUner quand il recherche de ramener toni & ton principe, s et perticnltèrement redrtiser tl tmfttlir les chemina en faveur du

■ Iraffie Pour l'adreue et be&até d'iceui, lei ormeani qu'il a bict

» planter sont infiniment nèceswiree, estant certain que lâ le peuple D ignare en eust recogueu l'utilité, au lieu de les arracber aTec mea- R pris, il les eust conaerrès avec win, et east remplacé ceux qui, par » l'injure da tempe on qaelqoe accident , n'eussent eu loisir de s prendi^ racine et nourriture. >

> Pour rétablissement des chaussées et le pavane des routes, Sully, (Econ. roy., ch. 16t, t> 11, p. ITt B: « Plut, pour la despense fiùcle n aux pavez, chemins, chautiéei, poots, turcies, levées, et autres B «uvree pubUcques de la France, t,85ï,«oa livres. ■ Ces dépenses comprennent la période écoulée entre lt99 et IGOT. Les i,8U,000 livres du temps correspondent à environ 1S millioas d'aujourd'hui. — P. Gajet, Chron. sep., 1. Vil, t. II, p. 381 B. Sa narration l'arrtte i l'ao IBOt. Dès ce temps, cependant, une grande partie de cet important travail était terminée, puisqu'il dit : « Par le commandement du

■ ro;, les chemins ont esté pavée de nonvean. b

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trouve dans les historieDs et dans les états de fioances du temps la mention spéciale et nominative de ceux qui ' furent rebâtis sur les principales rivières. Ainsi Palma Cayet, dont la narratioa.&ait à l'année 1 604 , dit sous cette année : « Durant la dernière guerre, plusieurs ponts » avoient esl^ ruynés sur les rivières de Seine et Manie ; » mais, par le commandement du roy, les arcades rom- » pues ont esté refaictes '. » En 1607 et 1608, on voit te roi et Sully réparer ou relever tous les ponts sur la Loin;, dont les uns avaient été emportés, dont les autres avaient perdu plusieurs arches, par l'effet d'une violente et extraordinaire inondation *. C'éttùt un immense travail étendu à un espace de deux cent cinquante lieues, et intéressant les communications directes de six provinœs. Le gouvernement s'imposa des sacrifices extraordinaires comme le dégât : il doubla et au delà l'allocation annuelle qu'il avait accordée jusqu'alors aux ponts et chaussées : de 422,000 livres illa porta à 1,024,151 livres du temps ainsi que le prouve le compte de 1 609 *.

La construction de ponts nouveaux marcha de front avec la réparation des ponts ancieos. Dès lS98,aoità

' p. Cayet, Cbron. sept, an 1S04, tome II, page Uï B, coUecUoa liicliuid.

* SnUy, OEcOD. roy., cb. 187, t. II, p. STS A : ■ Plue, en l'année 1 1607, trente mU liTres de plus qu'en ICH, àcauM de qnelqoes ponts B qne les grande» eaux avoleot emportei «ur la rinËre de Loire, h Ponr l'an 1M8, Lettres de SuU; et dn roi du mois d'octobre, cb. 18S, t. n, p. ise A, B. — Mercure frRDçoia, année 1608, t. !", toi. Ï91, recto ; K Ce ne fut rien k l'eagal de ce qu'au commencement de l'esU, n le* neiges estant fondue aux montagnes de Veslay M d'Anvergne,

■ il jr euet on tel desbordemeot d'eaux et si subit qu'il a'j eut pont n sor celte rivière (la Loire), qui a plus de 1E4 lieues de conrs, oâ

■ quelques arches ae faussent rompues. ■ 11 y a évidenimenl une erreur typographique dans ce texte. 11 faut lire plui de ISO tiauet de court, au lieu de 150 lieues de cours. Le cours réel de la Loire est d'euTiron 210 lieues commones. Les auteurs du Mercure n'ont pu \€ réduire A moins de ISO lieues du temps et du pays.

* Compte des dépenses de 1609, dans Forbonnais, t> 1", p. 11^

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3(tt LIV. VII. CB VI. LES POMTS NOUVUUX.

Paris, snit dans tes provinces, Henri eu fit bâtir dans les villes qui n'en avaient pas en nombre suffisant, et surtout dans les villes qui en étaient dépourvues'. Nous ne nous occuperons ici que des ponts bâtis dans les provinces. Le commencement des constructions des ponts de Mantes, en Normandie, de Cbàlellerault, en Poitou, est antérieur à l'année 1601. En effet par les délibérations de l'bAtel de ville de Paris, on voit qu'au 1'' avril 1601 le [aévAt des marchands et les échevins de Paris demandaient au roi que les dépenses pour la continuation du Pont-Neuf fus^ sent supportées par l'Etal, etpuyiîespar la masse des contribuables, comme l'avaient été celles pour les ponts de Mantes et de CbàtellerauU ' . Par conséquent, les travaux de construction des ponts de Mantes et de GhAtellerault étaient au moins enhy-pris depuis quelques années au commencement de 1601.

Quand on entre dans le détail de )a construction des ponts, on trouve qu'elle était conduite avec une merveilleuse intelligence. En 160i, le roi et Sully ont résolu dans l'intérêt du commerce tie Paris et de Rouen, d'une part, et, d'une autre, dans celui de la France entière, d'unir Paris à Rouen, l'Ile-de-France à la Normandie, et les diverses parties de ces deux provinces entre elles, par la grande voie de communication que l'on nomme la

■ Preuves judtiftcati Tes pour l'hisloire de la ville de Paria, par Félibien, t. 111, p. 433. ExlrniL (les regislr^a deâ ordoonaDoed : o Impi>- II BiiioQ pour le baelimeal du Pout-Nuur cl pour les toiilaines. Du Il 11 avril (lui), en l'asseinblùe générale, a eslè rapporté par le Il prévost des marchanda que le roy n'avoit approuvé l'imposiLîoit u propos pour le Pout-Neut, et avoit dit que te plat payt esloit assez i> désolé^ qDG perBODoe ne [larloil |iour le peuple, et csloit coDtre la « charité cbteetieuue de cliarger le roy pour deacliarger la ville. El H lie «'esloil voulu reudre sur ce qu'on luy avoil remouslré que les ■u œuvres publics des autres villeit, eomme Us i»mU de Mantes et de » Chaattleraud , avoieot esté faicls par imposition sur tout le H royanme. ■

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route (l'en bas de Paris à Rouen. Ils ont arrêté en même temps d'établir à Rouen un port, et de lui assigner rang parmi les plus importants du royaume. Trois ponts sont construits à la foi?, l'un à Saint-CIoud, le second à Mantes, le troisième à Rouen ; et l'achèvement de ce dernier pont en même temps que celui du port de Rouen, a lieu en 1608'.

La construction ou la réparation de quelques-uns des pouls relevés sous ce règne nous ont paru présenter assez d'intérêt, tant par les difficultés attachées aux travaux d'architecture ou de mécanique dont ces édifices furent l'objet, que par l'importance des communications qu'ils établissaient, pour comporter quelques détails spéciaux dans lesquels nous allons entrer.

Le pont de Rouen nous occupera te premier. Ce pont avait été construit en pierre, au milieu du xn' siècle, par Mathilde, fillede Henri I", roi d'Angleterre, et veuve du l'empereur Henri V. Il avait cinq cents pas de long et dis-huit arches, selon Ek)ui^ueville, qui imprimait ses Antiquités de la Normandie en 1588. Comme tous les ponts bâtis an moyen âge, il manquait de la solidité que les Romains avaient su donner h ce genre d'édifices, et que Giocondo, en étudiant leur architecture, rendît au pont Notre-Dame, qu'il éleva à Paris entre 1500 et 1507.

■ SuUj, (Econ. ro7., ch. 187, l. Il, p. !71 A : s En l'aDoée ISOi, la s toaaae de t,<4S,S00 livres, qni u«t plus qu'en L'aon^e 1603 de lu

• BOiDDie de SlEjOOO livres, à cause des impoùliona du canal de Loire ■ et Seine, du ponl dt Rouen, etc. » — Ch. 168, l. Il, p. 166 B, lettre de Sully du h décembre t<lt6, vas. trésoriera de Houea, coucemBiit les impùts que l'on asseoit eu ce momenl pour l'au 1607 : a 11 e»l » cfaatreB somiDeB employées pour aSaires qui ne coDcenient point

• en particulier le serrice du loj, lesquelles, compris les onze mil it tant d'escut dt)nL le» commissaires ont de jcliarg^! le peuple, montent u i 3t6,381 livres; à sçavoir: ...., pour le pont de Rouen, aux deux •> génËralite2, uns ce qui ae Ikre sur tes villes et à Paris, Ï3,S00 11- > Très; pour Itt ponli de Manttt el de Samt-Cloud, ia,i>BO livres, a etc. D

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