RESTAURATION DES STUARTS
surtout qu'il ne gardait aucun ressentiment de Falliance conclue avec Cromwell, et il était le premier à Texcuser par l'intérêt évident de la France, et la nécessité de la gouverner par les moyens que le cardinal avait adoptés (1). Le mariage n'eut pas lieu ; mais la sœur de Charles II épousa le frère de Louis XIV. Ce nouveau lien de famille et une pénurie permanente rattachèrent le roi d'Angleterre à la politique française jusqu'à le compromettre aux yeux de ses sujets.
Il y eut pourtant une contradiction à cette victoire universelle de Mazarin. Un de ses ennemis restait debout et devait lui survivre. C'était le cardinal de Retz, qui, abandonné de Condé, isolé de ses anciennes alliances par la paix des Pyrénées, invoquait maintenant à la fois l'assistance du roi d'Angleterre et l'autorité du Saint-Siège, pour rentrer dans son archevêché. Il venait de lancer de nouvelles lettres de la façon des Jansénistes (2), l'une au roi, l'autre à son clergé. Il y dénonçait la cruauté du ministre qui, après avoir fait la paix partout, la refusait à un prélat innocent. II appelait le secours et les prières de tous les prélats de
(1) Voir les lettres adressées à Mazarin par ses agents à Londres, à partir du 7 juillet 4660 (lettres de Lionne), jusqu'au 2 décembre; (lettres de Bourdeaux), dans le complément des Mémoires du cardinal de Retz.
(2) Guy Joly dit expressément : « Cette lettre était très-bien faite et de la façon des Jansénistes. » On lit dans Sainte-Beuve : a On attribuait cette lettre à Arnauld, elle était certainement d'une main janséniste, comme les précédentes. » Aujourd'hui que Louis XIV n'est plus là pour punir l'intervention des jansénistes dans ses affaires politiques, les amis de la secte ne craignent plus d'avouer cette assistance qui dans le temps même était représentée comme une odieuse calomnie.
iii LA PAIX DES PYRÉNÉES.
TËglise catholique; puis, toutes les voies de conciliation épuisées, il menaçait d'user des derniers remèdes dont il n'avait pas voulu faire usage pendant la guerre. Cette dernière attaque troubla évidemment les joies du retour ; elle blessa le roi qui, dès le mois d'octobre 1 660, annonça à l'assemblée du clergé qu'il avait résolu de supprimer le jansénisme ; mais Mazarin allait mourir avant d'avoir eu raison de cette implacable inimitié.