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6U L.VU.CB.VIIl. Sl-LiJC,8I]U.T,CHA8nUXUI,ERB&ItD.LBBC0If6EILS.
perfectiouner le génie militùre, déjà si développé, et se fireat centre d'études appn^ondiea, de travaux incessaots dirigés vers ce but. Sully nous apprend que de 1602 k 1610, l'une de ses sollicitudes à lui-même, l'une des graudes occupations des officiers employés soua ses ordres fut a d'essayer de subtiliser, par quelques nouvelles in- B ventions, l'art d'attaquer et de défendre places et gens n de guerre *. » Toutes les découvertes, ainsi que tous les sages conseils étaient mis à profit pour la prospérité publique. Les ingénieurs étaient appelés aux conseils, où le roi discutait, avec les principaux officiers de l'année, les [dans des sièges : leurs avis, si importants pour connaître la force des places ennemies, le meilleur point d'attaque, les travaux à exécuter, étaieut examinés et pesés *. La prudence et la maturité avec lesquelles toute entreprise étmt résolue, garantissaient la moitié du succès ; les [ffogrès faits par le génie militaire assuraient l'autre. L'issue du siège de Sedan prouve que souvent l'ennemi n'osait pas attendre l'attaque du roi.
Ainsi que l'artillerie et le génie, les subsistances de l'armée furent l'objet constant de la sollicitude et des travaux admiuistratife de Henri IV. H donna la prenùëre
p. 5113. ■ Jamais on n'avait tu m Fraoce un pareil travail pour le* » tranchées, un plus bek ordre à leggarder. a — Tbuuiiu, lib. liS, § e, t. V, p. eso. R Saint-Luc, grand-mattra de l'artillerie, ayaot fait a meltre de* claies d'osier le long du loaaé , St eu mAme temps braa quer sut le chenÛD couvert huit groi eanont qai renverairenl lea u fortiScalioQS laites de terre, el reDdireut inutile uoe galerie que les H an^égés STaleut faite sous la plus éloignée de ces forfi&calions. » — Pour les ^éges de CbarboiiniËreB et de Hontinétian, Sali;, OEcra. roy., ch. 96, 97, t. 1, p. BBt-Bll.
' Sullj, CEcon. roj., ch. iOî, t. I, p. S61 A.
* Pont les conseils tenus an sujet des sièges où sont appelés les ingânieurs, voir Sully, <£con. roy., chep. se, t. I, p. B3S Aj ch. l&S, t. Il, p. IS9 A, B. On trouve sur ce sujet quelques indications importantes dans l'ouvrage de U. AUent, Histoire do corps dn génie, ch. 3, p. 16-31.
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ORGANISATICm DBB SUBSISTANCES DB L'ABMÉE. 645
oi^nisatioD r^olière à cette partie du service militaire, dont les vices avairait si sonvent décimé les anues, et ruiné les desseins des gonvememeiits précédents. On voit le roi , dès les premières campagnes qtii suivent' son avéaemènt, veiller avec le plus grand soin aux subsis~ tances de ses troupes, et éloigner unsi de son camp la désertioD et les maladies. Pendant les opérations du ùége d'Amiens, en 1S97, il adresse sur le même sujet les ordres les plus réitérés et les plus formels au comiétable et au conseil d'État et des finances. 11 ne leur laisse ni trêve ni repos, qu'ils n'aient conclu des marchés pour fournir son année de 20,000 pains par jour pendant sept mois ; qu'ils ne lui aient envoyé des cq^mmissaires des vivres, et des munitiona aires ; qu'ils n'aient abondamment pourvu les magasins établis par lui-même à Corbie , Abbeville, Montdidier et Féronne, de tout ce qui est nécessaire aux vivres des soldats et à la nourriture des chevaux ' . Enfio , en 1 610, au moment où il achève les préparatik pour sa grande lutte contre la maison d'Autriche, le soin des subâstances des armées entre en première hgne dans ses préoccupations, et dans les mesures qu'il prend conjointement avec Snlly. Non-seulement le service ordinaire
1 Lettres du roi au connétable de Hoatmomic; àa 18 au i& mars, dans le recueil des letlrea misuTea, t. IV. p. 699-7111. Voici troia pae- BsgEB où le toi indique principalement quelle importance il attache uni nibaistances. P. 704 : n J'ay besoin sur toutes choses des com- » misMirea ou munitionnaires des vivm f-our nourrir met toi' » dalt. > — Page 708 : « Vous m'avét mandfi avoir laict un marcbÊ B pour faire fournir vingt mil pains par jour, sept mob durant. » — PÔgeu 706, 710 : n Je TOUS prie de conférer avec la meur d'Incarville » afin de trouver mojen de pourvoir aua: avointt; car ai les gens de u cheval n'ont moyen de nourrir leurs chevaux ils ne serviront pas... n Sou r eues -vous de monder partout que l'on face apporter en ce n pays des avoines par la riviAre de la Somme et par celle d'Oise, car
■ je préveoy que nous en aurons grande disette, de sorte qu'il seroit
■ impossible de nourrir les chevaux, ayant meame l'argent à la
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646 uv. vn. en. vni. Dtntu stin CET.niPoiiT*irr servicb.
est par eux l&rgeinent assuré, mais rimprévn même sar cet arUde est couvert par des fonds faits d'avance, comme rétablissait la cotre^xHidance do roi et divers états produits par Sully. Le 14 mars 1610, deux mois avant d'entrer eu .campagne, Heoii écrit à son ministre : « Ne B aojez pas que... rien me divertisse de pourvoir à tout » ce qui est nécessaire pour nostre voyage (espédition) et » la composition de mon armée en ce qui dépend de moy. » Donnes seulement ordre à l'ar^erie et à l'aient, pour » que rien n'y manque , maù surtout aux vivres. ■ Sully, a[Hi8 s'être conformé & ces instructions, après avoir pqprvu de la manière la phu large aux subsistances de l'infanterie et de la csvalwie, par les allocations portées dans la première partie d'un compte qui nous est resté, ajoute ensuite une somme de 1 million 800 mille livres du temps, 6 millions 500 mille francs d'aujourd'hui, pour aie déchet de fourniture du pain, vin, foin, avtune, » pendant la durée de chaque campagne '.^L'importance des résultats, relève ici les détails, car au bout de c«s précauticKis se trouvent la facilité d'exécuter toutes les opérations militaires, la vie, la santé , la vigueur du scidat, l'état jffospère des armées, l'un des principaux éléments matériels de la supériorité sur l'ennemi.
Par cette composition et cette constitution de l'armée française, toute nouvelle non-seulement en France mais en Europe, Henri IV et Sully fondèrent et établirent, dans ses [«îucipales parties, le système militaire moderne. Dans ce système, l'année de féodale et d'étrangère qu'elle était par le fond, devint régulière, permanente, arrêtée sous le drapeau aussi longtemps que l'exigeaient les grandes opérations de la guerre et les combinidsons du
* Lettre da roi b Bvllj du Ifi nun 1610. — Estât de» arméu que le ray veut former et entrataair.dani le« CEoon. roj-jCh. aot, I17,L It. p. a7S A, US A.
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oenKTATiom ami le Hoorsio srsrfcn vtUTAiM. 647
général. Elle devint en ontre nationale. Le soldat, traité désormais en soviteur utile et respectable, et non pins en vil esclave, attaché au sol parla communauté des intérêts et des sentiments, connut le dévouement an cbef et à la patrie, et le sentiment de l'honneDr, de tous les mobiles le plus puissant et le plus fécond en grandes choses. Ce sentiment fat entretenu et développé chez ta noblesse incorporée dans l'armée, et chez la haute bourgeoisie, par l'institution de la nouvelle chevalerie, de la chevalerie des ordres militaires. Les officiers commençant leur éducation dans un établissement érigé pour eux, et l'achevant au milieu des camps, portèrent dans le commandement une habileté consommée. Les soldats, par des exercices continus et intelligents, acquirent toutes les qualités des troupes, et particulièrement des infanteries étrangères. Cette armée, si bien composée, fut pourvue d'un immense matériel; servie par les deux armes de l'artillerie et du génie développées au point d'être devenues méconnais' sables ; alimentée par une oi^anisation des subsistances sans précédents, et dont les gens du métier connaissent seuls entièrement les effets et la puissance. Ces résultats partent et découlent tous d'établissements dus à Henri IV, et appelés par les deux siècles qui suivirent, et qui se les approprièrent, du nom d'École militaire, d'ordre royal et militaire de ^int-Louis, d'hdtel des Invalides, de direction de l'artillerie, direction du génie, intendance des subsistances. Au temps de Richelieu et de la guerre de Trente Ans, au temps de Louis XIV, les armées de la. France parurent sur les champs de balùlle comme les premières armées de' l'Europe ; et cette supériorité, elles la dorent incontestablement à la composition et à la constitution nouvelle qu'elles reçurent de Henri IV. Si, quittant le point de vue militdre pour avoir une vue d'ensemble, nous considérons c«s réformes par iecdté pcditique.
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tus LIT. Tl). CB. VIII. LU FORTiriGAnOMB. LK KOtT DK DEPART.
nous troiiTeroDS que le roi affranchit l'armée juaqa'alois levée et conduite au bâton, selon le témœi^age de SuUy, comme il avùt ofiraDchi le paysan dans les campagnes, les comparons et les apprentis dans les corporations de métiers ; et que pour trois classes de la nation ce règne est .une ère de délivrance et de liberté.
Revenons aux établissements militaires, et complétons ce qui concerne la défense du t«rriloire, eu nous occupant des institutions qui Furent fondées, des travaux qui furent exécutés, des dépenses qui furent ftiites, des projets qui furent arrêtés pour les fortifications et l'approvisionnement des villes frontières. Le plan du roi fut d'élever une ligne continue de places fortes, qui missent toutes les parties du territoire à l'abri des invasions qui pouvaient être tentées soit par terre, soit par mer. Ce plan exigeut qu'il réparât un grand nombre de places de guerre déjà existantes; qu'il changeât et ajoutât aux fortifications de la plupart d'entre elles, en tenant compte des perfectionnements introduits parle génie militaire chez plusieurs nations voisines de la France; qu'il fit passer enfin près de trente villes de l'état de places ouvertes, à l'état de places fortes.
Avant le rèpie de Henri IV, le nouvel art de fortifier les places, qui ne consistait plus à élever de hantes murailles et de hautes tours, mais à mettre les remparts i l'abri (lu canon, de la sape, de la mine, et à empêcher . l'approche de l'ennemi, cet art était à peu près nul en Fraiice. Sous François I", en 1344, l'enceinte dont on avait entouré Vitry-le-François avait été construite snr les plans, ou du moins d'après le système de l'Italien San- Micheli. Pendant les guerres de religion, quand le prince de Condé et Coligny avaient voulu soustraire la Rochelle au pouvoir du roi, ils avaient fait élever les nouvelles
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NOtmAU STSTtlIE DE FORTiriCATKm D'rrrABD. 649
fortifications de cette ville par un autre Italien, Scipion Vei^ano '.
Henri provoqua, excita dos ingénieurs àrivaliser avec cea étrangers : ils répondirent à cet appel, et bientôt l'art de fortifier les places s'avança et se perfectionna chez nous, en même temps que l'art de les attaquer. L'un de DOS ingénieurs, Jean Eirard, de Bar-Ie-Duc, fit une étude approfondie de ce que les Italiens avaient inventé et pratiqué au XVI* siècle dans l'art de fortifier les villes : il y ajouta ce que la réflexion et l'expérience lui avaient appris à lui-même : il réunit et publia par Tordre exprès du roi le résultat de ses travaux pour l'instructiop de notre pays. Il soumit à des règles fixes le tracé bastionné, et revêtit les maçonneries d'un glacis ou massif de terre. C'est le premier système de fortifications, dû à un ingénieur français, qui ait été introduit en France. Il publia, en 159i, la première édition de son traité intitulé Z^a fortification demonslrée et reduicte m art : il en donna, en 1 604, une seconde édition augmentée et ptafectionnée*.
■ Allas inaniucrit des villes de France, appartenant au goaTeniement, in-foUo, d* S60 bU, tome II, pages 141, itl, article de Vitry-le- Pnnçois. — Thuanas, HUt., lib. LV, § 16, t. 111, p. ito, éd. Load., 17B3 : a Indiutrîa ScîpioDis Vergani Forojuliessis, qui CondEBO tune » operom et Coliaio, Dtvabat, et postes ad regias parles tran-
* Préface d'Errard en Me de aoa traité : La torti£catioii dentoDotrée et reduicte ea art. « Il a pUu au roy m'ordonner par ton commande- « ment, et convier par sa libéralité, à réduira m art et à meltre an a jour tout ce qui se practique dans les foTtîâc&lioDS, afin de aoulau ger, par eatt iaiiruclion, la peine que vous prenez, messieurs (de i> la noblesse], à vous rendre capables de servir dignement Sa Majesté u et voslre patrie, comme vous estes spécialement appelez et deatinei d k défendre conetemment l'uu et l'autre... La practiqae est autant H avengle laus la théorique, que la théorique BstmaochoUe sana la d pracliqne. J'ay oié entrtprtndrt et qiu tout Ws ingénieurs jusque* à » présent, n'ont voulu on osé; au moins n'en paioit-il rien par ancon u escrit traictant de cette science. U n'est question ic7 de trait» qni ■ i quelqu'un poorroient réussir à radventure; mai» de dtmonttra-
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6S0 L.Tll.Cfl,TlII. APPUCATiON, DÉTELOPPSnNTSGCCCBSSIFS
n fit en graad l'application de la science qu'il avait créée chez nous, dans les augmentations qu'il donna aux fortifications de Montreuil , dont il bastionna les côtés attaquables ; mais surtout dans la constructioa de la citadelle d'Amiens que le roi lui ordonna de bâtir aussitôt après la reprise de cette ville, pour la mettre désormais à l'abri des attaques et des surprises des Espagnols ' . La citadelle d'Amiens, commencée dès l'année 1597, fut achevée sons ce règne: encoresubsîstante aujourd'hui, elle o&e le type le plus complet du système de fortifications d'Errard . Les écrivains qai ont fait une étude spéciale du génie militaire.' témoignent qu'Errard posa sur l'art de la fortification des principes dont la plupart n'ont pas vieilli '. Son système bastionné, successivement modifié et développé par le chevalier Deville et te comte Pagao sous Louis Xni, a été porté sous Louis XIV au dernier degré de perfection par Vaoban.
Suscités par l'appel et les sollicitations du roi , formés par l'étude de l'ouvrage d'Errard , soutenus et encouragés par l'intelligente justice du gouvernement qui réserva les
fl tNMU géométriques qni donnent à tons HaenrauM ioMlible. ■ La «Monde édilioD du traité d'Errard est omue dana presque tontes les bibliographies. En virici le titre : La foitification demoDBtrée et rednicte en art, par J. Errtrd, de Bai^e-Duc, Ingénieur àa Irto cbrestien roi de Pranc« et de Navarre, aeconile édition, revae et aog^ mentée; Paris, ie04, & la Roae blanche, me Saint- Jacques, in-tolio de IBO pages, e>ec figures- tntereaUes dans te texte.
■ Atlas Dunnicrit des rilles de France, appartenant an goaveniement, in-folio, d* 160 tô», tome VI, pages Sit, >tB. — Uémoirei de ChiTemy, BOUS l'an 1S9T, dans la collection des mémoires, t. X, p. 9H, B< ■ Sa Majesté après cela, ne devant avoir ancnn eagard au
■ forces pàrticittidres et aux privilèges des habitants (d'Amiens) taiaat
■ en ladite ville une bonne et forte garnison, avec II. de Vie pour
■ gouvemenr dlciile, et y fit comineDcer nue tria grande et forte
■ citadelle, qoi depuis a esté oontinnéa. a
< H. Allent, Histoire du corps dn génie, ch. IH, p. 10. m Envd posa
■ «nr l'art de la fortification dee principes dont la plupart n'ont pas
■ vi«UU.>
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KCSSTSTiMB COUPS D'iNStolBOH FRANÇAIS FORHÉ. 8S1
places et l'avancemetit an mérite seul, et qui sut à propos répandre libéralemeot les distinctioiu et les récompeiues, les ÎDgéoieuFs se multiplièrent sous ce rfe^e, créèrent une véritable école de l'ait de la fortification en France. Parmi les ingénieurs les plus ^stingnés, on cite après Jean Errard et l'un des ChastiUim, La Garde, qui [«^3mettut un officier aussi habile dans la défense qne dans l'attaque des places, et qui périt devant Chartres sous les yeux de Henri ; Doanot et Bivault ; Adam du Temps, qui f(Htifia Fontenay ; les deux fila de Chastillon qui, de bonne heure, marchèrent sur les traces de leurpère; Bonnefons et le-filsd'Errard, qu'un accident arrivé en Provence, l'an 1607, enleva, le premier après de longs services, le second jeune encore, et cependant déjà l'émule de son père par la science et l'habileté. Dans la lettre où Sully annonce leur mort au roi, et consigne ses regrets, on t rouve la preuve du soin scrupuleux avec lequel Henri et Sully fusaient les choix des officiers de cette arme, et de leur respect pour la capacité et pour les droits acquis'.
Henri et Sully créèrent l'administration des fn^ificatiouB, comme ib avEÙent^ondé celle de l'artillerie. Ds la constitaèrent par deux mesures financières que Sully
< Lettre de Snllj sa roi en dMe du SS joiUet IBIT dans les Œcon. ro;., ch. 109, t. II, p. f S9 B. ■ Il est arrivé un accident eu Provence
■ qui me caoee da deeplaislr; c'est la mort de toi deux ingéoienra, à B sqavoir Bomwtoiw, et le jeuoe Errard qui n'en sfaToH guftrea moins a qne son pire. Plusieurs sont aprËs moj pour supplier Vostre Ma-
■ ietté, aSo d'avoir leurs charges ; mais je les a; remis à eu résoudre « qnoad je sera; près d'elle, et que l'on aura reconnn la capacité des
■ prétewlaoi, vous suppUant de n'engager vostre parole h personne
■ auparavant. ■ Dans la liste des ingénieon célËbres dn règne de Henri IV, nona n'avons comprie ni Aléanme, ni Croinler, parce que nous .les voyons ntnquenient occupée i des travaux du génie civil, et non dn génie miUlaire, et qn'id nous ne nous occupons que du gteie militaire.
6Gt L.V11.CB.VII1. ADHIinSTHATlON DBS FORTtFlClTIOHS CBSSE.
fait coon^tre ; par quelques attributioug ajoutées à étales dont le Conseil d'État éUit déjà investi ; enfin par divas r^ements administratifs devenus fort rares aujourd'hui, dont nons avons pn nous procurer connaissance , et dont nous reproduirons les dispositions principales.
Us préparèrent d'abord des ressources, des fonds spéciaux, des voies et moyens, pour la dépense et pour les travaux qu'entraînaient l'entretien des places de guerre et la construction des fortifications nouvelles. A partir de l'an 1S99, ils appliquèrent à ce service une portion de la grande crue de la taille : ils y ajoutèrent le [Hvduit de quelques imp6ts indirects, de quelques octrois établis spécialement dans tes villes frontières pour subvenir à une autre parUe de la dépense, et auxquels tous les habitants, même les privilégiés furent soumis iudistinclement <. Jusqu'alors les gens sujets à la tulle dans les villes et dans les campagnes avaient accompli les travaux nécessités par les fortifications, supportant un labeur immense et une perte de temps inappréciable , exécutant lentement et imparbitement des travaux auxquels ils n'étaient pas exercés. Dès quelesfondsnécessairesfurent faitd, le roi les en déchargeaaet les confia à des entrepreneurs et à des ouvriers qui en faisaient leur état.
< État présenté an roi par Sully de l'emploi de la grande cni« et do principal de la taille depuis l'année l&)g juaqu'i l'année 16D9. dan» les {EcoD. roj-, ch. IBÏ, t. II, p. 371 B. a PremiË rement, en l'année H 1S99, e,t&3,7ao livres, Unt pour le» armées et gamiaone du ro;, u fortiflcations de» TÎlle» de frontièree, el'^ ■ — Arretl de la coor de« Aydee du 10 ma; 161)7. ■ Lei officiers domestiques du roj et autres M privilégiei s'eSorcent de 8'e;ieropler induement de plusieurs conirii> ballons, entre autres du oclroii qui »e liTent sur les habitant» des B villes poor les réparations dei chemins, remparemént, T^peralioiii 11 tl fortificatiotu das villa ... ce qui e*t une usurpation contre l'inn tenlion du roj, à la Coule et oppression du peuple. » La cour des Aides condamne en conséquence les priTilégiê» A supporter l'impAI comme tous les antres babitaots.
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ORDRE ET RteLSKUtTS PODtt LBB TRAVAUX DS FORTIPICftTION. 653
Il régla que chaque année les projets des travaux pour les fortifications seraient dressés par les ingénieurs de chaque proviQce. II soumît ces projets à l'examen et à l'approbàtioD préalahles de son Conseil, fréquemment transformé en conseil d«s fortifications, et dans lequel il appela pour ces discussions les principaux ingénieurs '. Il arrêta lui-même l'état des travaux qui devaient être exécutés, avec défense à tous d'y rien ajouter, d'y rien changer, sans Une permission ex|H^isse émanée de luimême, à moins qu'il ne s'agit d'une réparation si urgente qu'on ne put sans péril attendre ses ordres.
Les ouvrages ne furent plus faits à la journée par des ouvriers que l'Ëtat employait directement et salariait, et qui accomplissaient négligemment leur tâche. Les ouvrages furent adjugés à des entrepreneurs ayant intérêt à ce qu'ils fussent exécutés par le moins de monde, et dans le moindre temps possible. Le devis des travaux, dressé par l'ingénieur du roi dans chaque province, soumis au gouverneur, fut affiché d'avance par les soins du contrôleur des fortiOcations dans les lieux les plus fréquentés. Les adjudications furent faîtes publiquement et au rabais, par devant le gouverneur ou son lieutenant, et le prix fut arrêté d'avance. Des précautions [H^ventives furent prises, pour que les matériaux fassent de bonne qualité. Les ouvrages terminés furent toisés et reçus, non plus comme autrefois par les maires et échevins des villes , mais par les contrôleurs généraux des fortifications nouvellement
■ Sully, OEeoD. roy., chap. 170. t. )l, p..lBï A B. Bd 1607, le roi bit veuir chei SaUj, il I'AtscobI, le goiiTemeur de Vie, et l'ingéDienr' Errard, pour informer de Vie de ce que le roi rétout relatÏTement aux fortIficatioDS de Calais. Il «A éTideot que l'aBaire a èU agitée quelques jours auparavanl dan» le coaseil d'Étal où Errard a été appeié, «t que ce jour Ik la roi prend une résolntion d^nitive avac Sully, «urintendaDt dea fortifications, dëtormination qo'il fut coonat- Ica etuuile à de Vie.
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654 L. VU. ce. VIU. WVIS et JOiJUDICATIONS. MBSOUS FUUMCltltBS.
créés, «t par ringénienr de la province, en préseoce du gouverueiir ou de saia lieutenuit ; l'État ne peya que les travaux conformes au devis et adidement exécutés. Tous les ouvrages ne fureut pas faits par les entrepreoeuis et par leurs ouvriers : oa essaya des économies, en employant dans certaines circonstances les soldats aux travaux des fortifications.
Deux mesures financières assujettirent les rouages de ce service à une marche régulière , en assurèrent la cootinuilé, en accélérèrent le mouvement. Le roi ordonna qu'il ne serait exécuté de travaux chaque année, dans chacune des places fortes, que jusqu'à concurrence des crédits qu'il aurait ouverts pour l'exercice. Les entrepreneurs s' étant plaints des relards apportés au solde de ce qui leur était dit par l'Etat, surtout pendant le dernier trimestrede chaque époque où les trésoriers généraux des fortifications se succédaient les uns aux autres , selon la coutume de ce temps, le roi, par arrêt rendu en Conseil, réforma cet abus, et pourvut à ce que les entrepreneurs fussent désormais payés avec ponctualité et promptitude ' .
1 Pour rorganiwtion et rtUbliasemsnl de radmiDlatratioD des forliflMtivas, voir le « Règlement que le ro; veut estre doresfkvuit obn terri pour le« fortiBc«tiona qui aaront faicl'M eo cbascnne proTÎoce ■ de ce royaume le 36 maj 160(. » (Coliectioa des onloiuiancei mili' tairas, tome XII, A t, fi-16, pièce d' U.) • Art. I'. Ooe les estais des H forUBcaliona arrestei par le roj, au comnMncemeDl de chaacune n annËe, serout suJTis, eaus qu'il soit permU i perwone que ce soit » de rien chauger ny inaoTer, sÏhod par pennitsiou et ordonnance D de Sa Majesté, sur peine d'eu répondre à leors propres et privei B noms, sinon qu'il se tronv ut quelque réparation sipresséeqn'elleDe i> peust attendre le déisy, pour recevoir sur JceUe le commandement » de Sa yajesté. — Art. a. Qne sur tiini les ouvragée ordonnes par a lesdits estaU du r[iy,serootbaillei,iitBiresepeut, àpnxfaiel,taiyaiii u les formes et soleniûtez accoutumËes, et ne sera baillAo' à jovraét, H ny par onlonnance particnUéra que lorsqu'une s'; pouiraautremeDt 11 biie. — Art. 3. L'ordonnance (l'ordre) qui se tiendra et Cadjuâita- » limt detdili omiragtt seront que les amtrerooUun générmtx dti for-
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NIÉRAIICBIB POUn LE COBPS tWS OFFtClBBS. 656
Une cooiplabilité nouvelle se trouvait ainsi établie pour les travaux du génie militaire. Ces règlements mootrent quel esprit d'ordre et de sagesse présidùt aux délibérations du Conseil et aux décisions du rm. Encore observés de nos jours, ils composent le fond même de l'administration des fortifications, et lui donnent, comme on en a bit la remarque, ce caractère de clarté , de simplicité, de parfaite exactitude qui la distingue.
Le roi compléta l'organisation de l'administration nouvelle qu'il fondait, en établissant une biérarcbie pour les
u tifieationt feront pnxlamtr et afficher en tel lien qu'il sera requis K la descriplitm dti travail qui lera ordonna ïtiiuint le devis qui aéra » drtsiipar ràigénieur de Sa Jfa/eitf, leqoel an pTialable lesditacon-
■ treraolenn et iugéDieiira coronianiqueronl an gouTcmeur de la a province, gouTemeara de places ou leurslieiiteDant8,pardeTaut les- B quels ae feront les adjndicalions des ouTragee. — Art. 7. Comme s auui ne poorrout le^ gouTerneurs et coDlcerooleni* bailler ani
■ entrepreneuie ù faire piiu dt li'avaii que ne monte l'argent que a Sa Majesté aura parliculiireiaent ordonna en cAaiCHfw place, de B sorte que les choses soient faicles et exécutées dei deniers qu'il faut
■ tmploj/er et non autrement : s'il «urvient qaelqne nécessité pressée, » ils en advertirrail Sa Majesté. — Art. 8. Lorsque le traTaii sera faiet « et parfaict, le conlrerooleur général stcc L'ingénieur de la province Il Bc transporteront sur les pluci's pour toiter et reetnotr tous Itt oa- H vragu, en présence du gouTemeor ou intendant général de la prou vince, et en leur absence du gouverneur de la place, ou de son B lieutenant, selon la teneur des prix taits, suivant lesquels et les u elaoses des marchez sera ordonné du parfaict payement desdita B onTragesji Ce règlement est ^gné du roi .et de Nenfville (Villeroy) comme secrétaire d'Etat delà gnerre,en même t^mps que des affaires étrangères, et en cette qualité le supérieur de Sully. — Voir en outre l'arrêt pris parle roi en conseil d'Etat pour le prompt payemeut des entrepreneurs, en date du 7 avril 1007. [Uéme collection, t. XII, pièce n* 97.] —H. Allent, Uist. du corps do gtoie, cb. B, p IS, donne quelques boQsrenseignemeDtssnr rétablissement de l'adminisIraUou des fortiflcations. Uais l'auteur qui n'a en probablement connaissance de cet ÉlaUiwement que par on auteur de accoude main, cite, saus rien préciser, les ordonrutncts de Henri IV, et il n'j a jamais en d'ordonnance de <M prince sur la matière; c'est nn règlement oiX ae trouvent les diqHMitîona qu'on vient de lire, et noua ne l'avons retrouvé qu'après de longues ret^archea.
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656 UV. TU. CH. VIII. EUnVElIXAHCS ET PORTE DIRECTION.
officiers da ooqts du génie, et une active Burreillance, une forte direction pour toutes les parties du serrice. Comme les gouverneurs et les lieutenants du roi , les ingénieurs conservèrent dans leur emploi leurs grades militaires : ils dirigeaient tes ouvrages. Au-dessus d'eux étaient placés les contrôleurs généraux , qui enx-mëmes avaient pour chefs les directeurs des fortifications, dont Tautorité s'étendait sur tout un dépailemeut du leniloire. Les charges de contrôleurs et de directeurs étaient de création nouvelle. On sait que le titre de directeur commença dans Chastillon , et que sa direction comprenait tes provinces de Champagne et de Brie et celle des Trois -Évécfaés. Au-dessus d'eux tous dominait avec une autorité supérieure, le surintendant des fortifications, chai^ dont Sully avait été pourvu par le roi, en 1599, après la mort de d'Incarville, et qui lui permettait d'imprimer à tout ce service une direction et un mouvement d'ensemble ' .
Nous allons présenter maintenant le tableau des villes qui furent fortifiées pendant le règne de Henri IV. Nous prendrons pour base de ce travail, qui n'a pas encore été essayé, un ouvrage de statiâtique exécuté pour le gouvernement et resté inédit, dont nous avons puavoircommunication. Nous compléleroas les renseignements qu'il fournit par les indications qui se trouvent dons la correspondance du roi, dans celle des secrétaires d'État, dans les actes publics du temps. Ces indications sont indispensables pour un certain nombre de détails , pour Vatdre des temps dans lequel ces travaux furent exécutés, pour les idées et les desseins qui y présidèrent.
Nous nous occuperons d'abord de la frontière du nord.
■ SuUy, CEcon. roy., cb. B4, p. Ht A. — U. AUent, Hiit. da corps dn Béoie, ch. B, p. U, M.
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VILLES FOkTIFlàU SUR LÀ PRONTIËRB DU NORD. 657
Quatre invasions parties des Pays-Bas , conduites par le comte d'Egmont, par le duc de Parme, par Manefeld, favorisées par la dépendance dans laquelle la Ligue était tombée à l'égard de Philippe II, avaient amené les armées de ce prince jusqu'au cœur du royaume, et converti plusieurs villes du nord en étapes et en places de guerre des Espagnols. Au fur et à mesure que Henri les enleva à la Ligue et aux Espagnols, il les convertit en remparts contre l'étranger. D^ qu'il fat maître de Laon, il se hita, en 1595, d'ajouter aux fortifications une citadelle, et un front bastionné ou rempart intérieur'. Entré dans Lafère en 1596, il ordonna d'ouvrir aussitâtles travaux propres à améliorer les ouvrages de défense de cette ville *. Les fautes des généraux, l'aveagle opiniâtreté et l'incurie des populations livrèrent aux Espagnols dans les campagnes de 1596 et de 1597, leCastelet, la Capelle, Calais, Ardre», Amiens, et abaissèrent la fortune de la France. Henri la releva autant par la haute intelligence de la défense que par la vigueur de l'attaque. Malgré les nouvelles charges que le siège d'Amiens imposait au trésor d^jà obéréj dès le mois de mkrs et de juillet 1597, il fit travailler sur-lechamp à réparer et à augmenter les fortîficalioos de Beauvais, de Ham, d'Abbeville, de Boulogne , de Montreuil *.
' Alla* des places de France, manQscrit appartenaDt an goDTeniemeDt, six TOlumes iD-folio aoas le a* KO bis. Lea détail* relUib â LaoD se trouvent au tome II, p. SIS.
■ AU»s des vUles do France, t. IT, p. !D8.
* Lettre du roi à l'éveque da Beauvaid da 16 mars 1S97, daus les LeUrea missives, t. IV, p. 703. a Uousieur do Beauvais, ayaui recogneu » à mou arrivée en cette viLe, qu'il estoit nàceaaaire, poor la seureté 1 d'ii:eUe, d'alialtre la tour de Croux, qui tait l'un des coings des B jardins de vostre evesché, j'ay advisè de le faire, et an employer 0 les dÉmaliliDDS aui réparelious de ladicte ville, n — Lettre du roi au coonitable dus avril IS97, dans les Lettres missives, t. IV, p. 7t0, ■ U est tris njceasaire de (aire travailler aux toriiflcation* de la ville " et duutean de Haa, pour lea inconviDieuts qui peuvent arriver à . Ui «S
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Ail mois de septembre de la même année, il arracha Amiens aux Espagnols, et il ordonna de jeter aussitdt les fondements de la citadelle qui s'éleva rapidement ' . Ces ouvrages entrepris au milieu de la guerre pour uréter les progrès de l'ennemi et conjurer un danger présent, furent continués plus tard pour couvrir et défendre le territoire, et assurèrent à ces six villes des moyens de défense entièrement nouveaux, dont nous indiquerons tout i l'heure le caractèfe. La paix de Yervins rendit à la France les places momentanément occupées par les Espagnols, le Castelet, la Capetle, Ardrea, Calais, et l'un des premiers soins de Henri, comme l'indique sa correspondance, fut de leur étendre le système appliqué aux six villes qui viennent d'être mentionnées. Nous ne relaterons que les détails les plus intéressants, ceux qui concernent Calais. Le h>i en confia le commandement à Dominique de Vie, et trouva chez cet officier déjà éprouvé l'actif concours qu'il pouvait attendre de ses plusdévoués et zélés serviteurs. Dans les dix années écoulées de 1599
D mon service, par faaile d'; pouneoir. » — Lettre i Rosu; du 1 juillet 1S«7, page 19i. ■ C'est le moioa qae Je puia employer uu ■ tortiOcBlions des Tîtles frontières de Picardie et de Champagne qne » vingt-quatre mille escus ; mais il est beaoing que j'eo reçoive comp- H tant présentement I& moitié, aSo de poarreoir A Uontreuil, à Bou- •> logHt et à AbbtviUe qoeïeaneuiy menace d'astiéger, cependant qne 1) je auia engagé le; ^au siège d'AmienaJ, i> — Voici ce que dit l'Atlas des places de France, t. VI, p. M, SiS, au sujet des travanx eiécuUs alora et dons les annéea suivuites â Montreuil. c L'attaque des places B qui s'était beaucoup perteclionnée ne permettait pins de se confier u à une simple muraille. Errard chercha à tirerparti de la vieille «n- » eeinle qu'il Bgrandit.Ubastionna le«cAI^ attaquables, jetaqueiqoes » ouvrages extérieora, et mit la place dans un étal de dArense aaseï » imposant pour ce tempa-là. » — En ce qui concerne AittwTille, l'Allas Bjonie, pages SIS et Si.SB. a En IA99, on travailla & la porte u Uercadé et à dea ouvrages en avant; en 1609,oq revétil nue partie u de la courtine. »
1 Voir les Mémoires de Chevern; sous l'an 1SII7 dans ta coUecUon
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VILLES FÛRTiniXS 8Vn LA FRONDARE DU NORD. 659
à 1609, de Vie fit rétablir la digue de Sangatte, destinée à retenir les eaux de la mer, couvrir la porte de la citadelle par un ravelin, revêtir le grand bastion sur les froots de l'est, travailler au quai par où les Espagnols avaient pénétré, et en dernier lieu, réparer les dunes du Bisban endommagées par l'Océan. Tous les moyens furent donc employés pour mettre Calais, cette clef de la France du côté du nord, à l'abri d« nouvelles attaques de la part de l'étranger, et pour la défendre contre les inondations'. Les travaux entrepris dans les diverses places dont TénumératioD vient d'être présentée, furent tous conduits par Errard, poursuivis sans interruption et achevés sous ce règne.
En fusant le relevé des villes que le roi avait pris soin de fortifier depuis Beauvaîs jusqu'à Calais, on voit qu'il avait couvert l'Ile-de-France et Paris d'une double ligne de citadelles ; mis la Picardie, le Boulonats , le Calaisis à l'abri des attaques, et tout le territoire h'ançais de cecdté à l'abri des invasions si nombreuses qu'il avait souffertes au commencement de son règne. Si des généralités on descend aux détails, on remarquera que l'Artois, alors province espagnole, s'interposait entre la Picardie et les
de M. Hichaud, 1" série, t. X,p. SSiB, et l'atlaa maouacrit dei pkcei de France, t. I, p. 176.
I Pour la Bucces^iao el la continuité des travaux eiécatéd à Calaia, consulter i" ta lettre du roi au coonËlable du 1 septembre 1601. écrite A Calais où il eet arrivé la Telllu, daos Isj Letlrea ma»., t. V, p. 4SB. a J'aj estimé devoir faire la Toyage en ceste proTloce, que D j'avais projecté il y a longtemps, pour viiiler let plactj d'ictlie, n faire advaacer les fortificuliotu, et les munir comme ellee doibvent ■ e«tre. » — S* La lettre de Vjlleroy à Rdsd; du B mars ISOÏ ; la oarratioD de Sali;, en 1607, concernanl. les torLiacations de Cuisis, où l'on voit te roi interveDir personnel lemen t ; lalettre de de Viu â Snllj du 4 novembre 1609 au sujet des réparations taites au Risban, dans lesCEcon. ro;., ch. lOS, 170, 3Sl,t. 1, p. S90 B; t. H, p. 195, S60,t61. — 1° L'Atlas des glaces de FTaDce, I. 1, p. 70.
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pays de Boulonais et de Calaisis, exc«pté dans la langue étroite de terre traversée par la Canche et où Hontreml est placé ; que par conséquent en ajoutant aux fortifications de Mon(reuil,au point d'en faire une placede guerre très forte pour le temps, le roi avùt assuré ses communicaUons et la marche de ses armées de la Picardie dans le Boulonais, d'Abbeville à Bou]pgne, Calais et Ardres.
n compléta la défense de la fronti^ du nord par les travaux qu'il fit exécuter dans les diverses places de Champagne et des Troi»-Évêchés, sous la direction de ChasUllon, dont le département se composait de ces deux provinces.
Les préoccupations et la sollicitude de Henri pour la frontière de l'Est furent au moins égales à celles qu'il montra pour la fironlière du Nord. Il eut sans cesse présent à l'esprit que les Espagnols avaient tenté de pénétrer en Bourgogne par le pont de Grey, et qu'il avait eu à les en chasser par le combat de Fontaine-Française; que le Dauphiné avait été le théâtre des incurslooR , et la Provence des invasions du duc de Savoie pendant huit ans; que les États de ce prince, beau-frëre de Philippe III, qui avait succédé à Philippe II en 1598, devaient être considérés comme province espagnole; que 'derrière la Savoie se trouvait le Milanez espagnol; qu'enfin, la Bresse et le Bugey, pays nouvellement cédés parle duc de Savoie qui n'attendait que l'occasion de les reprendre, avaient besoia d'être fortement rattachés au territoire de la France. Les travaux exécutés par les ordres du roi sur toute la frontière de l'Est, répondirent et remédièrent à ces dangers du passé et à ces menaces de l'avenir.
Ses lettres et les actes publics prouvent que depuis l'année 1601, et sans discontinuité jusqu'à l'année 1610, on travailla par ses ordres à réparer et à augmenter partout les fortifications des villes de la Boulogne ; des villes
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' TILLES FORTIFIÉES SUR IJ, FRONTltilE DB l'eST. 661
de la Bresse, et particulièrement de Bourg; des places du Dauphiné, Grenoble, Embrun, le fort BarrauU; d'Ëxilles, près du Pas-de-Suse, petite et forte viUe, alors appartenant & la France j de Sisteron, d'Antibes, de Saint-Tropez en Provence '. Antibes et Saint- Tropez qui forment Textrème limite de la frontière de l'Est, commencent la frontière du Midi, Les ouvrages exécutés i Grenoble mérittint qu'on leur accorde quelques détails circonstanciés et précis. En 1600, Henri crut nécessaire de se rendre lui-même dans cette ville, à l'occasion de la guerre qu'il soutenait alors contre le duc de Savoie. Il trouva que l'ancienne enceinte à tourelles de Grenoble, d'une part était infiniment trop resserrée, et d'une autre n'était plus en rapport avec les progrès que l'art de l'attaque et de la défense des places avait foits depuis un demi-siècle. La juste importance qu'il attachait à cette ville frontière le détermina, deux ans après, à lui donner de nouvelles fortifications qui furent exécutées sous le gouvernement et sous la direction de Lesdiguières. On commença par abattis les anciennes murailles avec
■ LeUre de VÎUeroj à Bosdj eo date do T mara 161)1, dans le* . (Econ. roy., ch. IDS, t. I, p. 37T A, B. n Je n'ay regn l'ordonuance Il pour bire rec«rair et employer aux forUScations de Soinel-Tropét » et i'Antitei, les 6,000 escus de ParU que tous m'aTiez escrit, par D vtwlie dlcle lettre, d'aTOir ordounei : il Taut qu'elle (rordonnance) s Bjt eaté oubliée, a — Lettre du roi du 1« mai h Bosq;. n Hou cou- Il siu, vous sçaurez lombien il -importe 1 non aerrice que la (ort^ i> flcatioD de ma ville d'AnUbee aoit acfaeTèe... Les 3,000 escna que n nous aiODS depuis affectez aux fortificatioDa dâ. ladicle ville de u SaiDct-Tropés n'ont esté pa;ei, ajant esté divertis k autres effets u uratrema voloulé. «Lettre du roi du 30 mars IGOlàRosoj. a Quaat . ï> à Bourg, Toyei sur Testât des tarlificatioas que je vous ay renvoyé, • où l'on peut prendre encore 3,000 escus pour travailler aux forlifl- « cations dudict liea, car je ne suis pas d'advis que l'on louche à ce H que j'ay ordoniié pour Barrault ni pour Exillet. n — Pour Embrun, voir les détails donnés par l'Atlas des places de France, L IV, p. 87, et pour Sisteron, p. 117. a Le front bastionaé au nord eatd'ETrard de n Bar~le-Dne. d
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fl6S L. YIl. CH.TIll. VILLES FOHTIFltlS A LA FSONTI&U DO HIM.
toorelles, situées sur la rive gaache de l'Isère, et on Les remplaça par l'eDceinte nouvelle. Ou éleva ensuite l'enceinte de la rive droite , avec un fortin à reœ{da£ement nommé Bastille. On fit partir de chaque c6té un mur crénelé qui vint, en contournant Ivs cté\es des rochers et les pentes do lerrùn, se rattacher aux deux extrémités du foubourg. On construisit en même temps la citadelle à l'entrée et sur le bord de l'Isère. Tous ces ouvrages furent exécutés d'après le système d'Errard, <]ui fournissait à la défense des ressources inconnues jusqu'alors '.
Les travaux exécutés par le roi sur la frontière de la Méditerranée et des Pyrénées avaient un intérêt égal sons le rapport de la défense dn territoire, et un intérêt particulier en ce qui concernait la protection et l'extension du commerce, le développement de la marine nationale.
Son règne est le point de départ du développement et de la force- actuelle de Toulon. En 1594, il voulutàla fois s'assurer de cette ville contre les entreprises du duc d'Epernon et y commencer un grand établissement maritime. D en éla^it l'enceinte, fit bâtir les bastions des-
■ Le Bijonr du roi k Grenoble, du 18 an 17 septembre, est établi ptr lei lettres, t. V, p. SOS'SIS. Pour les travaux faits aax fortificatloDide Grenoble, voir l'Atlas des placée de France, t. IV, p. :!,)(. Parmi lee eicelleats détails techniques rournis par l'Atlas, se Mut glisséee deui errenrs qu'il importe de relerer. 1' Des trayaoi de tar. tilIcatioDS entrepris d a temps de HcdH IV, mort en 1611, ont été exécutée sans doute bous le gouTcraernent de t.esdigulËres, mus non pas tons le gonTernement du conniiablt de Lesdiguiéres : t-esdiguiéres ne [nt connétabis qne dn temps de Louis XIII, en 1613. l°Dee traTaoi exécutés tons le gouTernement de Lesdiguiéres, moK le SB septembre leï6, ne peutent avoir été laits d'après le système de thm'lU. Deville, attaché jusqu'alors au service de la Savoie, ne fut emploTé par le gonveraement de France qu'à partir ds IGSB. Cet ingénieor, chaTi;ë pu Louis XIII, en 1640, d'agrandir l'enceinte de Grenoble, a pu introduire quelques changements dans les fortiâcaUone construites avant lui; miUs il ne faut pas confondre ces nouveaux travaux avec
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