‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 2)Chapitre 129 sur 140 · RETOUR TRIOMPHAL · texte numérisé non relu

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quillité publique. On avait , dans ces derniers temps, mis la main sur le principal agitateur de Sologne, le sieur Bonnesson, gentilhomme obscur en qui semblait être tout le mouvement des sabotiers. Cette capture avait dissipé pour toujours les intrigues des nobles en Normandie. Pendant que Bonnesson, conduit à Paris, y attendait un jugement capital, Créqui-Barneville et d'Annery, complices de Gondé et de Retz, s'étaient enfuis en Hollande. Du milieu de cette marche victorieuse à travers les provinces jadis rebelles, on voit Mazarin suivre de loin, mais sans distraction, le procès de ces coupables. Bonnesson fut exécuté en décembre 1659. Les hommes dévoués au cardinal demandaient s'il fallait continuer les poursuites contre ses complices. Il répond énergiquement qu'il n'y a pas de grâce à leur faire. Il procède, à la confiscation des biens de Gréqui. <i II faut se souvenir, écrit-il à Golbert, que Gréqui a un château auprès de Péronne dont le rasement lui sera plus sensible que celui de la maison qu'il a en Normandie, et il est bon qu'il ressente jusqu'au vif en ses biens la juste indignation du roi, en attendant que Sa Majesté la lui puisse faire ressentir en sa personne (1). p On a déjà remarqué, en citant cette phrase, que Mazarin s'élève ici à la hauteur de la sévérité de Richelieu, qui ne lui était pas ordinaire. Mais il y joint immédiatement le trait essentiel de son caractère propre, la rapacité. La punition de ses ennemis politiques doit être un bénéfice matériel pour

(4) Archives de la Bastille, publiées par Ravaisson«

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lui OU pour ses serviteurs. Bonnesson a mérité la mort et la confiscation de ce qu'il possédait; le ministre réclame cette dépouille pour « Le Normand qui le sert il y a longtemps. »

Enfin le cortège triomphal arriva à Paris (26 août 1660). De grandes fêtes attendaient la jeune reine, ce gage de paix, de prospérité et de plaisirs, après tant de misères. Toutes les voix étaient d'accord pour célébrer cette ère nouvelle. Les poètes éprouvés comme Corneille, les poètes naissants comme Racine, s^unissaientdans un même concert. Lajoie populaire retentit dans toutes les rues. On ne se lassa pas de voir défiler cette marche solennelle qui dura presque tout le jour. € J'ai été , écrivait la femme de Scarron, pendant dix heures tout yeux et tout oreilles ; la reine doit être contente du mari. qu'elle a choisi, d Mazarin dut être plus content encore de sa part de gloire dans cette journée décisive. Il vit enfin le parlement de Paris à ses pieds lui rendre un hommage qui consacrait tous les autres. La compagnie, désignée pour figurer dans là marche, avait osé réclamer contre cette dérogation à ses usages; on ne l'écouta pas, on exigea qu'elle parût comme tous les autres corps, à la suite du roi ; on ne consentit qu'à lui accorder un rang plus distin* gué que celui qui lui avait été assigné d^abord. A la fin de la cérémonie, elle se présenta devant le roi pour le complimenter, et elle termina son discours par un éloge du ministre, qui était la rétractation complète de toutes ses oppositions : < Que Dieu conserve à Votre Majesté ce conseil si fidèle et si clairvoyant qu'il lui

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