Î8 LA PAIX DES PYRÉNÉES
poseront au caprice d'un de leurs ascendants le droit antérieur que leur assurent les lois de la monarcbie? Déjà il sufVit, pour Tannuler, de la pénurie du trésor espagnol : car elle est subordonnée au payement delà dot, et cette modique somme ne sera jamais payée. PliilipiK^ IV lui-même n'a pas pris cet engagement au sérieux. Quelques jours avant les noces, dit Motteville, il fit lire devant les grands de sa cour le contrat de mariage. Quand vint Tarticle de la renonciation : a Ceci, dit-il, est une fadaise (pataratta) ; si les fils me manquent, ma fille hérite de droit. > Mazarin rentendait bien ainsi; c'était Tespoir dont on se flattait à lu cour de France (1); ce fut la justification de toutes les entreprises de Louis XIV sur la monarchie espagnole.
fi** La politique ne remplit pas seule les 1 H articles du traité. Une part y est faite aux intérêts des particuliers, au commerce qui souffrait tant de la guerre et que la paix devait ranimer. On a accusé Mazarin de s'être trop peu préoccupé, pendant tout son ministère, de la prospérité des populations ; la plainte est assez fondée pour que Thistoire tienne à signaler ici une contradiction à cette insouciance. Il est stipulé que les marchands et négociants français seront traités, dans les États d'Espagne, avec la môme faveur que les Anglais et les Hollandais. La France aura le droit de négocier avec les pays neutres pour elle, mais en guerre avec TEspagne, sans être inquiétée par les Es-
(4 ) Mémoires de MoUeville. '