‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 3)Chapitre 132 sur 151 · CONFÉRENCES DE L'ILE DES FAISANS · texte numérisé non relu

CONFÉRENCES DE L'ILE DES FAISANS

égale difficulté de ne rien rendre au duc de Lorraine ou de lui rendre tout. Il y avait en outre en Allemagne, à la rencontre des Pays-Bas et de l'empire, des adversaires de l'Espagne, alliés de la France, que Mazarin voulait faire comprendre dans le traité à leur avantage. Le duc de Neubourg réclamait la ville et la citadelle de Juliers et une partie du duché de ce nom que les Espagnols détenaient par suite de l'interminable querelle de la succession de Clèves et Juliers. Le ministre de Louis XIV appuyait cette réclamation avec autant dMnsistance que s'il se fût agi d'une conquête directe pour son maître. L'Espagnol ainsi poursuivi dans toutes ses ambitions, sur tous les points et à toutes les extrémités de ses États, ne cherchait qu'à gagner du temps, et se réfugiait dans les chicanes de mots, dans les interprétations frauduleuses, dans tous les délais qui pouvaient retarder la conclusion ou la lui rendre moins préjudiciable.

La suspension d'armes avait été conclue le 8 mai 1659; les conférences entre Mazarin et don Louis de Haro, ministre d'Espagne, ne commencèrent que le. 13 août. Elles eurent lieu sur la limite précise des deux nations, dans Tile des Faisans, au milieu de la rivière de Bidassoa. On a répété à satiété que la salle de réunion des plénipotentiaires avait été disposée de telle sorte que Mazarin était assis sur le sol français, et Louis de Haro sur le sol espagnol. Ces conférences, au nombre de vingt-quatre, se prolongèrent jusqu'au 7 novembre. 11 fallut donc près de trois mois pour accorder et concilier tous les intérêts. Il n*en était

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