‹ Histoire du règne de Henri IVChapitre 70 sur 75 · DÉPLORABLE INSUFPIBANCB DR3 HOPITAUX · texte numérisé non relu

DÉPLORABLE INSUFPIBANCB DR3 HOPITAUX

L'insaffisance des hôpitaux entretenait et aggravait les dangers de la santé publique. Paris avait depuis longtemps plusieurs maisons charitables où l'on recevait et où l'on soignait ceux qui se trouvaient atteints d'affections spéciales et particulières, telles par exemple que la lèpre et la gangrène. Mais à la fin du xvi" siècle, la ville ne possédait qu'un seul hôpital, l'HAtel-Dieu, qui fût général et pubÛc, et où l'on accueillit sans distinction et sans exception les pauvres et les artisans frappés d'une maladie quelconque. En négligeant d'établir cette distinction, les historiens modernes présentent dans l'exposé de ce sujet une foule d'erreurs et de contradictions. L'Hûtel- Dieu fidèle, trop fidèle même à l'esprit de son institutiou, admettait indistinctement les pestiférés, les gens frappés de maladies contagieuses, comme les sujets atteints d'affections ordinaires, entassés et confondus ensemble, réu* nis souvent dans le même lit. Ce concours de malades au centre et dans le quartier le plus bas de la ville, dans un lieu si resserré, produisait deux effets désastreux. L'artisan et le |iauvre, atteints seulement de maladies ordinaires , qui étaient venus chercher à l'Hôtel-Dieu des remèdes et la guérison, y trouvaient la mort : de ce foyer d'infection , l'épidémie se répandait dans les quartiers voisins, et décimait les habitants '. L'augmentation con-

t. lV,p. Sli: <i LstiUb de Paris estoit alors entièrement a/ÎIi^^ife la » peile qui fut cause que les Estats (les NpUbles) furent convoquée à » Rouen. La maladie avoit dispersé les ofBcien da Parlement de >• Paris, t — Mezeray, t.Ill, p. llBt, dit la-mAme chose.— Delamarre, Treilé du la police, Ht. IV, til. XIII, chap. 1, t. [, p. 617, Bit. 11 rapporte diverses circonstances se reltocliant aux maladies coata;;leiues et épidémiquea qui désolèrent Paris de ISID il59S, et il uoncinide la manière sulvaute ; « Il ne se pasi^ait pas, en ce temps là, dix années n au plus, que Parla ne tust amigé d^' la mjladie contagieuse, h Au temps oA Delamarre publia son ouvrage, les maladies contsgieuaea et épidAmiques sont encore qualifiées de peste. L'argument de sou titre Xlll,p. 616, est : 0 De l'épidémie, eonlagion, oa petit. •>

< Mercure tran;ois,Bn 1647, fol. 127. verso. ■ La ville de Paris avoit

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688 L.Vil.CH.VDI. ËTATDESIIAISONB,DEStllIAIS,DKSP0irrgBTPLACES.

sidérable de k population de la capitale dans la seconde moitié du règne de HeDri IV était un danger public de plus.

Tel était l'état de Paris en ce qui toochait à la santé publique. La commoâité, le bien-être des particuliers, les moyens de communicatioD entre elles des diverses parties de la population, les facilités du commerce, l'état des quais, des ponts, des [daces publiques, ne se trouvaient pas dans di*meilleures conditions. Sous Louis Xlf, une tentative avait été faite pour améliorer les habitations de la classe moyenne. Soixante-huit maisons avaient été construites en briques, et dans des dimensions moins étroites que précédemment, sur le pont Notre-Dame el aux abords de ce pont '. Vinglou trente maisons pareilles avEÛent été édifiées sur le Petit-Pont. Durant les cinq règnes suivants, on en avait construit environ le même nombre, de semblable dimension , dans les huit rues ouvertes ou rdbàties sur les ruines du palais de Saint-Paul, et sur une petite partie du terrain du palais des Tour~ uelles, que Catherine de Médicis, depuis la mort tragique de Henri II, avait abandonné pour le Louvre et pour les Tuileries '. Toutes ensemble ces mwsons ne formaient pas la cinquantième partie des habitations occupées par

» esté affligée par la peate l'année dernière, n^ o^onf aucun lieu pour H reliftr le* pettiftrti, nno» fEotltl-Ditti qui ut au milita de la n uille.» — DeluQure, Traité de la police. 1. 1, p. 618, conânne le témoignage du Mercure, et y ajoute des détails résultant de ees rechercbes penonnelles. — Dulaure, Blttoire de Paria; Paria, Ladenlu,lS)t, L V, p. ISS.IST.

1 Dans la suite, l'outertnre du quai Pelletier et de la ras de Gévre* réduisit le nombre des maisons à soixante et nne, trente d'un cdté. trente et une de l'autre .- ou abattit les maisons qui s'opposaieDt à la route de ce quai et de'tette rue.

■ Du Breuil, 1. 1, p. iU. ~ Germain Brice, t. IV, p. 32S. — Jaillol, Rechercbea sur Parie, édition de 1775, quartier de la Cité, t. I,p.l9S- 1».— Delamarre, traité de lapoUce,). 1, lit. VI, cb.6, p. 80.

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ETAT DB PARIS QUAND LE ROI B EN REND lUITRB. 689

la magistrature, la booiie bourgeoisie, le commerce de Paris. Les autres maisons s'étaient bâties qu'en bois et en pl&tre, et sans cesse exposées à l'incendie qui dévora celles du Pont-Marcband. La plupart n'avaient de développement que deux fenêtres sur leur façade ; plusieurs n'en avaient qu'une seule, comme on peut s'en convaincre par l'examen de beaucoup de ces maisons, encore subsistantes aujoiird'bui dans les rues du vieux Paris '. Toutes cependant étaient élevées de trob ou quatre étages, iudiquaflt qu'autant de familles y étaient entassées. Les habitants de ces tristes demeures souffraient, chaque jour et à chaque moment, de la géoe, de l'encombrement, du manque d'air. L'espace et l'air étaient encore le privilège des rois, des seigneurs, des membres du haut clei^, des riches financiers qui, dans les rues nouvelles, avaient construit plus d'hôtels que les bourgeois n'avaient bâti de maisons *. Dans les quartiers formés par ces misérables habitations, on ne comptait que cinq OQ six places publiques , et ces places étaient à l'avenant des maisons. La plupart avaient les dimensions de la place du Chevalier-du-Ouet , et manquaient de fontaines, ou n'avaient que des fontaines depuis longtemps taries. La place la plus spacieuse était la place de Grève, avec la ceinture de ses misérables maisons, et le spectacle hideux de ses supphces. Sur beaucoup de points , les quais

' Noua nous bornons à indiquer ici les nombreases moisoDs encore Bubtistautee dans les rup» SoiQl-Honoré, de l'Ëvéque, d'Ar^ienteu:!, de . la Limftue, de la FerroDuerie, pour la Ville; daas la plupart des ruej de la CM ; dau^ la rue dd Seine el qaelquua auire j poar l'Université. ÛBirouvera aux Dacumente hUloriquce des renâeignemenU précis «or

'Sauvai, Delamarra, descrlplion du vi* plan se rapportaot à h page 19; JaiLlot, I. III, quarlier Saint- An toi ne, p- tl6, »1, donnent l'éooDcé des hûteU liUispar Zamet et les autres finanËitrs,etparplaaieurs grands seigneurs, dans les rues Culture-SaiDte-Catberiiie,PaTée' Saint-ÀotoÏDe, de laCerieaîe, entre le* années 1&4& et 1SB9. m W

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en UV. VII. CH. VIII, CONDinoMS DE U SANTÉ FUBLIQDE.

manquaient OU D'étaient pas assez élevés. Eu 1964, les eaux de la Seine étideot oiontées jusqu'à la rue Jeaade-l'Épine et jusqu'au Saint-Esprit , et prdiablemeiit avaient passé au delà. En 1570, 1571, 1573, elle» avaient débordé partout : on était allé en bateau àla place Haubert, et dans les grandes mes de la ville '. Le cortège de ces inondations étaient la gène prodigieuse des babitante, l'interruption des relations commerciales, les maladies eogendi^ par le séjour prolongé des eaux. Paris n'avait encore que deux ponts en pieire, b&tis l'un et l'autre par un architecte étranger, le pont Notre-Daote et le Petit-Pont* : tous les autres étaient en bois, exposés incessamment à la ruine par l'incendie et les inondations. La capitale n'avait pas un quartier, pas une portion de quartier qu'elle pût montrer sans rougir. Oriéans, L^on, Marseille, Bcffdeaux, Nantes, Rouen, en fait d'établi«ements qu'amènent les progrès de la civilisation, n'étaient pas plus avancés que Paris , et étaient dans le même état en ce qui coùceme la salubrité : les grandes villes furent autant de cloaques jusqu'à ce que Henri y portât la mûn pour les assainir.

Pour la conservation ou le rétablissement de la santé publique, les moyens sont les uns préventifs, les autres de remède. Les moyens préventifs sont la pureté de l'air, par le bon élat des rues; la pureté et l'abondance des eaux, non-seulement pour une alimentation saine, mais aussi pour le lavage de la voie publique, pour la propreté intérieure des maisons, pour la propreté des vêtements. l«s moyens de remède, quand la contagiou a envahi une

■ StDTal, 1. m, 1. 1, p. los, sot.

■ Sauvai, 1. III, 1. 1, p. IIB, ItT, 398. Il y a sur la cooatiuctiOD en pierre dn Petit-Pont, page lis, nue grosse arreor typographique : aii lieu da 1409, il faut lira 1509 on ISDT. — Oolaore, BiatoÎN de l^rii, t. U,p. &U-ttT, «dit. 1821.

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ASSADilSSElIBNT DBS KUE8 DB PARIS : LÀ LÉGISUTION. 691

ville, sont l'organisatioa du service des médecins et des pharmaciens ; le nombre et le fonctionnemeiit, préparé de longue main, des hàpitaux. C'est dans ces deux sortes de moyens que les économistes et les auteurs des trùtés "sur la police ont compris et renfermé tou» les soins à donner h la santé publique '. C'est, comme nous l'apprennent lès historiés du temps, d'après ce plan raisonné, que Henri IV travailla sans cesse dans les dix dernières années de son règne, cent ans avant que les écrivains occupés de ces matières écrivissent «ne ligne sur ce grave sujet.

A peine libre de la guerre civile et étrangère, et dès l'an 1600, le roi s'occupa sans rel&che à rendre plus salubres les grands centres de population, les villes, en commençant par Paris. Dans la tÂcbe de bien public, de saliit public, dont il s'était chargé, il ne s'en tint pas aux idées [Hvmières, aux projets, à l'argent distribué à propos : il intervint personnellement et sans cesse. Dès le 22 septembre 160O, il prescrivit au prévôt des marchands de rendre une ordonnance pour la police générale et le règlement sur la voirie, pour l'alignement et l'élargissement des rues, la destruction des saillies sur la voie publique, le pavage et la propreté des rues *. Le roi conBrma et doubla l'autorité de cette ordonnance, en donnant luimême, au mob de septembre 1608, un édit qui repro- «duisait toutes les dispositions de l'ordonnance prévâtale, et ajoutait la défense de jeter aucune immoodice dans les mes de Paris. Celui des historiens qui est le mieux dans le secret des grands résultats qu'il voulait obtenir par ces

< Delamarre, Traité de la police, 1. 1, Ut. XI, cb. 6, t. I, p. £01,163. — UoDtesqnieu, Esprit de» lois, 1. XXlll, ch. 19. a Lee aatiooa richei Il ont besoin d'bApitaux... Le mal est momeotaDé, il faut dooc de* a BEcoan de même natute, et qui soient applicoblei a l'acddeot 1 parti cnlier.»

*Recadl des Ancieiuiea loi* tnDf.,t. XV, p. S».

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Wl UV. vu. CH. TUl. usa RUIS DB PARIS AKREBS 8T NBTTOTEES.

wûns adoiiaifltratifs, dit qu'en enjoignant de détruire les saillies établies sur'les rues, il voulait y faire pénétrer ei circuler l'air, et les laver par les eaux pluviales ' . Sa sollicitude veilla à ce que les efiets suivissent ces prescriptions. On trouve sous la date du 4 janvier 16 02 des lettrespatentes portant confirmation des articles accordés à Michel Gauthier, dit le capitaine Lamothe, pour tenir les rues de Paris nettes '. Ce service si imp(Hlant à la santé publique du nettoiement des rues et de l'enlèvement des boues, sans atteindre d'abord une entière r^ularité, fut fait cependant d'une manière suivie et déjà très-utile depuis 1602 jusqu'en 1609, par les entrepreneurs successif Lamothe, Vedel, et son associé DuThiel'. En 1609, le roi fît cesser un conflit qui pouvait le compromettre. Les bourgeois avaient accusé les premiers entrepreneurs d'avoir exigé d'eux, pour le nettoyage des rues, une taxe plus élevée que ne portaient les anciens rôles : les derniers entrepreneurs prouvaient de leur cAté que, par suite du refus opiniâtre que les [urinces, seigneurs, magistrats et beaucoup de bourgeois avaient opposé au paiement de la taxe, ils avaient fait des avances considérables dont ils se trouvaient à découvert. Le roi, par arrêt de son Conseil, en date du 31 décembre 1609, se chargea de la dépense du nettoiement et en exempta les habitants, au moyen d'une augmentation de quinze sous

< Traité de la police de Delamaire, coatinuatioo, t. IV, p. lli. -> LegTûn, Décade, I. VIII, p. ^^i, iH. « II fit hum; hoc ordonoauce » pouTMter iesBoillies qui sont aur les rues, afla qu'elles /uix«if/i^w H oA'Af tt aeeommodia dei eaux du ciel, b

* OrdonniiDeM de Henri IV, vol. V°, cote S X,fol. 11.— Blanchard, Compilation cbronologique, col. ISiH.

> Non* ne Bavons si te capitaine Lamothe, dont il est question dans les leUrea-pat entes, est distinct do c^itaine LaOeur, dont il est parié dan* le Uercure : si ce sont deux personnes distinctes, il livX ajouter UD nom 4 celU des entrepreneura.

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PRÉVOTÉg DE WRON BT DE BANGUIH ; LSUII8 TRAVAUX. 693

(l'entrée sur cbaque muid de vis'. Ce service, ainsi fondé d'une manière solide et régulière, n'eut plus besoin que d'être développé au temps de Louis XIV, pour arriver  une oi^anisation complète.

L'assainissement des voies publiques fut complété par l'élargissement des rues, le bon état dans lequel fut mis le pavé de Paris, l'augmentation des pompes et fontaines publiques. Dans ces réformes et ces créations, même sollicitude, même intervention personnelle et continue d» roi : il donna l'impulsion, exerça une continuelle surveillance, et fournit les moyens d'exécuter tout ce qu'il' ne fit pas lui-même. Il abandonna à la ville, pour couvrir les dépenses, la portion nécessaire des fermes ou revenus publics qui jusque-là entraient dans l'Épai^e ou Trésor : il porta l'élection qui subsistait alors pour le prévAt des marchands et les échevins, mais qui n'avait pas lieu sans son aveu, sur des hommes tels que Miron et Sanguin, dont les talents administratif garantissfdent d'avance le succès *.

Une pariie considérable des utiles travaux, dont nous allons présenter l'exposé, fut exécuté pendant la prévdté, par les soins et en partie aux frais du lieutenant civil, Miron, de 1604 à 1606. Là où l'encombrement des matières dont on voulait se débarrasser demandait des voies puh'jques plus larges et plus faciles, Miron en ouvrit. 11

> Uercnre françoi», 1. 1, fol. Seo verso, 861 recto. —Traité d« la police de Delamarre, coationation, t IV, p. lU et siÛTaDtea.

* Uercure bançolE, aimée laoe, I. 1. fol. 114 recto et Tsrso. « Ken B que c'est le roy qui donue la permiasioii de rwtvoir et qui provitnt a dt quelque» fermes, pour eiIre employé aux embellitttmenU de ta a ville, et qoe tout l'honnenr lui en est deu, loatefois le «oin, le tra- II Yail et la peine que preDueot ceuxqai eiercent la inagiBtratairfl,etc. D — Les pi^ot* des marchands et lee échevins de la ville de Paris » s'esliMDt à U m^'OODst; mait le tout it fait luivant la volonté du Il TOj/: en eeste année le conseiUer Sangnio fut ealeo prévost de* moT' » chonda (en remplacement de Hlron). ■

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su LIV. VU.CH. vin PkViOB DU nUES M PARU.

reataura le pavé partout où U avût été dégradé, et l'établît à nouveau dans bon nombre de rues qui n'en avaient pas encore reçu. En effet, leâ mémotres contemporains dtait parmi les ouvrages remarquables de Miron, <t plusieurs B rues ouvertes et pavées, pour escouler les immondice s et n les eaux croufàsaantes. » Ces mémoires nous af^reanent que le roi imposa à Sanguin, successeur de ce câèbre magistrat municipal, la continuation des mêmes travaux de salubrité et de commodité publiques '.

Nous venons de voir que le pavé de Paris avût déjà été amélioré par Uiron de 1604 à 1606. Sully, en sa qualité de grand-voyer et de voyer-particulier de Paris, * donna une attention et des soins spéciaux à l'extension et à l'entretien du pavage. En obligeant l'entrepreneur Licbaoy à venir lui rendre compte deux fois par semaine de l'étal des travaux et des réparations, en lui imposant, l'an 1608, à lui et à ses subordonnés des règles inflexibles, il porta ce service à un degré d'exactitude, de plénitude, de prompte exécution qui n'a peut-être pas été surpassé depuis *. Le roi prit sa part, et pour moitié au DôoinS) dans la régularité et les perfectionnements donnés à cet établissement. Jusqu'en 1609, la cummune de Paris avait subi les frais de son pavage ; et Ton sût que ces frais sont énormes. L'état du pavage, si important à la fois à la salubrité publique, à l'industrie, au commerce,

■ Ibrcnre fnntôii, année 16oe, fol. iU recto et wtno. On bronve an recto le iliMonra edreasé par le roi h Sanguin, tuccewaur de Ulron.

■ Je ne von* diiay autre dioee ponr toiu exhorter k Toatre deToir, it iinon qne *oaa entuiviei le lieutenant Hiron qui voua a denncé B dsoe cette cliarge ; car ma ville de Paria mub es préToaté, a eaté de » beaucoup embellie de baslimeots pour lea commodiléi publiques.!

■ Hèglanient pour le* comptable* dan* le* (Ecoq. ro;., ch. 179, t. II, p. 131 A, « L>e BieurUchaoy se souviendra ton* le* merciediset

■ Ion* lea *amedi« à andj, de venir rendre compte à monseigneur le B dno de Soi); pour lea pavei de Paris. ■ Suivent les prAscripUoni ddtaillÉaa pour l'exactîtode de ce aarrics.

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PLUSGIUNDBÀBONDlMCeDESUinE.US&llAHITUlfBCONBTnmTE. 695

avait subi forcément les variatioDs cle l'état financier de la ville, tanlôt prospère, tanlât géaé , ou même momentaoémeat ruiné. Henri entendit que ce qu'il avait eu jusqu'alors de précaiire et d'irrégulier cess&t. En 1 609 , U se chai^ea de la dépense de l'entretien du pavé , et ordonna que la dépense fût prise sur les fermes de son domaine ' . Si ce service retomba dans la confuàon après Henri IV et Su\ly, c'est que les gouvernements qui suivirent jusqu'à la belle période du règne de Louis XIV , se départirent de ces r^les *.

L'un des premiers besoins d'une grandecité est l'abondance des eaux pures, qui servant à la fois à une alimeutalion saine, et à la propretédes habitations, désrues, des places, importent souverainement à la santé publique. Dûngé et soutenu par le roi, qui lui accorda spécialement pour cet effet la moitié d'un nouvel impAt de quinze sous sur chaque muid de vin, Miron doubla la quantité d'eau dont Paris avait disposé jusqu'alors. D donna à la ville la première machine à laire monter l'eau qu'elle ait eue, en construisant la mûson de la Samaritaine , attenante au Pont-Neuf et placée dans sa partie septentrionale : l'eau élevée par cette pompe fut distribuée à la fois dans le Louvre, dans les Tuileries, et dans les quartiers voisins de ces édifices ^ U b&tit, répara, ou fournit d'eau qui

' Delamure, Traité d« la police, 1. I, til. XI, ch. 7, t. 1, p. U6. a Aatretoû le prévMt de Paria connaiBsi^t «eul dn piTé de PÛii. En » ce temps, Im commusairee avoUnt le soin qu'il fiut eolreteiiD. u Dtpuii is09, qut le roy a bien voulu qui la dtpentt de Fentrtlien du B pan/ fusipritt sur It» ferma de ton domaitu, ce M>ut les trtsorien

■ de Fraace qui tout des banz à ce* entrepreneu», et qui en ont la

■ jnrMlL-tioa. >>

* Les inoncèB gâniraoi, nIalUt an règne de Lonto XIV, qa'oa IroaTB dans diva» ODTngea, deTleodraleat Irèa faux, li l'on n'j ajoiH tait pour commentaire que Loai* XIV et Colbert le bornèrent à rteommtneer apria ime longae interruption ce qu'avaient d4jà fait Benri IV at SDII7.

■ ■ Le Toi a dit de pini... qu'il avoit destiné las dix sous pour mnid

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696 UT. vn. CH. viu. woltipucatioh des fontaines.

leur avait manqué jasqa'alon, neuf fontainea, et il les plaça avec iatiilligeDce dans les quartiers et dans les lieux les plus populeux. Ces ouvrages exécutés pendant la prévôté de MiroQ de 160< à 1606, furent continués dans les années qui suivirent, et avant la Bu du règne, Paris posséda une multitude de fontaines '. Au mois de mai 1606, quelques retarda avaient été apportés aux constnictioDS ; le rw qui voit à tout, qui s'occupe de tout, écrit à ce sujet à Sully : a Hon amy, ayant commandé au p^vost des 0 marchands de ma bonne viUe de Paris de me mander » quand les fontaines de devant le Palais et la croix du » TirouSr seraient parachevées, et si ce ne serait pas à la D Saint-Jean prochaine, comme il m'avoit asseuré, il m*a B escrit que, à cause d'un arrest qui a esté donné en mou 9 Conseil... cela ne pourrait estre si tost. Et pour ce que t) je désire que les dites fontaines se parachèvent an plus » tost, je vous fais ce mot et vous envoyé ce laquais ex-

■ do Tin, qn'OQ propOROit ponr réparer les roDtaiDes.^ UcoDitniction * dudil pool (le PoDt-Neur), et ordonné qu'on chercbast un antre » ronds ponr lea fontaines, et SToit envoyé t*t Utirtt-pattntti pour

■ cet effect. Sur quoy on a «rreaté qu'au lieude dix soui, il l'en mettra s qaintt, moitié pour It pont tt moitH pour lt$ fonlamu, et que l'im-

I post cessera quand les ouvragei cesseront, n (Elirait des ragulres des ordoDoances, tome III, p. ISS des Preuves de Félibien-i — ■ Do- D rantleadenzonnéesdela prèTostâ du lieutenant Uiron (I60i-I606]... H la maison de la Samaritaine commeiKée ât parachevie. » (Hercnre françoLs, annéts 1B06, t. I, fol. 114 versa.) Le Merr.iire frangoi) est la chronique du temps : il «st impossible qu'il se trompe sur un pareil fait. C'est doue par erreur que le Dictionnaire de^ monumente de Paiû et plusieurs autres oavrages placent l'érection de la Samaritaine sous le règne de Henri III.

< a. Geste belle fontaine que voue avez levie devant le portail du

II palais de Thëmîi (le Pslaia de Justice), toutes ces autres fontaines

■ du PoQcean, des Halles, de ta Hojne, de Sainut-Laiare, de la Craii- » du-Tiroir, de Sainte-Catherine, des Filles-Pénitentes, des Filles- V Dieu. » Remerdement fait par les Parisiens fc M. Uiron ; Paris, 16D6.. — a 11 ',1e roi) a fait (aire iafinitt bellei fonlainet. a (Legrain, Décade, 1. vm, p. i)3, ilt.)

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LES HOPITAUX. KTABLISBEIENT DE L'BOPITAL DB U CHARITË. 697

n près*. » Parées lettres-patentesdii 19déc«mbrel608, le roi ordonna la suppression des fontaines et concessions particulières d'eaux à Paris, et les rendit aux besoins'et à l'usage publics*.

Ed mènie temps que Henri et son gouvernement prenaient ces nombreuses mesures de salubrité, ils multipliaient tes musons destinées à recevoir le pauvre et l'artisan dans leurs maladies : en prodiguant ces secours aux infortunes particulières, ils donnaient en même temps de nouvelles et capitales garanties à la santé publique. En 1602, l'intervention de la reine, les lettres-patentes et les largesses du roi, les libéralité de quelques citoyens bienfaisants, fournirent aux frères Saint-Jean-de-Dieu les moyens de s'établir à Paris. Ils fondèrent au faubourg Saint-Germain un nouvel bdpital , placé d'abord rue des Petits- Augustins, transféré en t606 dans une belle maison avec un vaste jardin, situé rue des Saints-Pères. C'est l'hdpital de la Gbarité d'aujourd'hui. Le premier historien qui parle des frères de Saint-Jean ou frères du la Charité, et de leurs œuvres, s'exprime en ces termes-: « Hs sont très savants es remèdes de toutes maladies... » ils sont hospitaliers non-seulement pour héberger les » passants, mais aussi les malades , mesme de maladies o dangereuses, les panser eux-mesmes de leurs mains, » leur fournir des raédicamenls et les nourrir. Hs vac- B quent aussi à leurs réconciUations (avec Dieu). Si les t> malades meurent, ils leur font le dernier office de » sépulture chrestienne, priant Dieu pour eux , par un » catalogue exprès qu'ils gardent en leur église ^. » Paris eut donc ses frères comme ses sœurs de charité.

< Lettre daroi àSnlljda 18 mai 1600, daae lee (Econ. ro;.,ch, ISI, t, II, p. ISS B, 160 ; dans le recueil des LeUres misîiveg, t. VI, p. «H.

■ Recaell d^s anciennes lois franc., t. XV, p. >tS>34B.

■ P. Ca;et, Cbron. sept., 1. VII, p. 188 B. — SauTil, Antiquités de Pari», I. V,t. 1, p.560.

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6Q8 L. Vl.CH.TIII. L'HOTIL-DlBUilBCONeTItUITBNPAHnEETÂGiUNIM.

La fondation de l'hApilal des fières Saînt-Jeaa fut suivie de près de l'agrandissenient des andens hôpitaux, et dË la foodation de deux hôpitaux DOuveaux. Les érénements de 1606, provoquèreatetdétermiiLèreiit ce grand e£F<M'td'un gouvernement pateniel. PeDdantrétédel606, pendant tout le coors de l'année 1607, la maladie «mtagiuose sévit à Paris, et se répandit dans les localités voisines jusqu'à Saint-Germain, à quatre lieues & la ronde'. Une égale épouvante frappa le peuple et la cour : la consternation publique fût profonde : l'encombrement de l'Bdtel-Dieu de Paris fut extrême et très menaçant. Le roi appliqua un remède proportionné au mal, etdanscette t&che, il se fit seconder par le grand magistrat et le grand citoyen Achille de Harlay, comme il s'étfût aidé du concours de tous les hommes éminents dans ses autres créations. Dès l'année 1606, il cmnmença les travaux à l'Bdtel-Dieu, qui par ses soins et à ses firats, fut en partie rebâti, et considérablement augmenté. Il fit construire la salle Saint-Thomas : il fit également édifier dans l'intérieur de l'Hàtel-Dieu le pont Sùnt-Charles sur lequel on établit BuasitAt la salle Sunt-Charles, bâtie par les libéralités du chancelier Pomponne de BcUièvre '.

■ Lettre dn roi ao connétable da S join ISOfl, et à Sully -dn SI juillet leoe.daos les Lettres mUsivn.t. VI, p. 61S et et*: «Ce lieii(Foiia taineblean) n'eet, IKea mercy, infeeU dt maladie eottagientt comme u tttwM Dilledt Paru.— Si UpoetE Rogmenta à Pari* ft la fin dt c«sle » lune, il faudra qaa noue faciona nos bapteames ailleurs, d — Lettre de VlUeroj à Sully en date du li novembre t6S7, dans les ŒcOD. toj., eh. 171, t. II, p. 30> B. a Sa Hajeati voua s ansti mandé aon ÎD- « teotion sur la demenre fc Noisy de Honseignenr le daupbin, pttU- » qu'il y a tncore de la peile à Sainl-Gemiain. i> Il est impoeâble de supposer que le roi et aee deux ministrea aient été mal intonnéi. Tout m qu'ils disent est confirmé de plus par les annalistes contempoiains, témoins ociilairea.On litdansleUercure fransois,aiuiéel6a6,LI,fol. 110 recto : i La peste dont les Parisiena rurent eflligée en cest esté. ■ Il ^t donc considérer comme erronée, ou comme très inexacte, l'assertion de Leatoile lar l'élat de la «anté publique fc Paria an 16M et 1607.

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iTABLISSBNFNT DE L'HOPITAL SAINT-MARCEL. 699

Après la foiulatioD de l'hdpital de la Charité, après ragraDdissemeatderHàtel-Dieu, deux hôpitaux nouveaux furent créés, et le nombre des h'^pitaux se trouva ainsi qua> druplé.n yavait au faubou^ Saint-Marcel UDQmûsonde santé, nommée la Charité chrétienne, qui avait été fondée parlareine Mai^eriledeProvence, veuve de saintLouîs. Eiï 1607 et 1608, Henri fit reconslruire les anciens h&timents, et eo forma un second hôpital général qui [HÎt le nom d'hôpital Sainte-Amie ou Hôtel -Dieu Saint- Marcel.

L'hôpital Saint-Louis, destiné àrecevoir les pauvres atteints de maladies contagieuses, fut une fondation entièrement nouvelled'unebienpIusgrandeimportaDce.Enl 607, le roi avait consulté le bureau de l'Hôtel-Dieu présidé par de Harlay, sur les édifices à construire dans l'intérêt de la santépublique.Le bureau examinal'eai placement et les dimensions, calcula les servicesque pouvait rendre la maison de santé du taaboui^ Saint-Marcel. On jugea qu'elle n'était pas suffisante pour une si grande ville. L'on considéra en même temps que cette maison étant à l'extrémité du faubourg du côté du midi , l'on serait obfigé de traverser toute la ville, pour y transporter les malades qui seraient logés à l'autre extrémité, et qu'il y anr^t danger que ce long trajet n'étendit davantage l'infection et la maladie. Par ces considérations, le bureau conclut qu'il y avait nécessité de construire encore un autre hôpital. Le roi le fit commencer en 1607, et achever depuis dans toutes ses parties principales avant la fin de son

' Épilogue des vertas da roi dsns le Mercure trancois, année 1610, fol. 484 recto, n L'Hottel-Dieu de ParU rebasti tout de nouveau, n — Félibien, Bistoire de Paris, p. SB4 et 1i72. — Delamare, Traité de U police, 1. IV, tlt. ts, t. I, p. 61B, et table, p. IS. Il ne taal pai confondre le pont SainUCharlM arec le pont de l'Hâtel-Dieu on pont an Double, construit seulement en 1614.

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700 LIT. VII. Ca. VIII. PDNDAnOH DB L*HOPITiL SAINT-LOnS.

règne '. On le coostraisit de fond en comble au nord de la ville, dans aa emplacement élevé et trë»-saÎD, au delà et entre la porte du Temple et la porte Saint-MartiD, à la limite des deux faubourgs de ce nom, alors situés hors dé l'enceinte de Paris. Par le nombre et ta dimension de ses corps d'hAltils, de ses pavillons, de ses logements, de ses cours et fontaines, il fut comparable aux plus grands bâtiments de France, selon la )uste appréciation des contemporains*. Sauvai qui en parlwt dans la première moitié du siècle de Louis XIV, d'après une comparaison raisoonée, en a dit ; « Cet hôpital passe pour le plus n vaste, le plus beau et le plus commode du monde. • Peut-être o'a-t-il pas cessé de mériter cet éloge. L'architecte fut Cbastillon, le conducteur des travaux exécutés sur ses dessins fut Claude Vellefaux. C'eût été peu de fournir à la réparation de la maison Saint-Marcel, à la construction de l'bdpital Saint-Louis, si le roi n'avait pourvu en même temps à leur ameublement, à leur service, à leur dispendieux entretien dans l'avenir. Par son édit du mois de mai 1607, il attribua à l'Hâlel-Dieu dix sous sur chaque minotde sel qui se vendrùt dans tous les greniers de la généralité de Paris pendant quinze ans, ut cinq sous à perpétuité, après les quinze années expirées, à ta charge de mettre en état la maison Saint-Marcel, de faire bàtirrhApitalSaiDt-Louis,depayerle service médical et les gages de tous les employés, de fournir tous les meubles et ustensiles nécessaires aux deux établissements, unis et incorporés à l'Hdtel-Dieu. Leur destination spéciale fut

< Uercore traDi;ou, uinée 1S07, t. I, fol. 121 veno. ■ 11 (le roi) &t n commeocer en ceale aimi«, et depaU aektoer, ce gruid baiUmeot B qui esl hors la porte du Temple, pour eerrir dliospiul aux pestiU- •I rez, et voulut qu'il tusL appelé la maison de Saiiict-Lojs. ■ Quelque! parties accessoires et ssos importance restaient à lerminer lors de li mort du roi : elles furent achevées en 1611.

* Mercure &<uifois, année 1647, t. I, toi. 117 Terao.

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SALUTAIRES CONSËaU&^CES DELA MULTIPLICATION DESHOPITAUX. TOI

de recevoir désormais les pestiférés, c'est-à-dire tous ceux qui seraient atteints par une maladie contagieuse ou par une épidémie. La dépense qu'entraîna leur premier établissement monta à la somme de 795,000 livres du temps, près de trois millions d'aujourd'hui ' . Un fait permet de juger tout ce que Henri IV fit pour Paris en lui donnant ces deux nouveaux hôpitaux. Neuf ans après sa mort, en 1619, une maladie contagieuse désola de nouveau la ville, par suite de la ruine ou de t'afTaihlissement de l'excellente police qu'il avait instituée pour la propreté des rues. Les historiens témoignent tous que les hôpitaux Smnt-Marcel et Saint-Louis coupèrent court au mal et conjurèrent le danger : s'ils n'avaient pas existé, Paris eût perdu autant d'habitants que sous Louis XI : la dépopulation eût été presque complète. Sévèrement averti par le fléau, le gouvernement revint aux édits et à l'ordre établi par Henri IV pour la salubrité publique, et désormais ne s'en départit plus. Les écrivains occupés de la police économique ont signalé l'importance, jugé les effets des établissements du roi relatifs à cet objet quand ils ont écrit en 1705 : « La ville de Paris, grâce à Dieu, et par » l'exacte observation de toutes ces précautions, a été » exempte de la maladie contagieuse depuis près d'un » siècle*. » Aujourd'hui encore, nous n'avons pas d'autres règlements, d'autres préservatifs, an moins principaux et essentiels que ceux établis par sa sagesse. Les travaux d' utiUté publique, dont on vient de voir l'ex-

I K^cneil des andeones lois trangùses, l. XV, p. S2T. — Suival, AuUq. da Paris, 1. V, t, 1, p, Sei. — Félibien, HUloire de Paria, I. XXV, p. 1Î77. — Oelamarre, Traité de la police,!. IV, tit. 13, t. 1, p. SIS. — Plue Urd, quand Paria Tut délivré des maladies contagieuses, et d^ns les anoéesoù les autres maladies ne turent pas plusuoai' breusoa qu'A l'ordioaire, l'hâpital Saiat-Marcel deTÎQt le lieu de codyalesceuue des malades de l'Hûtel-Dieu.

iDelamarre, 1. 1, tiU 11, ch. 6, 1. 1, p. aOS.

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702 L VII. en. VIII. TRAVIUXDIVBKS POUR UnÉNOVÀTIOMDB PARU.

posé avaient tous pour objet la salabrîté et la santé publique: ceux dans le détfùl desquels nous allotis entreront un double caractère. D'une part, ils doivent coDcooriràla salubrité et la compléter. D'une autre , ils créent un bien-^lre inconnu jusqu'alors: ils multiplient et facilitent les communications , donnent l'essor à l'industrie et au commerce. De pins si bon nombre de ces travaux appartiemient exclusivement à la grande voirie, [dusieuis ont le caractère monumental , et inaugurent les progrès de la civilisation.

Dans son plan général pour la rénovation de Paris, le roi recourut à deux moyens distincts. D'une part, il résolut et entrefff'it l'amélioration de ce qui existait : d'une autre, et dans une proportion plus forte, il innova, U créa. Nous nous occuperons d'abord de la première partie de ces travaux, qui consistut dans le changement des anciennes rues de Paris. Peu après son entrée dans la capitale, et dès 1994, il ordonna de couvrir l'égoùt du quartier du Temple, qui répandait ses dangereuses exhalaisons dans le voisinage : il fit percer et b&tir le haut de la rue Saint-Louis, la portion voisine de la vieille me du Temple ; pour cette raison la rue Saint-Louis porta d'abord le nom -significatif de rue de l'Ëgoùt-Couvert. En même temps, et selon tonte apparenceà sa suggestion, le capitaine Marchand, qu'il employa pendant tout le cours de son règne à d'autres entreprises d'utilité publique , achetait une portion des terrains appartenant aux religieuses hospitahères de Saint-Gervais, y perçait et commençait à y bâtir les rues Saint-Anastase et de la Culture Saint>JGervtûs '. Toutes ces rues étaient alignées, spacieuses et saines. Le roi , interrompu dans ce travail d'améliorations locales, par les graves événements sur-

I Delamane, TraiU de la police, VII* pteo-deicripUon, et teite, tit. e, eh. s, 1. 1, p. 80,81. — Sauva], 1.1, L I,p. li.

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LES nUBS ËLAnGIKS DANS PLUSlBtltlS OUARTIERB. 703

veDUBsa dedans et au dehors, àpartirde 1S95, le reprit avec une nouvelle ardeur en 1 60i , et s'attaqua aux quartiers du plus vieux Paris. Miron , durant sa prévAté de 160i à 1606, lui prêta le plus utile concoure. Dans la Cité, deux rues seulement, l'une débouchtint au pont Saint-Michel, l'autre au Petit-Pont, étuentpratic^les aux voitures de charroi. Le roi fit éla]^ par les deux bouts, la me de la Vieille-Draperie, rue centrale au sein de ce quartier, qui partant de la rue de la Juiverie, aboutissait à la rue de la Barillerie et à l'entrée du Palais de Justice. 11 enjoignit de continuer et d'achever l'agrandissement de cette rue dans tout son parcours. H ordonna en même temps d'élargir toutes les autres rues de la Cité. On peut conjecturer avec vraisemblance qu'une partie des rues de ce quartier reçut alors des dimensions moins étroites que celles auxquelles elles avùentété réduites jusqu'alors, et qu'elles passèrent, d'un étranglement de i pieds 8 pouces et de 5 pieds à une largeur de S à 9 pieds '. Les efforts de Henri pour faire pénétrer un peu d'air «t de jour dans les rues de la Cité &rent eu*rétés par sa mort. L'insouciance des gouvernements qui succédèrent an sien , la pauvreté et le mauvais voulinr des propriétaires des maisons, ont maintenu une portion des voies puliUques de ce quartier dans le misérable état où on les trouve encore aujourd'hui '. Les pièces du temps prouvent que Miron, en conformité des ordres du roi,

■ La me de la Vieille-Draperie a reçu ricemmeot le dooi de rae de Goiutaiitine, et la rne de la Juiverie ceivi de rue de la Cité. Noui vanona de relever avec eoiu, an mois de aovembre IBflt, le« dimentions de qaelqaes-noeï des mes de la Cité. La nie Sainte-Croii, qui oovre ear la nie de CoDstantios et qui a été élargie par ce bout, n'a encore qoeS pied» do large dans la partie qui débouche rue GervaiB-Laurent. La rue dse Troie-Conettes est en «queire. La portion de cette rue, qui Ta d'occidenl en orient, a été élargie, probablement du temps de Heori IV; maia la partie qui va du nord an midi, et qui forme li moitié de la rue, n'a de largeur qne 4 pied« B pouces.

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704 L.TU.CH. vin. ORDONNANCE GUR LES PUCESVACOBSBTLESMASUnes.

porta dans deux autres quartiers du vieux Paris, dans le quartier de l'Hàtel- de-Ville ou de la Grève, et dans le quartier Saint-Deois, les améliorations commencées dans la Cité. 11 élargit la rue de la Mortellerie. Suivant l'exemple donné par le roi huit ans auparavant dans la rue Sûnt-Louis, il couvrit l'égoùt du PoDceau en 1605, et ouvrit ou coatioua une rue qui commence à la rue Saint-Martin et finit à la rue Saint-Denis ■. Jusqu'à quel point et dans quel rayon ces changeDients s'étendirent-ils aux localités voisines, pendant la prévAté de Sanguin , digne successeur de Miron , c'est ce que l'on ne peut préciser aujourd'hui.

Le rot ne cessa jusqu'à la fin de son règne, de travailler aux amélioration)! locales des rues de Paris. C'est ce que prouve son ordonnance du mois de juillet 1609, relative aux places vagues et aux masures de la capitale. Dans plusieurs, quartiers, la fureur des guerres civiles , les désastres qu'elles avaient causésdansles fortunes des particuliers, avaient lusse pour traces le désert elles ruines. Peu* son ordonnance, Henri prescrtvit que tous les terrains vagues , au moins dans les parties donnant siir les rues, seraient couverts de bàtiments,et que toutes les maisons tombées en ruines Heraient remplacées par d'autres nouvellement bâties. Ces diverses constructions

■Legrain, Décade, 1. VIII, p. 4i3. « Le» raes de Pans en oucinu

u quarliert eslorgies, spécialement celle de 1b Vieille-Draperie, par lea u deux bouls, avec ordoDaance de paracbever de l'eslarprtout a fait, n enêtmhte touUi tet autits de la Cité, les rues estroitei de laquelle H teimoigaent le peu de cariosité et deipense de nos ancieiis es preu miers règnes, quoiqae trëd grands, D'eataos telles rues capables de u coches, caresses et autres voictures de telle commodité, que l'on » n'y voyoît lors. » Outre les rues de la Cité, tes contemporains ciUDt encore les mes de la Martellerie, du Ponce&u, etc., comme perches, élargies ou sssaioies sous Miron (Reoierciement fait [ler les Pariûens: Paria. 1606.) — Jaîllol, Recherches critiques, historiqaes et lopognphiqucssur U ville de Paris, tome 11, quartier Saini-Denys, p- tl, it.

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CnBATIOHS POUR LA TBiNSFOMlATlOlf m PARIS. 705

ftirent soumises aux alignements et aux devis fournis par le graod-voyer Sully. Les difficultés que pouvaient op~ poser les hypothèques prises sur ces biens , l'état des mineurs , les privilèges de l'Éghse , furent levées par la disposition de l'ordonnance qui prescrivit une vente au plus offrant et dernier enchérisseur à court délai , nonobstant toute opposition, et l'obligation imposée aux adjudicataires de rebàdr des maisons, et d'y mettre à l'instautdes ouvriers '.

La mort du roi arrêta les salutaires changements commencés par lui dans les voies publiques du vieux Paris. L'insouciance des gouvernements venus après le sien, le mauvais vouloir des habitants, et parfois la gène des propriétaires, maintinrent une multitude de rues de l'Université, de la Ville, et surtout de la Cité, dans le déplorable étal où nous les voyons encore aujourd'hui, les habitants dans le malaise dont ils avaient souffert jusqu'alors. Ni l'un ni l'autre, heureusement n'inQuèrent sur l'état sanitaire. Grâces aux autres mesures de salubrité publique, que Henri avait établies, et auxquelles on revînt après une courte interruption, Paris n'eut qu'un seul retour de maladie contagieuse en 1619, et depuis lors en a été exempt, conmie nous l'avons constaté {4us haut.

Nous venons de nous rendre compte des mesures partielles et locales , auxquelles Henri recourut pour changer et améliorer les rues de Paris, après les avoir assainies. Occupons nous maintenant des moyens d'ensemble qu'il mit èa œuvre pour transformer la capitale *.

< decaeil dea aDciennes lois fraDgaises, t. XV, p. 8SS, SS9.

* Le Uercare traoçoie, qui est la chrgiiiqu« du temps, a trèa-juale-

ment et Irës-viTement eiprimélacontiauellepréoccupatlDD et lea tra-

vaux infinis du roi pour la (ranstormatioa de Parit, quand, après avoir

indiqiiÈ la pnblicalion de (Uven éctita MtiiiqaeB, il a ajouté, aaaée

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706 L. VII. CB. VIU. PLAK OU ROI. LBS VOIES ET 1I0TEN8 D'EXBCimON.

Du jour où il fut libre de sa guerre cootre l'Eapagne et conb« la Savoie et où il vit les fortunes des habitants réparées, il conçut pour Paris les projets d'immenses* améliorations, et il embrassa dans ses plans les trois grandes subdivisions de la capitale, la Ville, la Cité, l'Université , comme les faits vont l'établir. Il résolut d'augmenter le nombre des quais et des ponts ; de fûre construire des portions de quartiers nouveaux dont les ruesseraientlargeset alignées; de donner à ces quartiers des places publiques servant à la fois à la salubrité et à la décoration ; de border les rues de maisons d'une dimension plus vaste et d'une bâtisse plus solide et plus à l'abri de l'incendie que dans les âges précédents, sonmises à la règle d'une construction uniforme , astreintes aux lois d'une architecture sans somptuosité , mais réunissant lesdeux caractères d e la convenance et de la dignité ; enfiii,depercerde nombreuses larges voies nouvelles, partant d'un point commun, et s'étendant dans toutes les directions. D devint non-seulement le premier auteur , mais l'actif artisan de ces embellissements, ou [^utôt de cette transformation, en faisant lui-même construire un certain nombre de ces maisons nouvelles ; en distribuant à peo près gratuitement aux particuliers des terrains dépendant de son domaine; en facilitant, par l'intervention de son autorité , les achats de terrains bits aux communautés religieuses ; en formant des compagnies de construction ; en donnant à tous les dessins et les plans qui devaient les guider dans les ouvrîmes k entreprendre. Dans le présent, il fournissait ainsi à une partie de la population des habitations plus saines , plus commodes , plus élégantes ; à la voie publique des communications plus faciles et plus directes ; à la capitale de la France

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COHSTRUCnOH OB LA PLACE ROVALE. 707

quelques monuments qui commençaient à la ranger parmi les nations amies des arts. Ce qu'il accomplit fat énorme : ce qu'il projeta et commença fut immense. Ses œuvres achevées et ses projets laissèrent une trace ineffaçable , un impérissable souvenir ; il prépara dans l'avenir toute une révolution : les gouvernements et les administrations municipales qui ont changé la face du hiJeux Paris du moyen-i^e n'ont fait qu'appliquer ses idées, suivre l'exemple qu'il avait donné.

n s'attacha d'abord à la subdivision la plus considérable de Paris nommée la Ville, et dans cette subdivision au quartier Saint-Antoine et au quartier du Temple ou du Marais, qui, sans absorber à beaucoup près son attention et son intérêt, le préoccupèreut cependant durant tout son règne. L'emplacement de l'bôtel des Touroelles et de son parc appartenait au domaine de la couronne. Cette ancienne demeure de nos rois, abandonnée depuis la mort funeste de Henri 11 , ne présentait plus que des ruines et un désert : elle servait de marché aux chevaiuz. Dès l'année 1604, le roi y avait commencé un superbe bâtiment destiné à loger les ouvriers en sole '. En 1 605 , il résolut d'y construire, comme annexe au quartier Saint-Antoine, toute une portion de quartier nouveau, avec une vaste place au milieu , nommée Place royale. n bâtit à ses lirais le pavillon du roi qui reganie la rue Saint-Antoine ; le pavillon de la reine situé à l'opposite; tout le cdté de la place parallèle à la rue Saint-Antoine : ce câté , il le couvrit de maisons qu'il vendit ensuite à des particuliers. Il offrit d'immenses avantages à l'industrie privée , pour l'intéresser à faire ce qu'il n'exécutait

< p. Cajet, CbroD. sept., 1. VII, p. 183 A. a Aa IGOt. Aa commeo-

■ cemeot de ceste ftnnée, le Roy a Tail aiusi commencer nu auperbe

■ bastiment au parc des Toamellcâ, pr6s la porte Sainl-Anlhoine, • pour loger 1«« ouvrier! dea niaonfaclnres du tojw. »

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70S iiV. vil. CB. Vlll. DESCRIPTION DE LA PU.CB ROTU-S.

pas lui-même. Il concéda les terrains des trois autres côtés de la place à ceux qui voudraient y coostruire , eu n'exigeant de chacun'd'eux qu'un cens ou redevance annuelle d'un écu d'or; mais à la charge que les preneurs y ferfùent bâtir des pavillons conformes aux dessins qui leur seraient fournis par son gouvernement. Pour empêcher que la symétrie de la place ne fût altérée dans l'avenir, il ordonna qu'aucun des pavillons ne pourrait être partagé entre cohéritiers, mais qu'il serait mis dans on lot, ou leur appartiendrait par indivis. La Place Royale, dans sa distrû)ution générale, n'a pas été altérée jusqu'ici. JElle est régulièrement carrée. Elle a neuf pavillons à trois de ses côtés , et huit seulement au quati-ième côté, ce qui fait en tout trente-cinq pavillons. Ils sont tous bâtis de pierres de taille et de briques, couverts d'ardoises ; ils sont tous , sur leur façade , du même desûn , de la même matière , de la même largeur , de la même hauteur ; il n'y a d'exception que pour le pavillon du roi et le pavilloa de la reine , lesquds sont plus élevés que les autres et ont une décoration architecturale plus recherchée. Les trente-cinq pavillons sont supportés sur le devant par une suite d'arcades, larges «le huit pieds et demi, hautes de douze, ornées de pilastres d'ordre dorique. Les arcades forment des galeries couvertes d'une voûte surbaissée, qui régnent dans le pourtour entier de la place , et qui offrent en tout temps un abri contre l'intempérie des saisons. Du pied des galeries jusqu'à une certaine distance , la place est pavée dans la largeur d'une rue. Le milieu de la place est entouré d'une grille. I<e vaste espace que renferme cette grille fut destiné par Henri IV à deux usages : il dut servir , i certains jours , aux tournois et aux exercices militaires, et pour cette raison fut nommé Champ de Mars; il dut servir ordinairement, habituellement, de promenades

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ÊUIGEB SUCCESSIFS DOHNtS A CETTE PLUE. 709

aux habitants, malsainement entassés et emprisoimés dans leurs mtùsoDS. comme le disent seslettres-patentes'. La {dace Royale a cinq mille cent quatre-vingt-quatre toises en superficie. L'architecture des pavillons et des arcades est parfaitement appropriée à l'usage, et a im style et un caractère à elle. Au dehors , c'est une sorte de noblesse résultant du vaste développement des constructions, de leur régularité , de la continuité des arcades et des pilastres; c'est encore la propreté et la gaieté résultant de la nature des matières employées. Au dedans, les habitations sont spacîemes, aérées, saines, commodes. La solidité des maisons est à toute épreuve : bâties depuis deux cent cinquante ans, aucune d'elles n'a demandé encore ni grosse réparation, ni reconstruction. Au commencement du xvn' siècle, et longtemps encore après, la place Royale, par sa grandeur et par son ordonnanc«, a été la plus belle place de la France et de l'Europe. Les contemporains réclamaient avec un juste orgueil cet bon* neur pour leur temps et pour le règne de Henri IV; ils disaient : «.Les bastiments du Parc royal n'ont aucun n lieu dans toute la chrestienté qui leur puisse être comn paré. » Les hommes de la génération suivante confirmaient cet éloge, et terminaient l'appréciation raisonnée et la comparaison qu'ils en faisaient avec les autres monuments de ce genre par les paroles suivantes : « Tous » conviennent que c'est la plus grande et la plus réguii Hère place du monde, et que n ■ les Grecs ni les Romains » n'en ont jamais eu de semblable. » La place Royale était une magnificence pour Paiis, un honneur pour la

< Lettreg-pKtentea de Henri IV, du mois de Juillet 160B. « Laquelle » i^rande place butye des quatre cotei.... par mesme moyen pulue a servir de proomeaolr au habitanta de nostra ville, ieaqoeU «ont tort D preaaci eu leun m^aona, à came de U moltitude du peupla qui J g afflue de tous cotei. a

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710 L. vn. CB. Tm. cuftinoM d'une puitib de oduhibr nodtsao.

France; elle élail, en outre, le palus do tiers-état, le Louvre de h bourgeoisie, élevé par un prince qui comprenait que cet ordre était l'une des grandes forces du pays. Au rez-de-chaussée, au fond des arcades, se trouvaient, pour le commerce, des boutiques spacieuses, placées dans les conditions à peu près pareilles à celles où se trouvent aujourd'hui celles du Palais-Royal et de la rua de Rivoli. Au dessus plusieurs étages destinés à recevoir la magistrature, la bonne bourgeoisie, la finance.

n faut remarquer avec soin que le roi avait construit par le fait, dans l'intérieur de la place Royale, quatre rues bordées de maisons d'un cdlé. 11 lit percer en même temps les cinq rues, garnies de maisons de deux cAtés, qui conduisent à cette place et qui en donnent l'entrée ; toutes, hormis la première, furent dans le principe appelées royales du nom de leur fondateur. C'étaient, depuis la rue Culture-Sainte-Catherine jusqu'à la place, la continuation de la rue des Francs-Bourgeois j et depuis la place jusqu'à la rue des Toumelles, la première moitié de la rue du Pas-de-la-Mule : c'étaient encore ta rue allant à celle des Egouts , la rue de la Chaussée des Minimes, la rue Roy^, toutes alignées, et ces deux dernières laides de quarante pieds ' . Ces rues se trouvaient

1 Pour Ih trob paragraphes relalib h la place Royale, voir les Lettres-patentes de Henri IV da mots de juillet liOS, onfinnant les contrats tails arec diTers pour les terrains de la plice Royale (Archives, section judiciaire. Ordonnauces de Henri IV, S* volume, XX, fol. M4. — Ueroure francola, année 1607, et amiée IBIO, t, I, fenUetstlT TerM, ns. 48S recto. — Lsgraiu, décade, Ut. VUl, p. tlS. — Sauvai, liv. I, t. I, p, il; Ut. VI, t. I, p. «15, 6%e. ~ Pour les cinq mes donnant entrée k la place Royale, Tolr : Delamarre, 1. 1, tit. VI, ch. T, 1. 1, p. 83. — JaiUot, quartier Sunt-Antoine, t, 111, p. as. M. Uiare, p. BST. — L«s Lettres de Henri IV montrent avec quelle ardenr il lUiT^ les conatnictione de la Place Royale, quelle atteniioo il apportait à tous les délaile, et nolamment à la symétrïe, pour lea paTilloni da cette place, n écrit à Sully, le 17 avril leoT ■ Je ■ TOU recommaDde 1« Place Rot/att. J'ai apri* p&r le contiolkot

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CONSTRUCTION DE LA PLACE DAUPHIKS. 7lt

à qudque distance de celles de l'Égout-Sainle-Catherine, du roi de Sicile, des rues Percée et du Figuier, et de viogt autres pareilles, tortoeuseit, fangeuses, et si étroites, si embarrassées, que les unes étaient même impraticables aux chevaux, et que daus les autres deux voitures ne pouvaient passer de front '. Toute la pensée de Henri IV se trouve dans ce contraste. Par la splendide addition de la place Royale et des mes attenantes, faite au quartier Saint-Antoine, le roi rendit pour longtemps ce quartier le plus beau et le plus recherché de Paris.

n appliqua ces plans, étendit ces constructions h deux autres quartiers de la capitale. Au commeocemeat du xvi' siècle, deux Uots avaient été ajoutés à l'Ile où la Cité est assise, et en avaient formé la pointe occidentale, entre la sortie du Palais de JusUce et le Pont-Neuf; c'était encore un emplacement vague du temps de Henri IV. Au mois de mai 1607, il y &t commencer la P/dce Daupfàne et tes constructions attenantes, sur une superficie de 3,120 toises et demie d'ensemble, ainâ que le portent ses lettres-patentes '. Le premier président, Achille de Harlay , auqufil la concession du terrain à titre de propriété

B DoDOD qa'il se tronvoit qnelqne difflculti avec les entrepreneUT* 9 ded rnsnotactarei, pour ce qu'ils vouloieat «battre tout le logis : ce » n'est pas mon advis, et me semble que ce seroit assez qu'ils ftseent a une formede galerie devant, qui aurait la face de mtimt le vule. n Noos dirïODB aujourd'hui" façade. (Sully, Œcoo. roj. , cb. lAB, p. ISfl, A).

I Voir les lettres-patentes du H mai 1771, TelalÎTes à la rue de 1 Égout-Sainle Catberine, nommé maintenant rue du Val-^ûnte- Calberine.

> LeUres-patentes de Henri IV du M mù 1607. « Toutes les dictes i> places conteniint eosemble S.llO toise« l/S , pour en jouir I) par le dict premier président, ses boira et ayant cause, aoz cbarnei » et conditiiHis exprimées au contracl d'adjudication da 10 marslSQT, B par MM. les commissaireB du Soj. i — Par une lettre écrite à Soi); en date du i> mai lEDS, Henri presse les trayaui de construction à ezécnter k la Place Daupbiue : -voir se* lettres dans les (Econ. rojr., ch. ISl, t. Il, p. 2il B.

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7<SL.VI],CB.mi.RDBBNOUTCLLBSPERCfcE8ETBftTIBSMH8LETOI8IIUGe.

avait été faite, moyennant une redevance annuelle et perpétuelle d'un sou pour chaque toise, et sous la condition de se conformer aux dessins fournis par le roi pour les constructions, se chargea de ce grand ouvrée. La place Dauphine prit la forme triaugulûre du terrain même sur lequel elle était établie : ce triangle eut pour base la rue de Harlay, rue lar^ de vingt-sept pieds, alignée, bordée des deux cAtés de musons. La place eut 61 toises de longueur, avec deux ouvertures, l'une vers le Palus de Justice qui recevait une nouvelle entrée, l'autre vers le Pont- Neuf. Elle fut garnie de maisons des trois cAtés : cette observation est loin d'éb>i inutile, puisque plusieurs . placée, même des plus magnifiques, n'ont des édifices qoe d'un seul côté, et que du temps de Henri IV le nombre des maisons nouvelles, des habitations plus sfdnes et plus commodes, avait la plus grande importance. À la place Dauphine comme à la place Royale , toutes les maisons furent b&ties d'après une exacte symétrie, et avec les mêmes matières, c'est-à-dire en briques avec des cordons de pierre de taille : elles furent supportées et décorées par des arcades que de mesquines et inintelligentes appropriations ultérieures ont fait à moitié disparaître, mais qui sont encore fort reconnaissables dans la plupart de ces maisons. L'établissement de la place Dau^lune devint le point de départ de vastes construcUons nouvelles. A la rue de Harlay, s'ajoutèrent la rue Sainte-Anne projetée et tracée dès lors, exécutée quelques années plus tard ; la rue Sùnt-Louis ouverte et bâtie en partie sous ce règne, achevée sous le règne suivant. La rue Saint- Louis partant de la rue de Jéru^em, aboutissant à la me deBarillerie, continuait le quù des Orfèvres, et établissait la communication entre le Pont-Saint-Michel et le Pont-Neuf ' . La

I JtuUot, Recherchu critiquas, hùtoriqaeB et tapogT^>liiqueB iur la Tille da Paria; Parit, ITTS, ia-8*j t. I,f. 7ft. ■ Rue Saint-Looi*. EU»

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ETABLISSEMENT D'ime BOURSE A LA PLACE DADPIHNE. 713

ligne du quai de l'Horloge , uon-seulement depois le terre-plein du Pont-Neuf jusqu'à la rue du Hariay, mais aussi depuis la rue du Harlsy jusqu'aux oiiu^ et aux touTB du Palais de Justice et à l'entrée de la Conciergerie ; la ligne du quai des Orfèvres entre le terre-plein et la rue de Jérusalem furent bordées de maisons construites sur le modèle âe celles de la place Dauphine. L'établissement de la place Dauphine, les constructions élevées autour et dans les localités environnantes donnaient k la Cité plusieurs ru.es nouvelles, beaucoup d'habitations particulières, pour la boili^^eoisie et les diverses industries parisiennes, et une place publique, qui présentaient le plus frappant et le plus heureux contraste avec tout ce qu'on trouvait dans la partie vieille de cette subdivision de Paris, où le roi faisait pénétrer les progrès bienfaisants et les arts de la civilisation.

Étudiant sans cesse les besoins publics, et empressé d'y satisfaire, le roi destina en partie les constructions nouvelles à fournir au commerce de Paris un établissement qui lui avait manqué jusqu'alors, une place de change ou ime Bourse. Le journal du temps dit à ce sujet : « Jl avoit B fait faire le Parc-Royal à dessein qu'il dût servir de n place de change ou de Bourse. Mais étant en un coin » de la ville, et trop loin du palais, où tous les banquiers » ont toujours affaire à la sortie de ta cour , qui est à D l'heure du change , il tommença cette année à faire » bâtir la place Dauphine , à la pointe de l'Ile du Palais, » et d'un lieu qiii était comme inutile en faire la plus

e aboutit an pODt Saint-Michel et aa qaù de« Orfèvre*. On eommtnfa a à l'ouvrir foui le rigne de BenrilV, ponr tadliter la COmmuDicalioD 0 avec le Pont-Nenf. a Cette rue, acheTée en 16S3, portait eDCore le nom de nie Sainl-Uiuis en 1807; depaia OD en a fait la continnaUoD du quai des Orfarree et on lai en a donné In nom. La rae Sainte-Anne, projetée aons Henri IV, tut percée ou achevée en 16» (U. Laiare, Uict, adoiintetratif et biiloriqoe d«s raes de Puis, p. Bit, VU).

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Tfl UV- vu. CH. VIII. LA RUE OAIIPHING ET TROIS AUTRES PEBCËKS.

1 belle et la plus utile place de Paris'. « Ainsi, qu'on le remarque, noD-seulement une Bourse fondée pour le coDimerce, mais les commen^nta et les banquiers rapprochés des tribunaux ordinaires, où les appelaient les afi^res qui n'étùent pas du ressort des tribunaux de commerce établis par Lhospital, ou qui n'étaient pas jugées souverainement par eux.

Henri fit participer le quartier Saint-Gennûn aux améliorations dans la voie publique et dans les habitations particulières qu'il avait introduites dans I^ quartiers de la Cité et Saint- Antoine : de plus, il établit des communications directes et faciles entre les trois ^ndes subdivisions de Paris, l'Université, la Cité, la Ville, tant par la construction du Pont-Neuf, dont nous parlax>ns fJus tard, que par l'ouverture de Douvelles rues qu'il fit percer au quartier Saint-Germain. Pour l'exécution de ce dernier dessein , il se servit d'une compagnie dont Nicolas Carel était le chef, mais k laquelle il donna direction et protection , et qu'il subventionna {tour une partie de la dépense. En 1606, et au mois de février 1607, cette compagnie acheta l'bAtel ou collège de L'abbé de Saint-Denis, une ruelle qui touchait à l'hôtel de Nevers, quelques maisons appartenant à des particuliers, une portion du Jardin des Grands-Augustins. Elle ouvrit une rue partant du Pont-Neuf et aboutissant à la porte de Bussy. La rue fut nommée Dauphine, en l'honneur du dauphin, depuis Louis XIII : elle fut percée presque aus^lôt de trois autres rues, de la rue Contrescarpe, et des deux rues que ie roi appela d'Anjou et Christine, du nom de deux autres de ses en^ts, à l' applaudissement des Parisiens, qui voyaient avec bonheur se resserrer les liens entre la nation ut une royauté amie du bien public. La me Dau-

■ Uercore frantoii, année IBtS, 1. 1, fol. 111 veno. Non* us reprodnîMiu pu l'ortogr^ihfi da tampi.

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PLANS, MATÉRIAUX RASSEMBLÉS, POUR CONSTR UCT. AL'ILESI-LODIS. 7I5

phine reçut originairement une lai^ur de six toîses ou trent«-siz pieds ; les deux autres une largeur moindre, mais proportionuée : elles n'ont cessé de l'avoir, que parce que les gouvernements qui succédèrent à celui de de Henri IV, détruisant ces dispositions primitives, permirent aux particuliers, moyennant argent, de reprendre une partie du terrùn affecté à la voie publique. Les quatre rues furent soumises à un exact alignement, comme toutes celles ouvertes par le roi. Elles reçurent en peu de temps deux rangs de maisons d'une élégant» strocture. Nous apprenons, par le témoignage des annalistes contemporÛDs, quelesconstructionsentreprisespar Henri à la place Royale, à la place Dauphine, dans la rue Daupbine et les rues attenantes, furent toutes achevées vers la fin de son règne ' .

Nous venons de voir ce qu'il exécuta : si importantes, si considérables que fussent ces créations, elles ne formaient cependant que la moindre partie de ses desseins pour la complète transformation de la capitale. Occupons-nous des grands et utiles projets qu'il conçut, des plans qu'il arrêta et commença, et déterminons ce qae les gouvernements venus après le sien en remplirent.

De son temps, les deux petites lies dont la réunion a formé l'Ile Saint-Louis aetuelle, n'étaient encore que des

' Lestoile, SupplAment au KegiBtrs-joiimal da règne de Henri IV, p. tIB, relativement aux achats faits et bue contrats paasâs par la compagnie Corel, et relativement 6 l'aide que doniie el aux aubventioDs que Coamit le roi pour le percemeot de la rae Daapfaioe. — Pour les Bulrei délaiU, LegraîD, décade, 1. VIII, p. tll. — Hercore françoÎB, année 1601, toi. 317 verso, SIS recto, a Les bastimenls de la » rae Dauphioe qui ont ét4 commeneei et achevei de «on r^oe. ■ — — Dekmarre, 1, i, tit VI, ch. 7, t. I, p. SI, pour la largeur originaire de la rue Daupbiae. Encore «ujourd'liiii, au fond de quelques cours, on trouve la tagide des maisons b&tiéi da temps de Henri IV, «t la preuve de la laideur originaire de la me.

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716 L.VII.CH.vni- SUITE DES CONSTRDCTIOHB A L'iLB SAINT-LODIS.

terrains de vague pàtnre, comme l'indique le Dom de l'île aux Vache$ que l'une d'elle portait : l'autre se nommait rUe Notre-Dame. Sur cet emplacement, dont la position et la vue étiùent admirables, il résolut de faire tout un quartier nouveau, de le percer de rues régulières , de le couvrir d'habitations nouvelles, de l'entourer de quais, de le relier par des ponts de pierre aux grandes subdivisions de Paris, l'Université et la Ville. Au moment de sa mort, tous les plans dressés sur son invitation par Sully, étaient arrêtés, et il avwt même donné l'ordre à Gbrislo[^e Marie, entrepreneur général des ponts de France, de se pourvoir d'un immense amas de maténaux, tant pour la construction des édifices publics, que pour celle des maisons particulières ' . En succédant à son gouvernement, sa veuve et les ministres de la régence subirent pendant quelques années ces grandes idées, n'osèrent toutd'abord enrépudierl'héritage. En 1611,1e dessein de b&tir dans les deux lies fut arrêté, et te contint pour le mettre à exécution fut passé le 1 9 avril 1 6 W avec Christophe Marie, qui demeura chef de l'entreprise , et qui s'adjoignit divers associés. Marie commença dès lors la bâtisse du pont qui a retenu son nom, et des quatre quûs qui bordent l'Ile. Ces travaux se poursuivirent et s'achevèrent dans le cours du règne de Louis Xm , et dans les premières années de celiii de Louis XTV. En même temps, sur les terrains cédés par Marie à divers entrepreneurs et à des particuliers, sept mes alignées et d'une suffisante largeur furent percées : on vit s'élever une multitude de maisons, toutes construites dans les mêmes conditions de salubrité, de commodité, de convenance, qu'à la place

< Delunarre, 1. 1, p. S>. >> Le roi défont [Henii IV} l'année mfioie de D son décès, avait fnrmé le dessein de faire baslir l'iele Notre-Dsme. » Le ■ due de Sully, grand-voyer de France, avait reçu les ordres d'en B faire dresser le plan, s L'tle Notre-Dame ou l'Ue Saint-Louis sont la même chose.

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DOUBLE IDfcE DU HOI POUR LA PORTE ET PLACE DB FRANCE. 7l7

Royale, à la place et à la rue Dauphioe, et quelques hdtets d'une somptuosité remarquable. Daus la bâtisse des maisoDS, on voit reparaître Caret, l'entrepreneur de la rue Dauphine : la moitié de la rue de Saint-Louis en rile porta longtemps son nom <■

On ne perdra pas de vue que l'établissement d'uneportioD de nouveau quartier autour de la place Daupbine ; que la création de tout un quartier nouveau à l'île Saint- Louis, attaquaient et combattaient de deux câtés à la fois le misérable état et l'insalubrité de la plus vieille subdivision de Paris, de la Cité; offirûent aux populations les moyens d'émigrer et de se placer dans des conditions d'babilation dont l'excellence n'a pas été surpassée depuis.

Henri IV fut préoccupé, les deux dernières années de son règne, d'un projet qui en couvrant d'édifices les vingtcinq arpents de la Culture-du-Temple , nommée par les contemporains un désert, devait à la fois donner au quartier du Marais, une seconde partie plus magnifique que ne l'étaitla place Royaleponrlequarlier Saint- Antoine; doter Paris de halles et de marchés nouveaux, et en pénétrant les divers quartiers de la capitale par des voies nouvelles, en changer entièrement la face et la transformer.

Mais dans ce projet, aux vues administratives se mêlèrent des idées politiques si élevées qu'elles les dominent, et que sans les faire complète [oentdiaparaltre,elles les relèguent surle second plan, Depuislaréuniondela Bretagne sous LouisXII, l'unité territorialeétaitfondée; l'unité nationale était loin de l'être. Du temps de Henri IV,quand les geosdupeupleenProvencefaisaientun voyage dansles provinces vobines, ils disaient qu'ils allaient chez les Français,

■ Oelamarre, Traité de la police, la légende de la carie iotercalée eatre les p. 80, Si, et eo outre le teile, p. 83 du tl. — Sauvai, Hirt. et recherub. dea antiquités de la ville de Paris, liv. I, t. I, p. DO, St.

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718l. VII CE. VIII. L'lDteËCON01ll<ltIBETI(ONUXENTAl.B, l'idée POLinQUE.

qu'ils allaient en France, admettaotbien qu'ilsétaient attachés à ta France par annexion, maisoesecoosidérantpas comme réunis à elle, fondus dans elle. En Boulogne, en Provence, en Languedoc, en Bretagne, le sentiment des natioùalités provinciales, poussé à l'excès dans quelquesunes des populations, avait été pour moitié dans la Ligne, dans ta guerre contre le corps de la nation et l'autorité du prince légitime. Ces écarts n'avaient pas jeté Henri .dans les maximes du pouvoir absolu. Il comprenait trop lout ce que la personnalité, l'individualité, l'autonomie dans une certaine mesure, donnaient d'énei^e et de ressort aux peuples, et il av8|jt conformé tous les actes de son gouvernement à cette lÛtérale conviction : c'est ce qui éclate dans ses rapports avec les pays d'Étak, avec lea autres provinces, avec les villes municipales '. Mais en respectant et en entretenant le principe des' nationalités provinciales, il voulait lui dter ce qu'il avoit eu d'aveugle et de funeste dans le passé, ce qu'il pouvait avoir encore d'exclusif et d'exagéré dans l'avenir. H voulait établir un ordre de choses où les diverses provinces ne se considérassent plus que comme membres d'un même corps, ayant Paris, non pour organe m^tre au point d'être à peu près unique, mais pour centre et pour cœur ; où les diverses populations vécussent d'une vie commune, s'inspirassent des mêmes pensées et des mêmes sentiments. Il entendait que toutes les provinces, au jour de l'attaque del'étranger, pussent se lever comme un homme ; que durant la ptùx, pour les grands desseins intérieurs, pour le perfectionnement des institutions, elles pussent vouloir et résoudre comme un homme, seulement un peu plus lentement. 11 avait donc résolu de créer une centralisation, une unité et une indivisibibté nationale,

' Voit ci-deUDi dans ce tolome, 1. Vil, ub.l, p. 6-35.

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