‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 51 sur 75 · POUR CETTB LIGNE- AUTRE EHBDANCHBIISNT POUR CETTE LIGNE. 4S · texte numérisé non relu

POUR CETTB LIGNE- AUTRE EHBDANCHBIISNT POUR CETTE LIGNE. 4S

Henri et Sully ne s'en remirent qu'à eux-mêmes du soin d'établir le canal de Briare. Ib voulaient, et ils avaient raison de vouloir, qu'une secttou au moins de cette ligne de grande navigation fiU conduite à son entier achèvement; qu'un premier canal navigable fût donné à la France ; que de la réussite de leur entreprise le pays tirât des raisons de confiance, et les gouvernements qui viendraient après le leur des motifs de salutaire imitation, pour la construction des monuments hydrauliques. Nous présenterons tout à l'heure en détail l'historique de rétablissement du canal de Briare, et l'on pourra se convaincre qu'ils poussèrent l'entreprise jusqu'à l'extrême limite qu'il est donné d'atteindre aux projets humains.

Ils travaillèrent dès 1605, avec la plus grande activité, à donner à la ligne du nord-ouest un nouvel embranchement, dont Le premier tronçon se développât exclusivement vers le nord , et menât, dans cette direction, une section de la ligne elle-même. La ligne avait toujours pour tète le Rhdne, et ta Sadne dans la partie méridionale de son cours, et pour continuation les rivières de Bourgogne. Mais un canal autre que celui du Charollais, et nommé spécialement canal de Bourgogne ' , partant non plus de Ghâlon pour descendre vers Uigoin et vers ta Loire, mais de Saint-Jean-de-Losne et de Dijon pour monter vers le nord et vers la Seine, ouvrait le nouvel embranchement, en formait la première section.

Voici par quellesuitede raisonnements et de considéralions Henri etSulIyavaient été conduilsà ce nouveau frojet. La jonction de la Sai>ne à la Seine en partant de Saint- Jean-de-Losne et de Dijon, en prenant sur la route et en

' Il faat dire nammé t/iécialeintat canal de Bourgogne, car le Charollais étant UQ de« pajd de la Bourgogne, le caaal dn Charollais qui ■PpuUeut cependaat i ans auLre et nouvelle «eclua de la ligne de na- ^|ii|aU0D du midi au nord-oae^t, pourrait être appelé viui canal de Boorg^Qe,

iiS LtT.Ttl.CH.VI. LBCANALDBBOtlHGOGHEETUL'OUCHE.L'iRKAHCON,

employant comme intermédiaires l'Oucbe, l'Armançon, rYoaneenfiu, qui entre dans la Seine près de Montereau, était infiniment plus utile qut* la jonction de la Saône à la Loire. En effet, comme cettedernière, elle effectuait la communication entre la Méditerranée et l'Océan, et elle présentait de nombreux et notables avantages qui lui étaientparticuliers. Elle établissait, au cenlredu royaume, des relations bien plus nombreuses et bien plus directes entre la région méridionale et la région septentrionale, pour tous les genres d'intérêts et pour tout^ les espèces d'affaires. Elle était ouverte en particulier dans la direction )a plus favorable au commerce, dans la directiou du midi au nord. Elle se dirigent enfin vers Paris par la .voie la plus courte, et incomparablement la plus facile, parce que la navigation sur. l'Yonne et sur la Seine est plus commode que celle sur la Loire de Digoin à Briare, portion duÛeuvequ'on ne descendait qu'avec peine, qu'où ne remontait qu'avec beaucoup de difficulté et de danger, et qui était tout à fait impraticable une partie de l'année. Forbonnais, Ezpilly, Delalande, qui les premiers ch«z nous se sont occupés sérieusement durdleque joue la navigation intérieure dans l'économie politique, se sont accordés à dire : « Il n'y avait pas de canal à faire dans l'intérieur de la France qui fût d'une plus grande importance et d'un usage plus étendu pour le royaume que le canal de Bourgogne ' . n El tous ceux qui ont traité ce sujet après eux expriment la même opinion.

Les renseignements précis fournis par les auteurs contemporains, et par les procès-verbaux des opérations préliminaires, ne laissent aucun doute surletravail auquel se livrèrent le roi et Sully pour donner an royaume cet

> PorboDoûa, RecbercheB et can^iratioDs sur les Qiiai)c«a, I- 1. p. 135. — Ezpilly, Dlct. géogr. hitt., t. H. — t)elalaiide, Dea canatu de navigstion, c. 9, p. 16S, in-folio, 1778.

L'TONNE FORMaHT LE SUPPLBltENT NORD A CETTK LIGNE. it9

important supplément à la ligne du nord-ouest, lequel en fcnrofût, en quelque sorte, une nouvelle ligne de grande navigation, la mieux raisonnée et la plus belle des lignes que la France possède. Produisons d'abord le témoignage dea auteurs contemporains, pour faire connalû^ le plan général de ce projet.

I On proposa de conjoindre les mers HédUerranëe et Océioe pir les ririères de France q»i ont leur source en Bourgogne ; ce que l'on pouvait faire atec un canal, et dei écluses et portaui, qni est QQe ioTenlion moderne, laquelle ignorée de l'antiquité, tels asseniblemenle de men et de fleures n'atoient jadis esté Taicts.

t Entre autres propositions, ceste-cy se troma la plus Tarile : qu'il falloit conjoindre par un canal les rivières d'Ouche et d'ArniansoD, entre leiquelles il j avoil peu de dislince. La raison éloit que la rivière d'Ouche, portant des bateaux asseï près de Dijon, alloit descendre dans la Saône, la Saoue dans le Rbosne, et le Rhosne dans la Hédilerranfc. D'un autre costé, que la rivière d'Armanson {qui porloit sussi bateau jusqu'au près de Homiisr] tomboit dans Yonne, Yonne dans la Seine, et la Seine dana la mer Oceane. Tellement qii'en conjoignant ces deui rivières d'Ouche et d'Armanson, par un canal que l'on feroit h l'endroict de Grosbois, qui est sur la rivière d'Armanson, et qui lîreroit droit i Chateauneuf mr la rivière d'Ouche, oit il n'y avoit que trois lieues de distance de l'une i l'autre, on conjoindroil ces deux rivières, et par elles les deux mer»; ce qoi apporteroit une grande utilité au Irafllc et à toute la France '. *

Les études pour la reconnaissance des localités et des cours d'eau, les avant-projets commencèrent en 1605, Hemri confia ce travail préliminaire au sieur Bradley, son maître des digues, gentilhomme de Brabant qu'il avait atUré parmi nous pour nous instruire des progrès qu'a-

' Uercnre trançais, t III, p. lOS, 109. Le Mercure ne tsit mention de ce projet et dd cette proposition que soua l'an iSlS et pendant la régence de Catherine de MËdicis.Le journaliste ignore ou feint d'ignorer, pour faire sa cour ou pouvoir du jour, que ce projet eal seulC' ment renouvelé sons la régence de Marie de Médicis, et que sous le rigne de Henri IV, il a donné lieu à une suite d'études et de plans coo^^talés authentiquement par les procès-verbaux que le lecteur vu trouver ci-a^irts.

D,q,z.-3bvGoOgle

Page 1