‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 2)Chapitre 131 sur 140 · TRAITÉ D'OLIVA. U · texte numérisé non relu

TRAITÉ D'OLIVA. U

conclu entre la Suède, la Pologne, Télecteur de Brandebourg et l'empereur Léopold, la Pologne échappait aux prétentions de la Suède, le Brandebourg se faisait confirmer la possession souveraine de la Prusse ; mais la Suède ne perdait aucune des provinces qu'elle occupait en deçà de la Baltique, et qui séparaient de cette mer la Pologne et la Russie. Par le traité de Copenhague avec le Danemark, moyennant quelques équivalents, elle conservait une bonne partie des conquêtes de Charles-Gustave, la Scanie, la Hallandie, la Bleckingie et Rugen. Rien ne lui était ravi de la puissance que la paix de Westphalie lui avait constituée.

La restauration des Stuarts s'était opérée d'ellemême. Après la déposition de Richard Cromwell, le parlement, débris honteux de celui qui avait fait la révolution (Rump, Croupion), n'avait pu tenir contre sa propre impopularité ni contre les rivalités militaires. Le général Monck, en y rappelant les membres successivement exclus à diverses époques, en avait changé l'esprit, et préparé de nouvelles élections favorables à la royauté. On croit avoir la preuve que Mazarin ne voyait pas de bon œil ce changement. Il se défiait des Stuarts qu'il avait abandonnés pour s'allier à Cromwell, et qui s'en étaient vengés en combattant dans les rangs espagnols. Il aurait préféré la continuation de la république. On le soupçonnait d'avoir engagé Monck à se faire protecteur j il circulait même des lettres qu'on lui attribuait, où cette pensée était nettement formulée (1). Cependant le nouveau parlement, non

(1) Monléga, agent de Mazarin, lui écrivait de Londres^, 4" juil-

Ul LA PAIX DES PYRÉNÉES.

plus que la nation anglaise» n'avait pas hésité à suivre rimpulsion de Monck. Proclamer Charles II, aller le chercher en Hollande, le recevoir à Londres au milieu d'acclamations umverselles, tout cela s'était accompli du 8 au 39 mai 1660. S'il ét»t vrai que Charles II en voulût à Mazarin pour cette opposition à son rétablissement, il est tout aussi démontré que la parenté et le besoin d'argent ne tardèrent pas à le retourner vers Louis XIV et son ministre. Déjà avant le retour à Paris, il était question du mariage de Charles II avec Hortense Mancini, nièce du cardinal Le roi d'Angleterre, séduit au moins par la perspective d'une dot de cinq millions comptant, persista pendant plusieurs mois à demander des nouvelles de mademoiselle Hortense, < si die était c embellie, si elle avait de l'esprit. » Il aimait à «itendre M. d'Âubigny louer la beauté de son visage, et vanter les vertus de Mesdames et Mesdemoi$elles les nièces de l'Éminence. Il se défendait du reproche de favoriser le cardinal de Retz, qui travaillait alors par toutes sortes de manœuvres à obtenir son intervention. Il protestait

let 4 660 : « L^aTÎs qae le beau-frère du général Monck Tenait de lai don* ner, que Ton le pressait de déclarer que je l'avais chargé de la part de Sa Majesté et celle de Son Èminence^ de disposer le général à se faire protecteur^ ou à maintenir la république^ m'est imputé il y a déjà quelque temps. »

Le P. Dttueau écrit de Rome, à Mazarin, 9 août 4660 : « Il se voit ici sous main la copie d'une lettre qu'on dit que Votre Ëminence a écrite au général Monck avant le retour du roi d'^Angleterre, l'exhortant à s'y opposer, que ce roi l'ayant vue s'en est offensé, qu'il a résolu de se venger, et que c'est la cause pour laquelle il a refusé l'audience au Président de Bourdeaux, et que la garnison de Dunkerque a commencé de faire des hostilités contre les terres voisines. »

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