ALLUSIONS AUX ÉVÉNEMENTS CONTEMPORAINS
les jansénistes. L*éloge d'Alcandre, pseudonyme de Louis XIV, attribue à ce prince dix-neuf ans, précisément en 1 657 lorsque le jeune roi venait d'accomplir sa dix-neuvième année. La critique doucereuse du genre Portraits se range dans le volume qui vit le jour immédiatement après le premier bruit des portraits de Mademoiselle {\G59); Fapothéose de Fouquet répond à l'époque de la plus grande splendeur de ce surintendant; et^le résumé des mérites de Mazarin, longtemps laissé dans Toubli, marque le moment du triomphe définitif du ministre, entre la paix des Pyrénées et les noces de Louis XIV (mars 1660).
Nous ne fatiguerons pas le lecteur à lui montrer sous leurs noms d'emprunt tant de personnages qu'il connaît déjà, tels que Herminius-Pellisson, Cléodamas- Conrart, Aristée-Chapelain, Amilcar-Sarrazin, ni à retrouver madame de Sévigné dans Clorinte, et Ménage dans l'ami savant de la belle veuve, ni madame Duplessis-Guénegaud dans Amalthée, ni même Scarron dans le fameux Scaurus^ avec sa femme la belle Lyriane. Nous terminons par quelques traits qui accusent la flexibilité des Scudéry, comme de tant d'autres littérateurs, à se partager entre l'opposition et la dépendance, et à subir résolument l'autorité quand elle est, à n'en plus douter, maltresse de la situation. Les jansénistes étaient en lutte contre le roi ; il y avait quelque apparence de courage à les défendre. Mademoiselle de Scudéry vante donc les solitaires de Sicile pour leur amour de l'égalité, leurs occupations continuelles, la paix toujours observée parmi eux, et leur chef Timante
(Arnaud d'Ândilly), aussi bon jardinier que bon ami, aussi bon poëte que sensible aux bons ouvrages des autres. Elle représente leur maison comme le refuge des disgraciés, et la sagesse de Timante comme le remède des ressentiments (1 ). Cependant les dépositaires de l'autorité avaient en main des faveurs qu'il n'était pas nécessaire de dédaigner. Le surintendant faisait sentir aux lettrés d'heureux effets de sa richesse : mademoiselle de Scudéry en avait reçu , comme Pellisson, de beaux témoignages, délie paie la dette. Cléonime (fouquet) et Valterre (Terre de Vaux), les qualités éminentes de l'homme et la magnificence incomparable de ses salons et de ses jardins, sont déroulés au X* volume, dans plus de cinquante pages d'admiration (S). La flatterie y monte jusqu'à l'audace dans l'interprétation des peintures, des emblèmes dont ce palais d'or éclate de toutes parts. Ce n'est pas assez que l'écureuil soit un astre nouveau auquel Saturne donne l'éternité de la gloire, Jupiter une couronne d'or, Mars un casque et un lion, Mercure son éloquence et son savoir; il faut encore que le surintendant soit un dieu, et même un roi. Le soleil, ce dieu tout lumi* neux, revêtu d'un manteau d'or, et couronné d'un laurier immortel, représente Cléonime qui, « selon o l'étendue de ses grands emplois, fait tout, luit par- < tout, fait du bien à tout^ et travaille continuellement « pour l'utilité et l'embellissement de l'univers, p Les
(I) CléHe, Ill^parUe, liv. Il, p. 4438 : Histoire delhémislc. (a) Clélie, V partie, liv. IH, p. 4094-4442.