‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 50 sur 75 · LBS DEUX AUTRES LIGNES TRACÉES BOUS CE RÉGNE · texte numérisé non relu

LBS DEUX AUTRES LIGNES TRACÉES BOUS CE RÉGNE

nieurs employés et dirigés par Henri IV et par Sully, ' pour la réalisation de l'idée première de Grapponne V Ouant aux moyeas d'exécutioa , au développement et au parcours du canal , ils furent arrêtés, d^ ce temps , avec une telle intelligence et une telle [décision que, quand après douze ou quinze projets successifs et souvent différents, on se détermina enfin , eu 1783, à entreprendre les travaux, ce fut le plan primitif qu'on adopta et qu'on suivitjusqu'au terme de l'entreprise en 1793*.

L'étude que nous avons faite des travaux de Henri IV et de SuUy nous les a montrés jusqu'à présent tout occupés à réaliser les projets de François I", de Henri II et de Crapponne, pour rétablissement de deux lignes de grande navi^jation : celle par le midi et le sud-ouest delà France, au moyen du canal de Languedoc ; celle du midi à l'ouest, en passant par le centre de la France, et en se servant du canal du GharoUais.

Us furent bien loin de s'en tenir à ce devoir d'un bon gouvernement de recueillir et d'exécuter les projets conçus dans l'intérêt public par les hommes d'un autre âge. Rn ce qui concernait la communication des fleuves et des rivières entre eux, la jonction, non pas seulement des deux mers mais des trois mers, de la Méditerranée, dé l'Océan et de la mer du Nord ; le développement dans les plus larges proportions des voies de communication pour l'industrie, le commerce, l'agriculture, ils eurent leurs idées ù eux, leurs projets originaux, leurs plans à part et dis-

■ Nous forçons si peu les conséquences du passage qu'on vient de lire, que Dclalande, qui avait (ait nne élude spéciale du caaal du Languedoc et des antres canaus, dit dans sou Traité des canaux de navigation, e. 9, p. 330 ; u Le chemin paroissoit le plus facile à cause des » étangs de Lungpendu, qui sont an sommet on nu point de par-

* Voir la description du canal du GharoUais ou du Centre, tel qu'il ' -a été exécuté, dans M. Datées, Hist. de la navig. iotér., 3* secl., t. I, p. SIS.

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liocls de tous ceux qui avaient précédé. Ds furent in-ven- (euTset créalenrs autant qu'admirablesadministrsteurs, La France leur doit l'idée générale et l'exécution à divers degrés de deux lignes nouvelles de grande navigation intérieure : i" Le plan complet et exécuté en partie de la ligne du midi au nord-ouest, en se servant, depuis la SaAne jusqu'à Briare, des travaux exécutés pour la ligne du midi à l'ouest, mus en y ajoutant le canal de Briare, pour faire communiquer la Loire avec la Seine. Les études, le tracé raisonné , le plan entier et en partie exécuté d'une nouvelle branche de cette même ligne du midi ou oord-ouest, en portant plus au nord une partie de son développement par la construction du canal de Bourgogne, et en gagnant la Seine par le canal de Boui^ogne, r Armançon, l'Yonne. 2' La donnée principale de la ligne du midi au nord, en établissant les communications entre la Sadne, la Meuse et le Rhin.

Ce grand fait est établi jusqu'à l'évidence par divers passages des mémoires originaux de Sully, par les descriptions explicatives des auteurs contemporains, par les procès-verbaux des études faites et des travauxcommencés pour ouvrir ces lignes.

Nous commencerons par la ligne de grande navigation du midi au nord-ouest de la France, parce qu'elle s'unit et se confond, dans une partie de son développement, avec la ligne de l'ouest. Par le passage cité plus haut des (Economies royales, on a vu que Henri IV et Sully avaient airété avant 1604 « la conjonctitm de la rivière de Seine n avec Loire..., pour la navigation des mers Océane et n Méditerranée de fvne dam fautre. » Les avantages constants et innombrables que la nation a retirés depuis plus de deux siècles de cette nouvelle voie de communication prouvent à quel degré la hauteur des vues s'alitait, dans ce projet, au sens pratique.

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La ligne du midi à l'ouest n'étendait pas au delà du cours de la Loire ta voie navigable ouverte au commerce, et les communications desprovincesentreelles. Sesavaata{$es, tout précieux qu'ils étaient pour la partie méridionale du royaume, tout supérieurs qu'ils étaient à ceux offerts par le canal de Languedoc, semblèrent à juste titre trop bornés et trop restreints à Henri IV et à Sully. Us voulurent les étendre et les pousser, en quelque sorte, jusqu'aux pays du nord-ouest de la France. Ils formèrent le commencement et le centredelalignedumidi au nordouest avec les deux tiers fnviron de la ligne du midi à l'ouest. Ils lui empruntèrent le cours du Rhâne, le cours de la Sadne depuis sa réunion avec le Rhâne jusqu'à Cbàlon, le canal du CharoUais depuis Gbàlon jusqu'à Digoin, le cours de la Loire dans une étendue de quarante lieues, depuis Digoin jusqu'à Briare. Arrivés à ce point, ils laissèrent la ligne de l'ouest continuer son cours jusqu'à l' embouchure de la Loire dans l'Océan, et ils préparèrent et combinèrent ce qui constituait particulièrement, essentiellemeat^la ligne du midi au nord-ouest. C'était un canal d'environ douze lieues, partant de la Loire à Briare, et aboutissant dans la rivière de I^ing à Montat^is. C'était le cours du Loing de Montargis à Moret où le Loing se jette dans la Seine ; et l'on voit que le canal de Briare et le Loing, mis de la sorte bout à bout, opéraient la jonction de la Loire à la Seine. C'étaitenfin le cours de la Seine depuis Moret jusqu'à l'embouchure du fleuve dans l'Océan. Ainsi était opéré sur un point nouveau la communication de la Méditerranée à l'Océan; ainsi étfût formée la ligne de grande navigation du midi au nord-ouest de la France.

Cette belle ligne portait vers le nord-ouest, à soixantedix lieues plus loin que la ligne de l'ouest, les bateaux et les bâtiments du commerce, les produits naturels et ma-

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Dofiacturés dont ibétaîentchargés. Elle traversait ou loageait les deux tiers des provinces de la France, quatorze sur viogt-trois. Elle établissait de nouveaux échanges entre elles. Elle apportait l'excédant de leurs produits au cœur du royaume, et en contribuât puissamment à l'approvisioanement de la capitale, elle renvoyait en échange à ces paysl'argent de Paris. Bien tju'eUe ne réunit pas tous les avantages, comme on le verra bientôt, elle en présentait cependant d'assez nombreux et d'assez solides pour que le gouvernement du roi se Tit un point d'honneur de l'ouvrir; aussi s'atlacha-t-il fortement, invariablement, à donner cette satisfaction aux besoins et aux vœux du commerce intérieur.

Un canal, le canal du Charollais, devait être creusé dans la partie de la voie qui était commune aux deux lignes du midi à l'ouest, et du midi au nord-ouest. Un autre, celui de Briare, devait être construit à l'endroit où la voie se bifurquait, et il était destiné à former le commencement de la ligne spéciale du nord-ouest. Sully s'occupa avec la plus grande sollicitude des moyens d'exécution du canal du Charollais de 1fi05 à 1610, mais avec l'idée d'en charger une compagnie, à laquelle le gouvernement vit^ndrâit en aide par une subvention considérable. C'était le procédé qu'il a^^ait, d'après les ordres de Henri, employé avec succès pour la fondation des manufactures. Le traité qu'il était sur le point de conclure avec elle fut ajourné par la mort du roi. La régente Marie de Médicis, qui, tantqu'elle employa les ministres de Henri IV, suivit les errements de son administration dans quelques parties d'extérieur et d'apparat, propres à frapper les yeux de la nation, fit adjuger en 1613, parle président Jeannin, l'entreprise du canal du Charollais à une compagnie , moyennant 800,000 livres du temps '.

• M. Dateni, But. de 1> oviig. Inlir., «* partie, 1. I, p. 2DS.

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