LA DBTTE EXIGIBLE ET. LA DETTE NON EXIGIBLE
% Vn. Dette acquittée, renie remboursée, domaine raehtté, réterve ou économie en argent, retsoureei extraordinaire» au commencement de 1610.
Il ne non» reste plus qu'à établir ce que Henri FV et Sully payèrent de dettes, rachetèrent de domaine public, réalisèrent d'économies, dans an espace de treize années et «{uatre mois, avec des tmpAls étendus à toutes les classes de citoyens, qui au commencement de 1597 ne montaient qu'à 25 millions; qui plus tard atteignirent 30 millions; mais qui en 1609 étaient. redescem) us à 26 millions, de l'aveu et par la générosité du roi. Une attentive et persévérante économie, d'incessantes réformes portèrent à ces cbiâres les revenus ordinaires , et des prodiges d'habileté y ajoutèrent l'appoint des deniers extraordinùres. Voyons à quelles opérations ils appliquèrent les ressources qu'ils avaient su créer, quels r^ultats ils obtinrent.
Occupons-nous d'abord de la dette publique. De longs discours et de spécieux raisonnements ont été faits par quelques économistes sur l'utilité et les avantages qu'un Etat retire de sa dette. Toutefois, tant que le sophisme n'aura pas prévalu contre la vérité, il restera certain qu'une dette est lu ver rongeur de toute nation assez malheureuse pour l'avoir contractée, assez peu courageuse pour ne savoir pas l'éteindre. La dette dévore chaque année par avance, tantôt le cinquième, tantôt le quart des revenus de cette nation, lui interdit dès lors toute tentative en grand pour améliorer sa condition, toute résolution énergique dans ses rapports avec l'étranger, et ce n'est là encore que la moitié des maux qui l'attendent. Tôt ou tard le jour des complications, des embarras, des commotions politiques' survient , jette iin effroyable désordre
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1i6 l VII. en. II). CENT HILLIONB DK DETTE EXIGIRI-B SONT AMORTIS.
dans la fortune publique et dans les fortunes particulières, engendre les révolutions dans le gouvernement, déshonore la société par la banqueroute. Au seizième siècle, une dette était encore plus vicieuse «fii' aujourd'hui, parce que le véritable crédit public n'étant pas établi, le prêt du créancier était toujours usuraire, et l'emprunt ruineux pour l'État.
Après l'entière soumission de la Ligue et la fin de la guerre avec l'Espagne, la dette de la France s'élevait, en 1398, à 34S millions de ce temps-là. La portion de la dette afférente aux neuf premières années du règne de Henii IV était d'environ 100 millions : la guerre contre ia Ligue, contre l'Espagne et la moitié de l'Europe, avait coûté 63 millions, et le désarmement de la Ligue au delà de 32 millions. La dette exigible montait à 157 millions 602 mille livres : sur cette somme, il était dû 68 millions ans pitis-sances étrangères'.
On voit dans les mémoires de Sully le tableau de l'amortissement progressif de la dette publique. A la fin de 1 606, t'ac<]uittemeut de la dette exigible, très distincte de la rente et de l'aliénation du domaine, était déjà de 67 millions 330 mille livres. Dans l'état détaillé que présente Sully, il faut se garder de confondre tes dépenses d'utilité publique avec les dettes acquittées, dont le chiffre se réduit à celui que nous venons de présenter. Sur les 67millions remboursés, on avait attribué H millions aux étrangers, et pareille somme à peu près aux nationaux : entre les nationaux créanciers de l'Etat, les chefs de la Ligue avaieut reçu 1 3 millions pour leur part *. Trois ans plus tard, au moment de la mprt du roi, le chiffre total
■ Voir dans l'étal deadelteg dressé psrSnllf,au c. 1SI, t- II, p. S8. SS, (:e qui a éLé emprunté paar la guerre contre la Ligue el contre l'Espagoe, el ce qui eal dû aux puiasances étrangères.
* Suilj, (JEcou. ro;., c, I6i, t. Il, p. (71. « Ealat de payemenl^ des H deblea présenté an roj eD lEOT. »
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