UV. VII. CH. VI. TRAVAUX DU BBCNB DS HENHI IV
1601, it saisit la commisùou ou chambre supérieure du commerce de louteslesquestioosquiBe rattachaient à cette partie des services publics, l'invita à lui faire connaître son avis surtoutce qu'elle jugerait Uidispeasable ou seulement utile, et l'investit de pouvoirs suffisants pour préparer les moyens d'exécution , d'accord avec les autorités provinciales et coDununales. En 1604, il prit counaissaitce de ses délibérations, et, comme les fûts ultérieurs le prouvent , il ajouta beaucoup à ses propositions. De 1 604 à 1610, avec le concours et l'aide de Sully, il fît exécuter, soit par. le gouvernement, soit par les provinces et les villes, ce qui avait été arrêté. ï^ suite de ces travaux, le lit d'un grand nombre de rivières fut creusé, leur cours débarrassé des entraves qui s'opposaient à la navigation, leurs eaux contenues par des levées et des turcies qui augmentaient la masse et la force de leur courant, en même temps qu'elles préservaient les campagnes du ravage des inondations'.
Oo voit, par des documents auttientiques, que le but que Henri voulaiC atteindre en améliorant ainsi les cours 4'eau naturels, était de répandre les richesses du sol sur toutes les parties du territoire, au moyen des échanges, et d'améliorer ainsi le sort d'une classe nombreuse de citoyens ; d'augmenter la valeur des propriétés et les revenusde leurs possesseurs ; d'ouvrir de nouveaux débouchés, et d'imprimerune nouvelle activité au commerce ; d'ajouter enfin à la population et à la richesse de pluùeurs nlles en en faisant des centres commerciaux. Tel est le tableau résumé de ce qu'il projeta et de ce qu'il accomplit en partie. Mais on retrouvera sans doute, avec quelque intérêt, ses pensées et ses inspirations refuroduites par le
1 Snllf dit en IGQS, (Econ. roy.,c.lSO, t.l(,p. 11 B:i UquelUdes- D pense n'empwcholt pu qu'on continnul à réparer, nleT«r,r«ucom> ■ moder les lurtitt, leofo et TOjee pubUcqiiM— ■
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THÀVAUX PODR rendre les RminES NAVIfiABLES. 389
conseil du commerce, et le détail des trav&ux exécutés par ses ordres sur divers points du royaume.
En 1604, les membres du conseil du commerce rendent à Henri une compte officie) des études auxquelles ils se sont livrés par ses ordres, des projets qu'ils ont arrêtés , des facilités qu'ils ont cherchées et ménagées pour l'esécution. Voici ce qu'on lit dans leur rapport :
■ L'adrts des rieurs commisuireB eat àéjk ànni. avae grande connoÎHMDce de came, pour resUblir li navigition de la rivière d'Oise depuis la Fére en Picardie jusques i Chaunj, comme elle esloit mut les premiers troubles. Hais ils travaillent pour rendre ladite rinére d'aboodant nsiigable depuis la fille et !e cbistesu de Guise, place frooliére '. Cela apporteroit un grand eiirickmtmenl aiM pafi ârcoHveitint, pomr te grand débit qu'il» feroieat dt$ blés, boit, fer, ardoiia et outra Marehaaditet dont ilt abondent, jmtr la toitHTt de* vin$, tel et autre» eommodttei dont il* ont néuuiti. Hais principalement cela rendroit la ville de Gtiêt ridte et populevte par le premier port de ladite rivière qui t'y ettùblirûit; feroit que cett« rivière seniroit d'un bon rempart i la France qui est descourerte de ce costé ]i; attureroit et enriehiroil in/htimetU toute ta province de Picardie. Les sieurs commissaires en ont Tait Taire des procés-ierbaux et visilations, en ont escript et traité avec les ganverneurs et corps des principales villes voisines, et espèrent rendre l'entreprise Tacile, pour peu de fraii et dans pen de temps, et que les villes j contribueront suffisamment el volontairement.
■ La mesme entreprise se traite et conduit par l'enlremise et vigilance des sieurs commissaires, pour rendre une antre petite rivière de Picardie, appela le Thërain, navigable depuis la villa de Beauvais qui en tirera proBt el commodités jusqufs en la susdite rivière d'Oise.
■ Une autre petite rivière en Bourgogne appelée Armanson, qui eat de longue estendoe al passe par les villes d'Auxerre, Tonnerre el aulrei payi cignoblee, se peut rendre navigable dans peu de temps, et sans aucune dépense au public, par l'entreroiso des rieurs
■ En partant do Paris eldnsnd, ce serait au contraire depuis Gbanny jusqu'à la Fëre, et depuis la F^ jusqu'à Guise : l'auteur prend sou point de départ au nord, et soit le coure de L'Oise à sa desceule vers
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390 UT. vu. CH. Tl. HiViGATIOR DBS RIYIÈRBS.
MminttMirM, l'il plott à m Mt^nté «I à matiam de ton Coiaeil amlmutr à lu wMtOtnv et authoristr leur advù. Ce aéra par le ntojen d'un partieulitr richo et affectionné iD bien de m pitrîe qui enlreprend, boq* li conduite in commieaaires, d'en iaire lei fnii, mojennint que penduil dis >ds, ceux qni toudront se servir de la iMiigalion de l'Anninsan, s'aideront des btteanx et Duriniert qa^l lui foumirt, «a lui pagmt la mmtii ««mImmkI da te jm'iU w pagenienl parckarrojf*. •
On vient de voir la commission ou conseil da commerce-occupé par Tordre de Henri à rendre navigables l'Oise et le Thérun dans la partie septentrionale et méridionale de l'ancienne Picardie : l'Armançon, dans la Bourgogne. Un autre auteur coutemporûn, que l'on trouvera cité ci-dessous, fournit de pareils rensei^ements sur l'Armançon et sur l'Arroux, antre rivière de la Bourgogne qui part d'Aroay-le-Duc et se jette dans la Loire près de Digoin. En6n les états présentés au roi par Sully prouvent que de grands travaux furent exécutés sur les ri vièresd' Aisne etde Vesle, en Champagne, et sur celles de Clain et de Vienne, en Poitou, en partie sans doute pouropérer lajonction de ces rivières au moyendes canaux, mais en même temps pour les rendre navigables, comme les détails relatif au Clain l'établissent d'une mauière évidente*. Ainsi on a la preuve qu'entre 1601 et 1610, dans la zone qui comprend au nord la Champagne,'la Picardie propre, et la portion de la Picardie qui a été jointe plus tard à l'Ile-de-FranËe ; à l'est la Bourgogne ; au midi le Poitou, le gouvernement s'occupa très activement de corriger et d'améliorer le cours des rivièresdans l'intérêt de la navigation intérieure.
< Recueil prisenlé au royde cequise passe en l'assemblée du commerce à Paris, n" Si, SE, 16, p. 139 Ut. Le seul changement que noua ayona fait an texte est d'avoir coupé quelques phrases pour rendre pins cl^re la pensée du rapporteur.
■ Snll;, (Econ. roy., e. CLXXzvn, t. Il, p. S71, STB.
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NAVIGATION DBS RIVIÈRU. 391
Ce but fut atteint sur tous lea points qui Tiennent d'être indiqués du vivant de Henri IV, ou dansles premières années de la régence de Marie de Médicis, alors que le nouveau gouTernement suivait encore l'impidsion donnée par le règne précédent. Écoutons, à cet égard, les témoignages des contemporains, et relevons avec soin one indication importante fournie par l'un d'eux : c'est de cette époque que date l'emploi des écluses à sas, pour retenir les eaux des rivières, quand elles sont insuffisantes, créer ainsi la navigation, et la rendre régulière, sAre et facile. Charles Berùard, qui composait un traité sur ces matières eu 1613, deux ans et demi après la mort de Henri, dit en parlant de l'Armançon et de l'Arroux : «Le » fleuve d'Armançon a esté rendu depuis peu navigable, j> quasi jusqu'à Mombar, ce qui n'est guères estoigné de o Chàteauneuf... A quatre lieues d'Arnay-le-Duc com- » mence le rivière ifArroux, qui tombe dans la Loire, » laquelle on travaille à présent à rendre navigable, et * qui le pourra estre fort aisément, comme toutes les auu très, par le moyen des eicluses et des porteaux qui re- » tiennent les eaux, inventions modernes d'escluses et i> portes '. V Le Clain et la Vienne sont noDunément désignés dans trois passages de Sully comme deux des rivières auxquelles ou travaille le plus entre 1601 et 1610, et voici ce que des actes authentiques nous apprennent sur l'état de ces rivières à cette époque. Les titres de la province de Poitou jHxiuvaient que la rivière du Clain était navigable du temps de Henri IV. On voyait, par des procèsverbaux de 1609, qu'en cette année il yavaitsur le Clan des bateaux de Tours etd' Angers chargés de marchandises, et venus par laLoireetla Vienne. Ces renseignements, recueillis par Delalande, sont confirmés par Ëxpilly, lequel
■Charles Bernard, La conjonctioD des laen, p. 14, 15; Pari», Itll, ia-i:
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