‹ Histoire du regne de Jean 1er, Duc de BrabantChapitre 15 sur 24 · CONSEILS AUX PRINCES BELGES · texte numérisé non relu

CONSEILS AUX PRINCES BELGES

Le prince en la chose publicque Est comme sang dedens le corpsj Le sang maulvais fait vie oblique Et jette enfin l'esprit dehors; Le bon rend les esperis fors Et donne aux membres noUrreture; Par ses vertus par ses effors, L'omme a estât, vie et nature.

Ainsy, en la publicque chose Quant bonnes vertus espandez, En santé bonne elle repose, Et très-joyeuse la rendez; Mais, quant aux vices entendez Et menez vie corrompue, Vous la gastez, vous la perdez.

Elle est destruictc, elle est rompue.

Prendre désordonné déduit En secret et publicquement.

Jouer aux dés toute la nuit.

Renier Dieu tout plainement, Es-ce mettre gouvernement?

Es-ce bonne exemple donner A vos subgiez? Certainement C'est vous destruire et les dampner.

Seigneurs, seigneurs, droit chariez; Grand fais avez-vous à conduire; Alez droit et ne variez.

Regardez que vostre chare tire.

Le peuple en vos œuvres se mire, Et volentiers, à vostre exemple,

Ou il s'amende, ou il sVmpire, Et de vertu se vuide ou emple.

Tulle, au tiers livre de ses Loys, Reprent ung prince durement Quant il est dissolu galoys, Non pour son péchic seulement; Mais par la cité prestement Ensieut la maulvaise coustume; S'il boit péchié, certainement Le peuple incontinent le hume.

Si ques, mes seigneurs qui vivez A propre salut acquérir, Et qui aussy faire debvez La chose publique fleurir, Entendez a vei tu chiérir.

Vices haïr et vanité, Affin de doublement mérir Envers la haulte Trinité.

Fuyez, fuyez faulses délices.

Qui les sieut, il ne peut entrer Dedens les vertueuses lices Ne soy gentil homme monstrer; Vertu ne poeut jamais piantrer Avecques orde négligence :

Elle ne scet ydolatrer Ne varier sa conscience.

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