SYSTÈME D'ÉDUCATION DES JANSÉNISTES
même, telles que les supportent des volontés appelées par une vocation particulière et librement assujetties à ces exercices.
Une fois sur cette pente, où s'arrêtera-t-on ? Jacqueline Pascal nous Tapprend dans ces règlements que nous citions tout à F heure. Car les femmes, avec le zèle de leur logique et k passion de leur dévouement, tirent encore mieux que les hommes les conséquences d'un principe. La vie monastique, claustrale, était en grande partie imposée aux enfants. Lever à quatre heures, à cinq heures au moins pour les petites. Récitation de toutes les heures de Toffice. On se tient debout pendant Prime et Complies ; on entend toute la messe à genoux, c On a éprouvé que cette coutume < n'est pas difficile quand on Ta prise de bonne heure. ^ Au réfectoire même modestie qu'à l'église, les yeux baissés pendant la lecture sans regarder de côté ni d'autre. Le silence régulier'observé depuis le lever jusqu'au Pretiosa de Prime, et le soir après T Angélus, même en été, même quand elles se promènent dans le jardin. Les élèves isolées les unes des autres ; « elles « ne doivent jamais travailler deux ensemble, si ce « n'est dans le cas de nécessité, » sans doute pour éviter des conversations dangereuses, ou la contagion de pensées dissipées. Les récréations supprimées par le fait. « On les habitue à aimer beaucoup l'ouvrage et « à porter partout de quoi travailler ; elles travaillent
< aussi aux récréations, au moins celles qui sont un « peu grandes... On peut les laisser jouer à quelques
< petits jeux innocents, comme à des volants, osse-
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c let& <Hi quelques autres. Ce u'est pas que cda se € fasse parmi nous présentenieiit (i657), car hors les c plus petites qui jouent toujours, toutes travailleat € sans perdre leur temps (4). »
Les défauts d'un pareil plan sautent aux yeux. Nous ne contestons pas qu'il soit sage et chrétien de commencer l'éducation au sortir du berceau, et de plier l'enfant par de bonnes impressions aux habitudes de la vertu et du travail. Nous regrettons, plus, que personne, l'entassement des élèves qui encombrent aujourd'hui nos collèges trop rares et trop étroits, dont la foule faisant les ténèbres autour d'eux déconcerte la surveillance la plus active, dont le ricmibre auprès d'un seul maître rend impossible la direction morale et intellectuelle de l'individu. Mais comment approuver ce régime de clottre ou de caserne imposé à la jeunese, ce travail opiniâtre qui refuse au corps les exercices nécessaires à son développement, cette vie sombre qui proscrit la gaieté, le meilleur repos de l'esprit, ces prières et offices prolongés qui infligent à la religioa un aspect dur et impitoyable ? On peut les appréci«[' même de nos jours par ce qui en est resté jusqu'à nou&« Car rinfluence des jansénistes sur l'éducation a été profonde. Leurs adversaires eux*mènaes,> pour ne pas paraître relâchés, en combattant leurs excès,^ eu avaient adopté une partie. La plupart de nos usages scolaires, sauf les exercices religieux, venaient de là directe-
{f ) Toir Saînt^-Beuvc r P^rt-RoyaVrTicXfff Cousin r Histsire de Jacqueline Pasûol^ notes.