‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 3)Chapitre 133 sur 151 · LA PAIX DES PYRÉNÉES · texte numérisé non relu

LA PAIX DES PYRÉNÉES

pourtant pas aux Pyrénées comme en Westphalie ; au lieu de vingt nations différentes, deux seulement étaient engagées et représentées dans la discussion. Cette lenteur s'explique par des causes assez curieuses.

La cour d'Espagne n'avait pas donné à Louis de Haro de pouvoir définitif; elle se faisait renvoyer chaque article à mesure qu'il était convenu entre les négociateurs. Dans la transcription de ces articles, il se glissait toujours, non involontairement, quelque terme nouveau dont on n'était pas tombé d'accord, et, quand l'approbation royale arrivait au ministre, Mazarin trop défiant pour ne pas saisir la lettre et l'intention de cette nouveauté, en réclamait la suppression sans crainte d'allonger le débat. Ce qui encourageait ce manège, c'était une cabale espagnole, obstinée à entraver une paix qu'elle estimait trop désavantageuse ; c'était un émissaire allemand aux gages de Condé près de Philippe IV, qui répétait que la lenteur était le seul moyen de triompher des exigences de Mazarin. Le ministre de France, disait-on, assailli d'embarras dont la fin de la guerre était le seul remède, engagé vis-à-vis des siens et de l'étranger à faire une paix depuis longtemps promise, ne pouvait consentir à la rupture sans se discréditer d'une part, sans multiplier ses dangers de l'autre; contre ces conséquences il ne lui restait d'autre refuge que d'accorder aux Espagnols toutes leurs demaor des(1). Aussi les chicanes renaissaient chaque jour, les interpolations ne cessaient de revenir de Madrid;

(I) Mémoires de Guy Joly. i

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