DÉFAUT DE SÉCURITÉ PUBLIQUE
ce près dans nos villes et places » porter des paquets, et faire des messages, lever des gens de guerre, débaucher ceux de nos troupes... II a envoyé jusqu'à notre bonne ville de Paris et aux environs, des gens de ses troupes, lesquels y ayant entré avec toute liberté comme il est fort aisé dans une si grande ville où Fabord est libre à tout le monde, y ont enlevé des prisonniers, et iceux menés aux places dudit prince de Gondé, et ont tiré d'eux de grosses rançons après les avoir tenus rigoureusement en prison... Et quoique les défenses portées par nos ordonnances les dussent retenir. . . néanmoins aucuns d'eux n'ont pas délaissé, prenant avantage de l'impunité du passé, de continuer dans la même audace, et ne laissent journellement de venir presque dans nos maisons royales et autres lieux où nous nous trouvons, en sorte qu'il importe à la sécurité de notre personne aussi bien qu'à celle de notre État, d'arrêter le cours de ces entreprises (1). > En conséquence, la Déclaration ordonnait de rechercher, de juger, d'exécuter sans délai comme espions, tous les vagabonds, gens sans aveu, fauteurs et adhérents du prince de Gondé, et défendait à tous les sujets du roi, de quelque état ou condition qu'ils fussent, de donner à ces criminels logement, retraite, vivres et assistance quelconque, sous peine de crime de lèse-majesté. Malheureusement il était plus facile d'interdire ces atten-
(I) Texte de la déclaratioà du 45 avril 46»4. Les éditeurs des Mémoires de Torenne Tont insérée, en note, au commencement de la 3* partie de ces Mémoires.
tats que de les réprimer. Gondé n'était pas homme à renoncer pour ces menaces au brigandage. Il c continua longtemps dans la même audace. > On le voit, trois ans après (1657), dresser des embuscades à la princesse de Conti, sa belle-sœur, la nièce de Mazarin, expédier des partis de la garnison de Rocroi sur le chemin où elle devait passer, pour la conduire prisonnière à Bruxelles ou à Anvers, La princesse n'échappa que grâce à l'escorte supérieure en nombre, qu'on avait mise à la disposition d'une femme de la maison royale. Dans le même temps, il apprit que quatre de ses cavaliers, arrêtés par les troupes du roi, avaient été roués en Grève comme voleurs de grands chemins. 11 lui fallait une vengeance; il fit saisir, par ses corsaires, au bois de Vincennes, trois procureurs, deux du pariement et un du Ghàtelet, et il annonça qu'il allait les traiter, quoique étrangers à la cause, comme on avait fait ses cavaliers. En présence de ces tentatives , toujours rénouyelées, le conseil du roi prit une résolution qu'il n'était pas en mesure d'exécuter ; pour tenir les envahisseur^ à quelque distance de Paris, on décida de faire des redoutes sur toutes les avenues, et d'y entretenir deux mille hommes (1).
Gomment aurait-on extirpé ce mal de provenance étrangère, lorsque le gouvernement ne pouvait pas
{\) Journal du voyage de deux Hollandais :aoât et novembre 4657. On trouve en cctlc même année, une épUre de La Fontaine, où il se plaint dfs Roeroix qui infcsteni tons ks chemin», et s'excuse de ne pu voyager, sur le défaut de passeports signés par Ifars : Mars ou Condé, car c'est tout un.