LES PETITES ÉCOLE
Les petites écoles reprirent aussi un développement qui a &it de ces années (1 653-1 660) leur époque la plus brillante. Les religieuses avaient leurs pen-. sionnaireSy les. solitaii*es leurs écoliers. Ceux-ci furentdès lors partagés entre trois maisons , aux Granges^ au château des Trous, au Gbenay près de Versailles. Nicole et Lance) ot professèrent aux Granges , où Ton voit, en 1655, Jean Racine parmi les enfants. Jacqueline Pascal parait avoir été la grande directrice de l'éducation des filles. C'est elle qui rédigea le règlement pour les enfants,, et les commentaires qu'elle y ajoute prouvent qu'elle en avait suivi l'application avec la volonté de justifier tous ses préceptes par une expérience personnelle. Son travail peut nous aider à porter un jugementéquitable sur un système d'éducation, dont les mérites et les vices ont été trop souvent dénaturés par les passions également partiales des admirateurs et des critiques»
L'éducation avait été conçue par Saint-Gyran coRuae le contre-poids de la corruption humaine. Plus la nature était fatalement emportée au mal,, plus il était néeessaire de la retourner au bien par une lutte préventive et incessante. C'était encore une inconséquence vis-à-vis du système de la grâce efficace, puisque, sans cette grâce gratuite et arbitraire, l'éducation n'était pas plus- capable de donner à l'homme la force de la vertu que les pénitences n'avaient le mérite de réparer le péché. Mais nous n'en sommes plus à compter les eoDtradiictioQS de l'hérésie. Donc^ selon Saint-CyraOi, ïeniout resté faible malgré la régénératioabs^
tismale, et entraîné par son poids naturel vers la corruption, devait être soustrait au monde qui lui ôte l'innocence, aux collèges dans lesquels il apporte ou prend tous les vices. Il fallait le soumettre à une surveillance qui éloignât de lui les mauvais exemples, et réprimât ses instincts, l'entretenir dans l'ignorance du mal, le préserver de la dissipation qui peut l'y conduire par surprise. De là les soins donnés à la première enfance, dont témoignent encore les méthodes de lecture que les hommes de Port-Royal ne jugèrent pas indignes de leurs élucubrations. De là le petit nombre d'élèves confiés à chaque maître, et la facilité plus grande pour le maître de veiller sur les sens de l'enfant qui sont comme la porte de son âme. Nulle précaution ne devait être négligée pour éloigner du jeune ignorant la connaissance du mal. Il ne devait rien voir, rien entendre, qui pût le perdre'; maîtres et domestiques, choisis tout exprès, ne devaient faire devant lui que le bien ; il ne pouvait tout au plus entrevoir le mal qu'à travers les prescriptions de la loi chrétienne comme le contraire du bien recommandé. La dissipation étant de nature à égarer l'esprit, il était bon de la prévenir par une occupation continuelle, d'éviter la pratique et la pensée des choses inutiles, si ce n'est qu'on en parlât pour les condamner, pour apprendre que les grandeurs du monde, ses richesses et ses plaisirs, sont autant de pièges. Les amusements avaient aussi leurs dangers, et ce n'était que sagesse d'y substituer certains travaux, et surtout des pratiques religieuses prolongées, sévères, monastiques