CONDITIONS DE LA PAIX
réel, la Catalogne, située en dehors de ses limites naturelles, et dans la Flandre Ypres et Oudenarde, dont la conservation aurait été une gène, tant qu'on n'était pas maître du cours de l'Escaut.
2° La France consent à rétablir le duc de Lorraine dans ses Ëtats, mais à des conditions qui concilient sa sûreté avec les égards dus à un ancien ennemi redevenu allié par les mauvais traitements des Espagnols. Elle retient le Barrois, Moyenvic, Stenay , Dun, Jamets, Clermont en Argonnc. Le duc recouvre le reste, mais il démolira les fortiflcations de Nancy, livrera en tout temps passage aux troupes françaises, et fournira du sel pour les trois Évêcliés et les villes cédées par le présent traité.
3° Les alliés' de la France sont, comme en Westphalie, l'objet d'une protection attentive et minutieuse. Un seul, le Portugal, est abandonné officiellement; la France se réserve trois mois pour négocier en sa faveur; au bout de ce délai, elle lui retirera son appui s'il n'est pas réconcilié avec la cour de Madrid. Les autres sont satisfaits aux dépens de l'Espagne. Le duc de Neubourg obtient la cession de la ville et de la citadelle de Juliers, et de tout ce qu'il prétendait en outre dans ce duché. Mazarin exaltait beaucoup ce succès ; il écrivait que la satisfaction accordée au duc de Neubourg valait mieux pour la France que la possession des quatre meilleures villes de Flandre, sans doute par le bon effet que ce résultat devait produire sur les Allemands. Le duc de Modène est mis à l'abri de toute vengeance. L'Espagne retirera la garnison qu'elle tient