UV.VII.CH.VI. LBUR UNION AUX POSTES. AIDE
Le service des relais s'établit si promptemeot et si exactement, il fut accueilli avec une telle faveur qu'eif 1602 la poste était abandonnée pour les relais. Des raisons d'ordre public, et des nécessités de service potur les dépèches du gouvernement, induisirent le roi à conserver les postes, et, pour les maintenir, à réunir les relais de chevaux à la poste, et à incorporer le-s maîtrises de ces relais aux ofiSces de maîtres de poste. Cela eut lieu par l'édit du mois d'août 1602. Mais après la réunion, les relais subsistèrent tant sur les grandes routes , les seuif» où les postes furent établies, que sur les chemins de traverse où elles n'existaient pas, et le long des rivières. Les marchands et autres citoyens continuèrent à employer les chevaux de relais aux mêmes conditions, et au même prix très-modéré qu'auparavant. Quiconque en avait besoin trouvait, dans les nombreux bureaux qui furent institués, des chevaux de louage pour aller ajournées, et quand le voyageur s'engageait dans les chemins de traverse, il pouvait les louer pour plusieurs journées de suite. L'édit porte, et les contemporains ont remarqué, que les relais furent établis dans toutes les villes principales du royaume, tant dans cellesoù le commerce attirait les populations, que dans celles qui étaient le siège des Parlements et autres cours de justice , et qui , à un titre quelconque, étaient devenues des centres '.Et il faut bien remarquer que comme les chevaux de louageétaient nonseulement des chevaux de selle, mais aussi des chevaux de hamois et de courbe, propres à être attelés à une voiture ou à un coche par eau , les marchands pouvûent se
» qutlque uaage qm ce toii. Ion et excepta de courir la poste. » • (GoDlinoation du Trait* de la police, 1. VI, lit. 1*. t. IV, p. 600.)
t Édit dn moU d'août 1601 dans les Adc. lois trançaise*, t. XV, pag. ieS-!69.
D,q,z.-3bvGoOgle
DONNÉS AU COMMERCE BT A L'AGHICULTURE. 469
transporter eux-mêmes et voiturer leurs denrées h l'abri de l'intempérie des saisons.
L'établissement des relais de chevaux eut pour effet de porter dans toutes les directions, et dans toutes les localités du royaume sans exception , les produits de l'agriculture et de l'industrie. Il eut également pour résultat de diminuer jtrodigieusement les frais de transport, comme on peut s'en convaincre par quelques rapprochements et quelques calculs. En recourant aux coches ou voitures publiques, aux postes, aux messageries, le marchand payait 29 livres du temps, 90 francs d'aujourd'hui, pour le voiturage de 500- livres pesant de marchandises, dans un espace de trente lieues , parcourues en deux jours. En usant des relais , il ne dépensait au plus que 6 livres 10 sols d'alors, environ 23 francs 40 centimes d'aujourd'hui, pour le voiturage du même fardeau, et il pouv^t dépenser beaucoup moins. En effet, en supposant qu'il prtt deux chevaux de relfus, l'un de voyage pour lui-même, l'autre de harnois pour le transport de ses marchandises, pendant deux jours, les deux chevaux ne lui coûtaient ensemble que cette somme de 6 livres 10 sous du temps, 23 francs 40 centimes d'à présent, et parcouraient les trente lieues en detis jours, le cheval de haïuois portant à dos cinq cents livres pesant. S'il se décidait JL faire la dépense une fois pour toutes de l'achat d'une voiture, il gagnait bien davantage, cfu- le cheval de harnois qui ne portait que 500 livres à dos, trdnait 2,000 livres pesant quand il était attelé k une voiture, transportait le marchand et ses marchandises, et il lui épar^ait les frais d'un cheval de voyage. Ainsi , dans tous les cas, l'économie en prenant les chevaux des relais était de près des trois qaarts, et elle pouvait être de beaucoup plus. C'est un axiome en économie politique qoe l'industrie et le commerce ne prennent leur çrand dé-
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