PAUVRETÉ D'ÉLOCUTION
rets mérite qu'on lise Clovis, mais par le désir d\y trouver des arguments contre son arrogance, et de montrer à ce contempteur des anciens que ce n'est pas d'un moderne comme lui que leur poésie redoute aucune concurrence. Voici un de ses tableaux :
Là sont chevreuils, chiens, cerfs, et des nymphes les chœurs. Voici une de ses élégances :
Alors son noble cœur détestant les perfides Fit verser à ses yeux mille perles liquides.
Voici un de ses bonheurs d'expression que Chapelain aurait pu envier :
Son pressentiment qui ne peut s'alléger
L'étouffé, le saisit, et s'oppose au manger.
Jamais peut-être il n'y eut union plus complète entre . la sottise et l'aplomb, entre la recherche et la stérilité. Il faut bien ajouter, pour n'oublier personne, que le père Lemoyne, qui avait du talent, comme le reconnaît la Harpe, mais une imagination mal réglée et bi-
Le bon vent est levé; qu*on s*embarque, soldats, A bord, embarque, à bord, et ne le perdons pas. Elle entend les nochers» aussi triste que pâle, Crier : Amarre, hisse, et poude, et guindé, et cale. Rame, attache, appareille, et divers autres mots Qui ne sont entendus qu'à l'empire des flots.
L'un élève sa voix par des accents aigus ; L'autre abaisse sa voix qu'on n'entend presque plus. L'un suspend l'harmonie et puis se précipite, Passant d'un ton fort grave à la fugue subite. L'autre du ton subit repasse au grave ton En variant le mode en sa docte chanson.
L'un d'un adroit défaut embellit la musique. En s'écartaut un peu par un ton chromatique.
/arro, n'échappe pas au courant de mauvais goût qui entraîne ses confrères. 11 lui faut, à chaque vers, dei figures, et il entasse sans choix toutes celles qui s'offrent à son empressement. Les mâts d'une flotte sont (les forêts qui volent dans Vair; les voiles tendues qui donnent de l'ombre ôtent le jour à F air; un soldat blessé aux yeux reçoit la unit par les portes du jour ; un autre, (|ui perd connaissance, a la nuit aux yeux et la m^rl au visage.
Quanta Chapelain, reste-t-il encore quelque chose à dire de son style après Boileau? Nous avouons qu'en lisant la Pueclle, il nous a semblé que Boileau luimême n'avait pas tout dit. La dureté, les constructions rocailleuses, la répétition des mêmes mots sans raison et sans grâce, s(» heurtent à chaque page, cela est vrai, et l'on en peut ajouter bien des exemples à ceux qui sont déjà connus ( I ). Mais, ce qui nous frappe encore plus dans ce labeur de trente années, c'est l'impuissance de l'effort, en dépit do la persévérance, à trouver ce qu'il cherche, et la chute, en quelque sorte fatale, de la prétention dans le burlesque. Est-il, par exemple, pour désigner Jeaime d'Arc, un nom
•'!) Comme, quand, 0(1 l'Afrique est le (iliis iolitaire,
Duns le picgo dressé triM)uchc la paulhèrc...
Ilniissnnt l& main robuste h qui l'arier luisapt Malgré sa pesanteur ne paraît pas pesant.
La peur de cette prrte est si forte en ton cœur Qu'h travers du feu même, il peut aller sans pear.
Dans l'ouverte prison de ses bhnches pau|»ières Drux soleils anim(^s renferment leurs lumières. •>' ,
LVpQuvanté bourgeois