‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 2)Chapitre 130 sur 140 · FIN DE LA FRONDE · texte numérisé non relu

FIN DE LA FRONDE

a suscité, dès le commeDcement de son règne, comme le seul qui pouvait èlre capable, par une prudence tout à fait admirable, de résister à tant d'événements si étranges, et de conduire ce grand ouvrage de la pâôx à sa perfection, après y avoir incessamment travaillé Tespace de seize ans. Il a ainsi fait connaître à tout le monde qu'il n'a jamais respiré autre chose, et que les différents effets de la bonne ou mauvaise fortune, les maux domestiques, les grandes maladies de TÉtat, non plus que les espérances d'une guerre toute pleine de victoires, les batailles gagnées et les conquêtes tout ouvertes , n'ont jamais pu changer Tassiette de son cœur, ni altérer le moins du monde les pensées qu'il a toujours uniquement formées pour le service de Votre Majesté et pour le bien de son État. »

Après de telles paroles, on comprend que le parlement n'eut plus rien à dire. Il trouva cependant qu'il avait encore quelque chose à faire. Il demanda au roi la permission de faire une visite à Mazarin. Le roi répondit : c Vous ne doutez pas que je ne l'aie pour < agréable. > En conséquence, une députation composée d'un président, de^deux conseillers de la grand'chambre, d'un conseiller de chaque chambre des enquêtes, alla féliciter Mazarin dans sa maison. Un pareil honneur n'avait jamais été rendu à aucun ministre ni favori. C'est bien ici le dernier désarmement de la Fronde; le procès finit au lieu même où il a commencé par le désistement des demandeurs.

Il n'y avait pas jusqu'à la politique étrangère qui u'appwtàt en ce moment sa part au succès de Mazarin*

iiO LA PAIX DES PYRÉNÉES.

Deux grands événements s'étaient accomplis depuis la paix des Pyrénées, où la France trouvait son avantage : le règlement des affaires du Nord, et la restauration des Stuarts en Angleterre.

Depuis cinq ans, le roi de Suède, Charles-Gustave, successeur de Christine, « un autre Gustave non moins iSer, ni moins hardi ou moins belliqueux » que le premier, tenait dans l'inquiétude l'Allemagne et tous les États de la Baltique. D'abord maître de la Pologne, par un passage rapide, il avait contribué à l'agrandissement du Brandebourg, en délivrant le duché de Prusse de la suzeraineté polonaise. Devenu suspect à ses voisins, à ses alliés mêmes, assailli par le Brandebourg, les Danois, les Hollandais, et la connivence de l'empereur, il avait renoncé à ses prétentions sur la Pologne, pour se venger sur le Danemark, et pendant trois ans il avait pénétré jusqu'au cœur de ce royaume, d'Ile en lie, à travers la mer glacée. Mais il s'était suscité tant d'ennemis qu'il n'aurait pu suffire à toutes ces luttes, lorsque sa mort subite (33 février 1660) multiplia les embarras de la Suède, en laissant son fils, âgé de quinze ans, hors d'état de défendre par lui-même les provinces menacées.. La grande alliée que la France s'était faite sur la Baltique, allait^elle périr, et laisser passer à d'autres une prépondérance qui était un des principaux résultats de la guerre de Trente ans? La France interposa sa médiation, et pendant que le mariage de Louis XIV sanctionnait la paix des Pyrénées, elle obtint pour la Suède les traités d'Oliva (3 mai 1660) et de Copenhague (6 juin). Par le traité d'Oliva

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