LA PAIX DES PYRÉNÉES
solide son indépendance. L'Espagne, qui avait si fort ù cœur de le reconquérir, consentirait-elle à le laisser en ivpos si la France, comme elle avait fait à MuDsler, pi>3tendait le comprendre dans la pacitication?
La France, de son côté, occupait la Lorraine depuis Hichelieu (l()3l). La possession de ce duché paraissait plus que jamais utile à Tunité de son territoire, à la communication entre ses diverses provinces, depuis Tacquisition de l'Alsace. Au contraire, la restitution réclamée par TEspagne avait été un des prétextes allégués par cette puissance pour ne pas participer à la paix de Westplialie. Il est vrai que les intérêts s'étaieot modifiés pendant la dernière période de la lutte. L'Espagne, brouillée avec le duc de Lorraine et le tenant en captivité depuis quatre ans, semblait moins engagée à défendre sa cause. La France qui avait reçu quelques services du frère du captif, el un renfort de ses troupes (I), n'avait plus, pour le dépouiller définitivement, le prétexte d'hostilités flagrantes el de danger permanent. Mais l'Espagne, outre le déshonneur d'abandonner entièrement un ancien allié, craignait un trop grand accroissement de sa rivale dans le voisinage des Allemands ; la France, tout en se relâchant de ses prétentions, avait besoin d'en retenir quel- (|ue chose pour prendre ses sûretés. C'était donc une
(4J Lorsque le duc de Lorraine fut arrêté par les Espagnols, il écnvil au commandant d«î ses troupes : Quittez promptemenl les Espngnols^ tua tout^ brûle:, tout^ cl souvenez-vous de Charles de Lorraine. Leduc Frauvois, son frère, continua encore pendaot un an à senirlcj Espagnols, mais on décembre 1655, il passa au senico de laFraace avec ses troupes.