PROGRÈS DU BON GOUT
par là ne les encourageait pas peu au Iravail, quelque rude qu'il fût (1). « Nous avons vu (plus haut, ch. x, 2* tableau) quel rang ils donnaient, dans leurs écoles, à renseignement du français, comment, en l'étudiant en lui-même et par lui-même, ils contribuaient à en faire un instrument supérieur de communication entre les esprits. 11 leur arriva, en 1656, une bonne fortune qui dépassait leur mérite, lorsqu'ils produisirent Pascal en public. Pascal n'était pas leur élève ; il ne tenait d'eux véritablement que l'esprit du parti, et les citations qu'on lui servait toutes faites, comme il en est convenu chez madame de Sablé. Mais il écrivait pour eux et chez eux, et la gloire littéraire des Provinciales rejaillit sur la communauté. C'est une époque éminenle delà langue française ; il y eut dès lors un monument achevé de prose vive et forte, correcte et hardie, capable de discussion, d'ironie, d'éloquence, et, comme l'avait souhaité Richelieu, propre à traiter tous les sujets, un accord entre les règles et le génie, où le génie vivifiait les règles, où les règles, comme un cadre plus favorable, mettaient le génie dans son vrai jour et dans tout son éclat, un modèle que devrait désormais étudier tout aspirant au talent d'écrivain.
D'autres grands hommes étaient tout prêts, qui s'étaient formés d'eux-mêmes par un habile discernement du bien et du mal de l'époque. Déjà Bossuet s'était emparé de l'attention. S'il avait traversé, dans sa jeunesse, l'hôtel de Rambouillet, il ne s'était pas laissé
(4) René Rapin, Mémoires, t. F, liv. lU, p. 249.
tion des idées dans leur ordre e»^ « B^'^ac.
dition sobre et le style précy \ » '»"?"«
moins autant que par les^. j ^ »"*^°"P
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sur l'autorité u' •; {\y' ^^ ^a morale,
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un peu du f. j * .aites compositions de
l'aise, ma- ^^ des leçons de Descartes;
la coup* -'le de tout comprendre et de tout
ment ^ puissance de la disposition, elle se
pie .maître, sans s'annoncer d'avance, à la
le .^ naturelle des idées, à la clarté qu'elle portait ^5 Tesprit de l'auditeur. L'écho de ses sermons ' /t venu de Metz à Paris; la reine, la cour recherchaient la faveur de l'entendre et pressentaient en lui ie docteur souverain de l'ÉgUse de France (1 656, 1 658,
Dans un ordre d'idées bien différent, on commençait à distinguer La Fontaine. Cet insouciant, peutêtre plus égoïste que bonhomme, fourvoyé, par la volonté paternelle, dans le mariage et dans un emploi de maître des eaux et forêts au duché de Château- Thierry, s'était ennuyé de sa femme et de sa charge; réfugié à Paris, il cherchait des protecteurs et trouvait Fouquet; il allait rêvant d'une société à Taulre, écoutant les raisons des divers systèmes littéraires, et