VII. CH. VIII. FONDATION DE TROIS CHAIRES NOUVELLES
de la bibliothèque royale ' . Toutes les anciennes chaires fondées par François I" et par les derniers Valois furent constamment et dignement occupées, et l'enseignement donné avec une exactitude et une abondance remarquables, puisqu'un hist(»ien du temps témoigne que les leçons avaient lien chaque jour pendant neuf heures, de sept brures du matin à cinq heures du soir. Les professeurs royaux formèrent dans toutes les parties dont ils étaient chargés de nombreux et savants élèves, qui donnèrent plus tard à la France des hommes éminenls dans tons les genres*.
Ce n'était pas assez pour Henri d'avoir ramené l'institution des lecteurs ou professeurs royaux au point le plus florissant où elle eût été avant son règne, etd'avoir entièrement réparé les désordres des troubles civils, il lui donna une première et remarquable extension, dans la période écoulée entre 1600 tA 1609, en fondant trois chaires nouvelles et deux enseignements nouveaux. H
■ p. Gayet, parfaitement instniit de ce qui coDcernait les protes- *auri, puisqu'il l'était Itti-mS me depsifl 1E96, aa livre lU de sa Chronologie septénaire, t. Il, p. 9S B, CoUoctiou Hichsud, tendant compte des commissairea notnmét pour la conHrence entre DQpairoiijâTèqne d'ÉTrani et da Pie uiï-M orna j, qui ent lieu en 18B0, s'eifo^me de la maniâre auivaiite : a A cèst« occaaion Sa H^esté cboisit...- pour ceux » de la religion prétendue réformée M. Calignon, chancelier de Na- B varrc. peraonnage très docle et Irèe Jiidicieni, et le sienr Caian- « bon, lecteur dt Sa Mojtilé, l'un de» ornements des lettre» humaines a de ce siècle. » Il est donc évident que Cwanbon, en 1600, exerce les fonctions de lecteur ou proteasenr royal ; il les continna jusqu'en I6t8. Mais la chaire qu'il rempSasail était nue seconds chaire, une chaire nouvelle de firec, créée par le roi, et comme il ne l'occupa que de 1599 ù 1603, les listes u'ont conservé les noms que des titulaires des ancienne* chaires.
• Legrain, Décade, 1. VIK.p. 428. « Quant à l'Univereilé, il (le roi) n BToit ses professenre h» langues hébraïque, grecque et latine, et en » toutes sciences : les iofons avoient lieu depuis sept heures du maa liu jusqu'il cinq iiauree du soir, l'espace de neuf heures : se faisoït collège de Cambray, dit des Trois-Évesquea. »
PROIBT D'BNBeiGNBMBHT BNCVCLOPÉDIflUE. 781
établit ea 1 598 deux chaires noavellea pour la théolt^e positive, dont forent pourvus André Duval etPhil. de Gamacbes. Il créa une autre chaire pour ranatomie, la botanique et la pharmacie, dans laquelle il fit monter d'abord Ponson. Après la mort de Ponson, il confia en 1604 cet enseignement au célèbre Riolan, l'un des premiers et des principaux fondateurs de l'anatomie en France, qui pendant vingt ans disséqua plus de deux cents corps humains, joignant toujours la théorie à la pratique, l'explication de vive voix aut opérations de la main ',
Ces innovations n'étaient que le prélude de la libérale etmagnifiquefoadationqueHenrilVprojetaitdepuis longtemps, etqu'il tenta d'exécuter à la fin de 1609.11 entendit que le payseùl un enseignement correspondant à tous les . développements que la science avait pris, non seulement en France, mais dans le monde entier, un enseignement encyclopédique ; que cet enseignement Hit donné par les professeurs royaux, choisis enire les hommes tes plus émiuents de toute l'Europe ; qu'un édifice leur fût pfûrticulièrement et spécialement consacré, et que le corps des professeurs royaux, sans sortir de l'Université, y formât une compagnie ayant son existence propre; ei^n, que ces illustres maîtres fussent placés dans cet état d'honorable aisance qui )>ennet à l'homme de donner à la science toute son attention et tout son temps. La fondation de Henri était celle du Collège royal de France, sur un tout
* DuTil, le Collège royal de France, p. 70. « Venant k la connaûj> aance el amitié de do Lauréat, docte personnage et lora premier » médecin de Henri IV, Ponson impetra et obtint dn ro; par l'inler- D ifSMion dadit dn Laurent nne création primitive et /ondalion partiu euliire de lecteur royal en analomie, botanique el pharmacie, qui lui a tourna k grand bonaem-.... Fatigua de pratique et de ses Uçous n publiques, où il traTaiUail eicesaiiemeDl, il décéda à Paris au mois ■ de juillet lEOS. Il eut pour son successeur et son second Jean Rlo- • Ixm, Pariiieu. H tut docteur de laFacultè de médecine de Paru, l'aa- B née mesme qu'il tut inslitoé lecteur du roy, quiestoitieot le SOjtibi.»
781 LIT.TII.CB.TIII. LE NOKBRE DEB CHAIKBS PORTÉ A TREITTE.
Douveau et fdus vaste plan. Voici dans quds termes en parlent les contemponÙDS :
« Auprès du collée de Cambra;, dil le premier, le Roj avait detji Tait jeUf les rendements de eeluj que l'on ; bMlit maintenant. Auquel il aroU destiné fain une AaiÀimit amplèie dé tmUet tàmces, qui seraient enseignée* ^tuitement par des professeuTs publies, auxquels seraient assignés gage* suffisans. Il ivoitdesji donné diargc de faire provision d'hommas aavanlt, qu'il eust Tait venir de tonUa parla et les eut Tort bien appointei . •
Oq trouve dans un aatre autear du temps les curieux détails qui suivent ;
• Le 23 décembre (1609) te cardinal Duperron, le due de Sullv, le président de Tliou, le conseiller Gillot ', par le commandemeni de Sa Majesté, vinrent recogsoislre les lieui des anciens collèges de Triquel (Tréguier) et de Cambra;, pour ; Taire édifier de nouveau un Coitige rogal, sur trente loises de long et vingt de' large.
• Aux deox bouts de II longueur on devott bastir quatre grandes stllea pour faire les lefons publiques.
) Au dessus de ces salles, on devoit mettre la bibliothèque de Sa Hsjesté, la plus belle qui sait au monde ponr les manuscrits.
■ La Tace de ce collège devait eetre sans aucune demeure : sur le derrière on devoil faire des logements pour les lecleurs, le tonl regardant sur une cour de dix-huil toises de long et don» de large. avec une belle fontaine au milieu.
• Bref ce devoit esire un beau bsstiment et renia de dix miiUticit pour Cenlrrtenemenl du tecleuri*. i
Les 10,000 écus ou 30,000 livres du temps, enviroD 110,000 fraucs d'à-présent , affectés auxappoiat«Enent9 des professeurs royaux, prouvent d'une manière certaine que, dans le plan de ce graud homme, le nombre des professeurs devait être porté à liante, et embrasser toutes
I L'un des aatenrs de ta Satire Mènippée.
• Legrain, Dicade.Uv. Vlll, p. iSS. —Mercure bançois, années 1<W, tSlO, t. I, toi. \in.
D,q,z..3bvGoOgle
C0NSrRUCTIOND'DNtDIFICBN(MJVB«U.TtlAITEIfBHTDft8 PROFESSEURS. 783
les branches de la ecieace sws exception. En effet, nous venons de voir que le roi avait augmenté le traitement des professeurs jusqu'à 300 livres, et l'oD a la preuve qu'il avait eu la pensée constante de l'accroitre encore. Ce projet bienveillant, il l'accomplissait en fixant les appointements à 1,000 livres, et les 30,000 livres affectées au collège royal emportaient nécessairement l'existence de trente chaires. Les 1,000 livres du tempscorrespondent di 3,600 francs au moins d'aujourd'hui , et l'avantage d'un logement dans l'intérieur du Collège venait s'y joindre. Plusieurs professeurs cumulaient une pension faite par le roi avec leur traitement. Les fonctions de professeur royal s'alliaient en outre très bien à des fonctions analogues, et avec la publication de nombreux ouvrages, comme ou le voit par l'exemple de presque tous les professeurs. Un sort digne et favorable aux progrès de la science, ètût donc fait à ses plus illustres reprèsentanb. Le large et beau projet de Henri relatif au Collège royal ou Collège de France, auquel on donna d'abord un commeocement d'exécution, ne tarda pas à être abandonné, comme tous ses autres desseins, par les gouvermeols venus ensuite. Il avait arrêté la construction du Collège royal sur un plan magnifique que son topographe Claude Chastillon, noua a conservé en l'une de ses plan-cbes'. D avait décidé l'acquisition des trois collèges de Léon, de Tr^uier, de Cambrai, sur l'emplacement desquels devait s'élever le Collège royal : il avait réalisé, selon toute apparence, l'achat du collège de Léon , puisque les contemporains témoignent qu'il avait fait ouvrir les travaux préliminaires de fondation *. Après sa mort,
> On troa*era cette planche reproduite dans notre atlas. ■ Daiulspremiite phrase da passage cité ci-dewoa, page 181, Legraio dit : a Auptte du collège de Cambra;, le roy avoit déjà lait Jeter les
78t L. VII. CH. VIII. SORT DD PROJET DLNS LE PBËaBNT BT PUJS TAU.
Marie de Métticis, par respect pour TopinioD publique, et daus ]e but de donner de la popularité à sa régence et au pouvoir du jeune, roi son fils, ordonna d'abord ta continuation des acquisitions et des travaux. Le collège de Tréguier fut acheté le 28 juin 1610, et Louis XIII posa la première pierre du Collège royal le 28 août de la même année : le collège de Cambrai fut encore acquis le 1 8 avril 1612 '. Une partie du Collège royal fut promptement construite, et sur ce qui avait été élevé, Pasquier disait : a Sous ta conduite du cardinal Duperron , il a esté corn- B meacè d'un si superbe arroy, qu'estant parachevé, il » ne trouvera son pareil dans toute l'Europe*. » Mais tout s'arrêta bientdt. L'èditîce resta inachevé , et tout ce que l'on en avait bâti fut détruit plus tard pour taire place à celui que l'on voit aujourd'hui. Les chaires dont Henri avait projeté la fondation ne furent pas créées. Son plan, en ce qui concerne l'érection de bâtiments spécialement affectés à l'établissement et d'une dimension suffisante, le traitement des fonctionnaires, l'èminence des professeurs, te développement et l'universalité de l'enseignement a été ajourné pour plus de cent soixante ans. ' n n'a été exécuté que dans la période comprise entre l'arrêt du conseil de Louis XV du 20 juin 1773, qui donna à l'enseignement une extension et une variété
s fandemenU de calni qu'on ybutitmainteosnt. u La Ugende ea tite dj plan donné par Claode ChasUlloo porte : i Le grand Collège rojal B bàsU à Pari» da règne de Henry le Grand, IV* du nom.» Tont cela suppose dei irafaux de toDdation commencéa.
' La copie deâ actes dans les Afcbivea du Collège de Francs. — Le Mercure françoia, année 161B, tome 1, tolio &1D. aTj vis meUre la ■ première pierre par le ro; le ii soust (iBIO), dans laquelle soni u engruvez ues mots : a En t'an premier du règne de Louyt treixièiHe, II roy da France et de Naoarre, aagé de neuf tau, «l de la régence de u ta royae Marie de Sàidicii, ja mère, 1810. u
1 Psujuier, Recherohei, Ut, IS, eh. 18, tome I, p. M8.
FONDATION DB l'ACADÊITIE DB CBIRUnGIE.' 7SF)
toutes nouvelles , les comniencemeiits du rëgne - de Louis XVI et le milieu du six* siècle '.
Si le temps manqua à Henri IV pour exécuter ce qu'il avait commencé en faveur du Collège de France, il luj fut donné d'élever plusieurs autres établissements , dont l'idée et la fondation lui appartiennent exclusivement. D laissa en outre des projets et des plans arrèrés pour beaucoup d'autres. 11 institua une Ai;adémie de cbirurgie dans laquelle les élèves, sous la conduite des praticiens les plus habiles, gagés par lui, devaient s'exercer aux opérations les plus difficiles et les moins usitées, telles que tes amputations et la taiUe de la pierre; soit aux études et aux pratiques anatomiques nécessaires à la perfection de cet art*. Husieurs hommes éminents de l'époque, entre autres Florent Chrétien, anâen précepteur du roi, avaient succombé sous ses yeux à l'affectioa de la pierre, qu'on ne savait pas habilement extraire
■ Voir rarrél du Cooeell de LouU XV du 20 jniD 1713, et l'extrait àe l'arrêt dans Jaillot, Recherches sur Paris, édit. de I71S, t. IV, p. ISS. Par oel arrât dii-near enseignements sont élahlîs, et nn protea-
aenr iostitué pour chacun d'eux.
On trouve : 1° Pour les lettres : un professeur d'hébreu et de syriaque, uu d'araite, aa de tare et de persan, un de langue grecque, un de philosophie grecque, un d'iloquence latine, an de poisie latine, un de litlërature trançabe. — i' Pour le« ecieacea : un pro&asenr de gëomélrie, un d'astronomie, no de mécanique, un de physique expérimentale, uu d'histoire naturelle, un de chimie, un d'analomie, un de médecine pratique. — 3° Pour le droit et l'histoire : un profeMeur de droituanon, un de droit de la nature et des gens, nn d'histoire.
■ Legrain, Décade, 1. Vlll, p. ^38. n Le roy a ordonné et gaigé un n certain nombre des chirurgiens des plus uipérimentez, pour avoir i> des apprentis, et tenir comme uue Académie de chirurgie, à laquelle B la jeune^ise sirail instruite et dressée aux opéraliODs, suctiODS, aua- » lomies et autres choses nécessaires à la perfection de cet art. u — Morisot, Uenricus magnus, cap. 44, p. 1M. « Academias et collégia^ » insLituende javenluU ad... chirurgiam, mediiiuun, et alias artes, u annuis reditibus dotata.... erezit ornavitque. a
D,q,z.-3bvGoOgle
78S L. Vtl.CH. VIII- JJlBOIN DBS PLINTBS ÉTABLI A HONTPELLIBfl.
à G«He époque.' Il est probable qu'un souvenir fàaux entra dans cette création si éotinemment utile de Henri. Instruit que les étudiants étaient obligés de se rendre en Italie pour a[)prendre la botanique, qui y était devenue très florissante depuis la fondation des jardins de Padoue, de Pise, de Bologne, il résolutde leur fournir dans notre pays les ressources scientifiques qu'ils étaient contraints d'aller mendier chez retraiter : il établit & Montpellier un jardin royal des plantes, le premier que l'on eût encore vu en France, et qui a servi de modèle à tous les autres. Il en vAmÛA la direction à Richer de Belleval, créa pour lui dans la Faculté de médecine de Montpellier une cinquième chaire, avec l'obligation de professer l'anatomie en hiver, la botanique en été, et créa ainsi en France l'enseignement de la botanique (1593, 1595)'. n projeta le jardin des plantes de Paris sur un vaste plan et une donnée remarquable. En effet, parmi les desseins du roi dont l'exécution est prochaine et pour lesquels il ya déjàdesdevis dressés, Sully mentionne le suivant : « PlusuQplan,devisetdésignationd'unlieupropre 0 pour y eslever et entretenir toutes sortes de plantes, arn bustes, herbesetautressimples, avec les hommes etles » choses nécessaires pour yfaire toutes sortes d'espreuves, D expériences et de médecine el d ayricuUtire* .i> Le goaveroement de Louis XIII établit ce jardin en se servant des idées de Henri, tnaisen en retranchant la moitié. Le
1 ■ La Jardin da roi fut couBtroit ea lll9t<,ï la toUicUation d'Andri ■> du Laurent, chancelier de la FacolU de laédecine de Uontpellier, B et alore premier médeeiD du roi Henri IV, qui en donna la direction " à P. Richer, vîce-diancelicr de cette Faculté. Il a lîi grandes allées s principales, dont qnelqaes-anei sont ea ampbiUiéfttre. Celles des w plantcï médicinale» sont élevées et revêtues de pierres... Ce jardiu D contient nn nombre ioflni de plantas, même de* plus rar^s. ■ (EipiUj, Diet. géogr., hist. et polit., t. IV, p. 875 A, B. — Dotlhes, Eloge hist. d« Belle*kl, in-4*, 1788.
* SuUf, (Econ. roj., ch. 1»1, t. il, p. Ml A.
D,q,-Z.-dbvGOOglt'
m AUTRE PROJETÉ A PARIS. CONSERVATOIRE DESARTS ET MÉTIERS. 781
plan de Henri embrassait tout te règne végétal, visait au développement de l'agriculture au moyen des expériences, en même temps qu'aux progrès de la partie botanique qui devùt servir à la médecine , il comportait de plus la création de tout un corps de professeurs et de démonstrateiu^. Celui de LouisXOI se boroaàla culture des plantes médicinales, et à un seul professeur pour cette brancbe de la science.
Une idée non moins belle et non moins utile de Henri fut de donner à la France les moyens de faire cbaque jour de nouveaux progrès dans les arts de la paix et dans ceux de la guerre, au moyen d'études réQécbies. Il voulut qu'elle eût un Conservatoire des arts et métiers, oii seraient rassemblés et conservés les modèles de toutes les machines, l'historique de toutes les inventions et découvertes, de manière à ce que les découvertes ne fussent plus exposées à se perdre, comme il était arrivé dans l'antiquité et le moyen âge ; et de manière aussi que le génie de l'invention, en partant de l'examen de ca qui existait déjà, pût faire faire de nouveaux pas à la mécanique. Il voulut également que la France eût une sorte de Musée géi^aphique et hydrographique, pourvu de six caries, d'une dimension colossale, dessinées sur des terrains préparés exprès, et représentant la France, les quatre parties de la terre, la mappemonde, toutes les mers, rendues dans les moindres détails et avec tous les accidentsqu' elles présentment. Ces cartes devaient servir au commerce pour sa navigation et pour les routes qu'il avait à suivre ; à la guerre, pour les expéditions de terre et de mer, pour l'étude du territoire ou des parages ennemis '.
< SdIIj, (Econ. Toy., ch. 191,1. Il, p. 393 A. a Plus ud plan etcteris D de l'ordre qu'il faut obserrer pour accommoder.daiiala graodef^e' a rie du Lomre, una grande salle basse, el un giand gaileta9(erandQ » salle du luiat) ponr j lirar et mettre loula larttt dt modelltr, d'ar-
D,q,z.-3bvGoogle
78d L.VII. CH VIII. PROlBTDEKDStESÈOGRtPHlOUEETHVBROGRiPHIlKB.
Tout se lie et s'enchatne dans les idées d'un grand homme. Henri attachait la supériorité de la oatioa daos tous les gem«s aus lumières puisées dans l'iostructioa : il avait développé l'instruction, au moyen de l'enseignement répandu à profusion ; il fallait qu'il donnât , et il donna en effet à l'enseignement les moyens de se perfectionner et de s'élever sans cesse. Le complément pour ainsi dire forcé, la conséquence nécessaire de la régénération et de la création de taut d'établissements d'instruction é(ajl la salutaire et capitale transformation qu'il ât subir à la Bibliothèque royale.
La Librairie ou Bibliothèque formée par nos rois depuis Charles V, placée d'abord au vieux Louvre , ensuite à Blois, avait été transportée par François I" à Fontainebleau. Elle y resta jusqu'au règne de Charles IX, qui la Gl transférer à Paris'. La garde en était confiée à un di-
n tificei, mochinti et imxnliona pom- loutei torUi d'arts, melitrt,eiet- > cicas, charges et tODctioiifl, mettant Ifs lourdes et pesantes ea bu,
■ et les légères en haut, d — Page S91 B : « Plus on deTis de ni » caries géographique! et hydrographiquet, en plan sur terre ferme,
■ avec la désignatioD des sis lieux capables et propres à cet effet;
■ l'oDe poDr la France, l'autre pour Us quatre parties du motule, el » une pour tout le globe d'iceluy, par le moireu desquelles estant snr u tes lieu, se pourront distinguer tous les royaomea, pois, mera et
■ TiTières du monde, etsurtout de la France. > — Dans les deux paragraphes de la pue 191 B commençant par les mots: s Pins un estât t de toutes les villes frontières du royaume... Plus un estât de tous les D TBisseani ronds et galârea estans en France, d Oo pourrait voir l'idée d'nn dépAt des plans et d'un musée naval ; mais cette idée n'est pasBsseï clairement exprimée pour que l'on puidse avoir la certitude de ces projets.
* Une remonstrance touchant U garde de la librûrie du roy, par Jean Gosselin, garde d'icelle librairie, dans les Variitëe historiques et littéraires publiées par U. Edouard Fournier, 1. 1, p. 1, s. nlly airenlea quatre ans et plus que j'ay charge de garder lalibrairïe du roy, qui » est un des plus beaiU thrésora de ce royaume. Durant lequel temps H je l'ay gardée plusieurs années dans le chasteau de Fontainebleau, el jopuiï, par ie contrAondement du roy Charlei IX, jt la feit apporter » en eette ville de Parie. > Ce passage de la remontrance de GosseUn
ETAT DE LK SIBLtOTHËQDB DOTALE EH 1594. DE TBOU. 78B
recteur, Dommé maître de la librairie du roi , et à un garde sous ees ordres. Amyot, maître de la librairie sous Ciiarles IX et sous Henri III, en avait ouvert l'entrée aux savants; mais ce n'était pas une règle, c'était une concession, une tolérance libérale de sa part et de la part du gouvernement, limitée d'ailleurs à un très petit nombre d'émdits.Ledépôt.accruparLouisXIIelparCharlesVID, enrichi sous François I»' de manuscrits d'une valeur inestimable, ne comptait cependant qu'un nombre assez limité de volumes , à l'extinction des Valois , et il foillit périr pendant les saturnales de la Ligue. Pigenat, Rose et de Nully ne se trouvaient pas assez payés de leur zèle pour la cause religieuse par l'obtention, le premier, d'une cure à Paris; le second, de l'évêché de Senlis; le troisième, d'une cbarge de président au Parlement de Paris. Ha avaient imaginé de s'appliquer comme supplément les livres et les manuscrits de la bibliothèque du roi. Les deux premiers, traversés par l'opposition du président Brisson, avaient échoué dans leur vol ; mais après l'assassinat de ce magistrat, de Nully avait mis la main sur les précieux ouvrages, et il les retint jusqu'à la lin du mois de mars 1594, quelques jours après l'entrée de Henri IV dans Paris ' . Tel était l'état de ce dépdt littéraire, lorsque
rélnte l'erreiir cootenue du» le Diacoun inr llriiloîre de la Hbllo* Uièqne du roi, placé «d tète du 1" volume ^u catalogue ïmprimi.LeB antflure de ce Discours, d'ailleurs liéa bien fait, avauceot que la Bi< blioUiiqae du roi tat transférée de Foutainebleaui Paris sons le rigno ' de Beuri IV, eu 1B9B.
> Ce fait, doablemeat curieux, est consigné par âosaelin, qui fut garde de la Librairie depuis la mort de Mathieu LabiBse jniqu'i l'ao' née I6(i> : t* dans la Remontrance de Gosseliu, pages S-5 ; S* sur le càU intérienr d'un manoscrit intitulé ;L«j Margtterite* hitlorialei par JtanMastuè. Gosielin ajoute comme détail, relati*emeatà la conduite' et aux procédés de Nnllj, pendant le temps où il resta détenteur des livres voléd par lui k la Bibliothèque du roi : a Durant lequel tempsi ■ on a coupé et emporté le premier cabier du présent livre, auquel B cabier estoit contenu choses remarquables. ■
D,q,z.-3bvGoOgle
790 L.TII.Cn.TIll. LABIBLIOTHtODEACCRUEDESLIVnESETaANUSCflITS
Henri en devint maître, et lorsque l'bistoriea de Thou en prit la direction effective, apr^ en avoir reçu la direction nominale dès 1593, par les provisions que le roi lui avait données i la mort d'Amyot.
De Nully fut contraint de restituer ce qu'il avait impudemment jdétoumé, et l'ancien fonds de la Bibliothèque da roi se trouva ainsi rétabli, an moins dans sa jjua grande partie. Dès ce moment se succédèrent des mesures qui honoreront à jamais le règne de Henri IV et la direction de de Thou. De Thou signala son entrée dans l'exercice des fonctions de maître de la librairie, en proposant à Henri d'unir à sa Bibliothèque celle de Catherine de Médicis. La Bibliothèque de Catherine provenant de la succession du maréchal Strozzi contenait, outre an Certain nombre de livres français, italiens, arabes, plus de 800 manuscrits grecs, les uns rares, les autres uniques, et destinés à répandre les plus vives lumières sur les diverses matières qui s'y trouvaient traitées. F. Pithou, l'un des commissures chargés de les examiner, disait dans son rapport : n Ces manuscrits ne peuvent asseï n s'estimer, tant pour la rareté et bonté desdits livres, » qui ne se pourroient trouver ailleurs, que pour estre » one bonne partie d'iceux non imprimez, et lesdîts livres n originaux et non copies; dignes d'eslre réservez en o France pour la postérité, conservation des bonnes . » lettres, et pour l'hoiyieur du royaume, et impossibihté » de pouvoir colliger el assembler à présent une telle B bibliothèque à quelque prix et en quelque pois que ce ■a fust. » Aux termes des lettres-patentes que de Thou fit dresser par P. Pithou, son ami, et qui furent expédiées le 14 juin 1594, le roi ordonna que tous les ouvrages composant la bibliothèque de Catherine de Médicis seraient unis k la sienne. Mais les nombreux créanâers de cette reine s'opposèrent à l'exécution des lettres-patentes.
D,q,z.-3bvGoogle
DE CATHEIIINB DK HËDIC13. ELLE EST AENDUE PDBLIQU2. 791
et comme, sous le règne de Henri, aucun intérêt public ne pouvait nuire aux intérêts des citoyens, 1^ solution de l'affaire fut ajournée à long terme.
Le roi et de Thou, laissant la justice suivre son cours, remplirent le temps qu'elle employa à examiner et à décider, par des mesures qui transformèrent la Bibliothèque, de meuble le plus noble de la couronne, en un établissement d'utilité publique, qui devint bientôt lé premier et le plus important de l'Europe dans son genre. En 159S, après avoir fait rentrer la Bibliothèque dans la propriété des livres qui lui avaient été volés ou empruntés, ils k rendirent publique. Cs mirent ainsi les hommes qui se livraient à des travaux sérieux, savants, professeurs, étudiants, en état de proSter d'un trésor, dont les obstacles placés à l'entrée avaient jusqu'alors par le fait privé la presque totalité d'entre eus, et dont les ombrages d'une érudition, jalouse de tout garder pour elle, pouvaient les priver tous sans distinction, puisque la communication des ouvrages n'avait été jusqu'alors que facultative. A partir de ce moment, l'étude en grand, la faculté de s'instruire et de découvrir devint de droit commun. Ce que la diffusion des lumières a gagné à cette libérale mesure est incalculable. La Bibliothèque fut placée dans le collège de Uermont, devenu vacant depuis la récente expulsion des Jésuites. A peine elle y était entrée que de Thou l'enrichit de la grande Bible de Charles le Chauve. Cette Bible avait été confiée par Charles V, le Sage, à l'abbaye de Saint-Denis : les religieux, transformant un dépât en un don, et traitant le manuscrit comme leur propriété, cherchaient à le vendre. De Thou obtint du parlement, le 20 août 159S, un arrêt ordonnant que la Bible serait restituée à la Bibliothèque du roi, et ce monument, d'une souveraine importance pour l'histoire de
-:i,vGooglc
79C LIV. vil. CH. VIII. SUITE DE L'EXt>OBi. CAEIAU80N.
Vati. et pour l'histoire de la France, y entra le 20 octobre de la même atiDée.
La réaoloD des livres et maouscrits de Catherine de jUédicis occupait toujours de la manière la plus active le roi et de Thou. Henri fournit les fonds nécessaires pour tes acquérir et pour désintéresser les créanciers de Catherine : il suivit en outre la prise de possession avec cette sollicitude inquiète qu'il apportait à tout ce qu'il jugeait importer à la France. A la date du 4 novembre 1 598, et dans le fort des difficultés que de Thou rencontrait à opérer la réunion, Henri écrivait à ce magistrat* pour lui annoncer qu'il récompensait les services rendus par lui à ia cause royale et à la cause des lettres, par une place de conseiller d'État, et il insistait en même temi» auprès de lut pour qu'il terminât l'affaire de la réunion. « Je vous •ù ay ci-devant escrîpt, lui marquait-il, pour retirer des » mains du nepveu de feu sieur abbé de Bellebrancbe, la » librairie de le feue royne, mère du roy monseigneur) » ce que je vous prie et commande encores un coup de t> faire, si jà ne l'aviés faict, comme estant chose que je n désire, affectionne et veulx, afin que rien ne s'en » esgare, et que vous la faciès metlre avec la mienne. » De Thou leva les difficultés dont l'affaire se trouva hérissée, en multipliant les soins et les démarches, et en obtenant deux arrêts définitifs du Parlement en date des 25 janvier et 30 avril 1599. Après ces arrêts, l'incorporation de la Bibliothèque de Catherine de Médicis à la Bibliothèque du roi fut enfin opérée. De Thou fit relier magnifiquement 350 de ces manuscrits, ainsi que la Bible de Charles le Chauve : la couverture de ce dernier manuscrit porte d'un côté les armes de France , de l'-autre, la lettre H avec des fleurs de lis, et au miUeu, la légende
■ Hâcuell des Lettres muiires, L V, p. 61, 63.
D,q,z.-3bvGoOgle
LOCAL DEFINITIF DESTINE PAR LE ROI A LA BIBLIOTHKQUR. iVi
readant un légitime hommage au secoDd père dt>s lettres : B. II II, patris patriœ, virtutum restitutoris. Les Jésuites ayant obtenu leur rappel en 1604, et ayaot recouvré le collège de Clermont, la Bihliothèque royale, avec l'immense accroissement qu'elle avait naguère reçu, passa dû collège de Clermont dans le couvent des Cordeliers. Elle y demeura quelques années en dépât, confiée à la surveillance de Casaubon, que le roi avait tiré en 1603 des fonctions de lecteur ou professeur royal, pour le commettre à la garde de ses livres, sous la direction de de Thou. Casaubon profita des manuscrits qu'il avait entre les mains pour publier ces savantes éditions, ces traductions, ces commeutau-es, qui lui ont assuré un si grand nom dans les lettres, etqui forment en même temps l'une des périodes glorieuses de l'érudition française. Henri destinait pour emplacement définitif à la Bîbliotbèque royale, l'un des bâtiments du collège de France, dont ses commissaires préparaient l'emplacement et l'érection au mois de décembre 1609 '. Ce projet, arrêté par sa mort seulfî, était encore empreint de la sagesse et de la prévoyance qui éclatent dans tous ses autres plans. H n'établissait pas la BiMiolhèque dans le quartier de cette classe de citoyens que leurs goûts et leurs occupations en éloignent ptutât qu'ils ne les y attirent : il la plaçait au centre des établissements d'instruction secondaire et supérieure, et mettait ses mines fécondes sous la main des hommes qui, dans les lettres et dans les sciences, pou-
■ Pour les para^jnipbes relatifs k la Bibliotbâque royale, voir : LegraiD, Décade, livre Vltl^ p. ii9, — Uorisot, Heuricua magnus, c. ts, p. IGl.- Uercuretrançois, année IBOS, 1.1, fol. i07 reelo. —Voir parmi 1» âcriU modernes la note de l'abtié Barttiélem;, insérée dans l'on- Tra^e de Blondel iotitulé ; ArchiteclurH trençotse, t. IH, p. S8, intolio. — Discours sur l'hidloire de Is Bibliothèque du roi eu t£le du i" vnlome da catalogue imprimé. — Esiai historique sur la Bibliothèque du roi, par Leprince, Paris, nsi, in-18, p. as-**.
D,q,z.-3bvGoOgle
794 L.TII.CH.TIII. LE CABINET 0B8 KftDAILLRS RfeTABU ST ACCRU.
vaieDt en tir«r de nouvelles richesse». Quelques hiatoriens n'ont pas hésité à dire que Henri IV fut le véritable fondateur de la Bibliothèque royale. Malgré les larges restrictions que la justice ordonne de faire eo faveur des princes qui, les premiers, conçurent l'idée de donner an pays un dépôt littéraire et scientifique, et commencèrent l'exécution de ce noble et utile projet, on ne trouvera peut-être pas l'assertion de ces écrivains exagérée, quand on considérera que Henri IV l'enrichit d'un nombre de manuscrits double de celui que François I"yavwt ajouté, et surtout qu'après avoir irrévocablement fixé son siège à Paris, de privée il la rendit publique.
Le cabinet des médailles avait été établi par François I" et très augmenté par Charles IX. Mais comme ses raretés avaient une valeur métallique qui excitait au plus haut point la cupidité , il avait plus souffert encore que la Bibliothèque du roi des excès des guerres civiles : la collection avait été dilapidée et presque anéanUe, et le cabinet demandait une fondation nouvelle. Henri, écUûré par de Thou, résolut de rendre au texte des historiens le secours et le contrAle des montiments numismatitpies. Il mit ce projet à exécution en 1602. Il rassembla le peu qui restait des antiques de la couronne à Fontainebleau ; en donna la direction à Bagarris de Rascas, savant antiqumre provençal, avec le titre de maître des calnnets, médailles et antiquités du roi ; ordonna en même temps de recommencer les acquisitions dans l'Europe entière, et de racheter en France tout ce qui avait été distrait de l'ancien Cabinet de ses prédécesseurs. La fondation de la collection royale date de ces actes, qui sont établis par les historiens de la Provence , par une lettre de Joseph Scaliger en date du 12 janvier 1C03, et par les étatsde finances que nous a transmis Sully '. Rascas conçut
> Bouche, Estai bot l'RUImre de ProteDce at (ar le* PrOTeDçwu
D,q,-Z.-dbvGOOglt'
PROJET O'UNB HISTOIRE MODERNe PAR LBS MÉDAILLES. Î95
l'idée d'employer les médailles non pas seulement à élucider les diverses parties de l'histoire ancienne, mus aussi à reproduire et à fixer les événemeots contemporains. Il proposa de faire la première application de ce projet' au •règne de Henri IV, et de composer une histoire complète du règne au moyen d'une suite de médailles qui en retraceraient les événements les plus glorieux. Le plan ayant reçu l'approbaUon du roi, Kascas lui présenta, en 1608, les dessins non encore achevés, mms fort avancés, des médailles qui devaient former cette histoire figurée ' . Le projet, arrêté par la mort de Henri, ne reçut d'exécu- tion que sous les règnes suivants. Mais le Cabinet des médailles, utile et magnifique annexe de la Bibliothèque royale, était fondé : l'obligation était en quelque sorte imposée aux successeurs de Henri de donner à cette collection des accroissements destinés à étendre sans cesse le domaine de la science ; enfin l'usage que l'énidition avait à tirer des médaillés devait être établi et réduit en système par la publication successive des ouvrages de Rascas.
Le but manifeste de Henri était de développer dans d'immenses proportions l'intelligence huraaineen France, et d'appliquer ses progrès au perfectionnement de la société, n avait établi, réformé, étendu l'instruction secon-
oéUbns, t. Il, p. tW, toi, petit in-foUo : « Ofef la Sa de 18», Bbn garris de Rauas tut prèMaté à Henri IV par MM- d'Aulicbi, [Dtenfi daatdesfiOBnceB, elBerringen, premier valet de chambre. Henri IV fut » BÎsatiaraitdeBagirris, qu'il rèsolottoutde enite déformer un cabinet » dea mUoillee, et lai eo dotma la direction, d — Suil;, ch. IBO.t. Il, p. 17 V : n Voiu coDtiouaatea aasai en ceete année (leos)... k rachep- » ter les bagnes et joyaui de la couroaDe vendus et engagez par lea n dissipations def règnes passez et à j en adjouter de nonveaiix. ■ — Cbap. 16i, t. Il, p. 171 : H Plus pour les bagues et meubles que le roj » a acbeptéa dans le susdit tempa (lstl9-le07) 1,B0D,O(IO livre», n
1 Article deH.E. DBTid,da l'Inatîtct, dans la Biogr. univ.,l. XXXVII, p. 105-107.
796 LIV. vil. CH. VIII. PROTECTION BT ENCOURAGEMENTS DONHtS
àtâre et l'instruction supérieure : il avait multiplié les mesures, prodigué les fondations, pour qu'une classe nombreuse de citoyens ajlàt puiser dans les écrits des Grtcs et des Latins les idées justes et grandes qu'ils coqtiennent sur tous les sujets; les notions inappréciablesqu'ils . fournissent sur toutes les parties des sciences, à l'exception de deux branches des sciences naturelles. La conséquence des principes logiques par lesquels Henri se conduisait était qu'il accordât libéralement sa protection et ses bienfaits à ceux dont les travaux servaient à propager et à populariser la connaissance des auteurs anciens ; aux hommes d'un génie inventif qui , par leurs productions originales dans la littérature ou leurs découvertes dans les sciences, étaient assez heureux pour ajouter au riche fonds de l'antiquité ; à tous ceux en un mot dont les ouvrages formaient un second enseignement, un enseignement supérieur pour la nation, et servaient à l'instruire, à élever son esprit, à polir et à adoucir see mœurs. Un contemporain fournit les détails suivants sur les préoccupations du roi à la date du mois de mai 1600, sur le parti qu'il voulait tirer de l'instruction et des lumières pour l'utilité pubUque, et sur ses dispositions à l'égard de ceux qui contribuaient à les répandre. « Le roy » ne s'entretient plus en public que de choses sérieuses, » et dit tout haut qu'il a vrayment et k bon droict acquis » le nom de père des lettres et de restaurateur d'icelles en B son royaume ; et qu'il espère, avec l'aide de Dieu , faire » recueillir la moisson et le fruit de cette bonne semence » à ses subjects, exaltant sur tous ceux qui s'adonnent » aux sciences*, a Des écrivains, à la sagacité et au talent desquels nous
> Exlralt d'nn jonnial niatiiiscrit coiuerv£ duu ods grande Inbliotbique, et cité par Brinrd Juis son onvrage lotîtaU : Da ramour de Henri IV pour lei lettre*, p. 90, ».