ANALYSE DES TRAITÉS D^UTRECHT
III. — Analyse des traités dlltrecht. — La fiierrc continae entre l'Empcrenr et la France. — Yillars contre Eugène. — Prise de Landau et de Fri bourg par les Français. — Cooléreaces pour la paix.— Traités de Rastadt et de Bade. — Situation de TEorope après les traités d'Utrecht et de Rastadt.
On connaît déjà, par les débats du congrès, les principales conditions de la paix d'Ulreeht. Voici le résumédeTensemble, réparti par nations, qui fera mieux comprendre à la fois ce que chacun y gagnait, et ce que la France ne perdait pas.
Angleterre. — Louis XIV reconnaît la royauté de la reine Anne, Tordre de succession établi en Angleterre en faveur de la maison de Hanovre, et s'engage à ne plus donner asile au prétendant. L'Angleterre reconnaît Philippe V pour roi d'Espagne et des Indes, à la condition que les renonciations des princes français au trône d'Espagne, de Philippe V au trône de France, demeurent une loi inviolable et toujours observée. Le roi de France consent à démolir les fortifications de Dunkerque, à en combler le port et ruiner lesécluses, mais il garde la ville et son territoire. Il cède à l'Angleterre, sur la baie et le détroit d'Hudson, les terres occupées par la Compagnie française de Québec, la moitié française de Tîle de Saint-Christophe, l'Acadie entière et Tîle de Terre-Neuve. Il se réserve le droit d'aborder à Terre-Neuve pour la pèche et d'y sécher le poisson sur une ligne de côtes déterminées. Il garde la propriété de l'île du Cap-Breton et de toutes les autres situées dans l'embouchure et le
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golfe du Saint-Laurent, avec la faculté d'y fortifierdes places. L'Espagneabandonne à r Angleterre Gibraltar et Tîle de Minorque, à la condition que la religion catholique y soit libre, et qu'il soit interdit aux juifs et aux maures d'y habiter ou de s'y réfugier. Pour le commerce, la France consent à la liberté réciproque, à l'égalité de traitement dans les deux pays, pour les marchands de Tun et de l'autre. « Les sujets de part et d'autre payeront les douanes, impôtsetdroitsd'entrée et de sortie accoutumés dans tous les Etats et provinces de part et d'autre.» Ils jouiront respectivement dans les deux pays des mêmes privilèges, libertés et immunités sans aucune exception. Les Anglais ne payeront pas plus que les Français le droit de 50 sols par tonneau établi en France sur les vaisseaux étrangers; les Français ne i>ayeront plus en Angleterre le droit de cinq shillings par tonneau, auquel ils étaient jusque-là assujettis; les tarifs de 1661 seront rétablis des deux côtés. L'Espagne transporte, de la Compagnie française de Guinée à l'Angleterre, Vassiento^ ou le privilège d'introduire les esclaves nègres dans les colonies espagnoles. La Compagnie française n'avait obtenu ce droit que pour dix années. L'Angleterre, moins négrophile en 1713 qu'aujourd'hui, se le fait adjuger pour trente ans. En outre, par ce privilège, elle va s'introduire peu à peu dans les colonies espagnoles. Les traités disent bien que l'Espagne ne cédera jamais à une nation étrangère aucune partie des Indes ou toute autre delà monarchie; que TEspagne ne permettra jamais à au-