‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 4)Chapitre 28 sur 135 · RECONNAISSANCE DU FILS DE JACQUES II · texte numérisé non relu

RECONNAISSANCE DU FILS DE JACQUES II

àcetleépoquelcNordetrEstde l'Europe des intérêts derOceident.RieiinedevaitdétournerCharlesXIIde ses projets de vengeance ou de conquête en Pologne et en Russie; les malheurs de Frédéric-Auguste battu^ etpendantun temps dépossédé de son royaume, ne devaient plus lui laisser d'autres soins que la défense desonéleclorat. Le contre-temps était d'autant plus fâcheux qu'il n'y avait qu'un électeur d'Allemagne, le Palatin, avec le roi de Prusse, qui eût embrassé la cause de l'Empereur. Ceux de Bavière et de Cologne étaient ou vertement alliés à la France, ceux de Ma vence etdeTrèves avaient arboré la neutralité. Les Cercles, vainement sollicités par le prince de Bade, général de l'Empereur, n'avaient consenti à lever des troupes que pour se mettre en garde contre l'Empereur aussi bien que contre la France. Mais Guillaume futdédommagé des hésitations de l'Allemagne par l'adhésion enthousiaste de l'Angleterre à ses projets.

Torcy a lui-même avoué que, jusqu'à la reconnaissance du prince de Galles par Louis XIV, une grande partie de la nation anglaise répugnait encore à la guerre, mais que cette déclaration du roi de France changea ces bonnes dispositions (1). Vainement, par un manifeste adressé à toutes les cours de l'Europe, le roi avait essavé de réduire cette reconnaissance à une simple formalité de politesse, à un titre honorifique laissé pour consolation au malheur. Vainement il rejetait la violation delà paix de Ryswick sur

;l; Torcy, Mémoires^ U)rao I .

LOUIS XIV. — T. vi. il

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l'alliance de Guillaume et des Etats-Généraux avec TEmpereur. Les Anglais se sentirent menacés dans leur indépendance par ce qu'ils appelaient la prétention d'un souverain étranger à leur imposer un roi. Leursadresses venaient jusqu'en Hollande chercher Guillaume^ pour l'inviter à défendre, par tous les moyens, sa personne et ses droits méconnus. Quand il rentra en Angleterre, la persévérance des mêmes sentiments l'encouragea à dissoudre un Parlement qui n'avait accepté ses propositions qu'à la dernière extrémité, et la nouvelle Chambre des communes, qui sortit de ce courant d'opinion, se prononça dès le premier jour pour l'action immédiate (9 janvier 1702] Dans sa harangue d'ouverture, Guillaume se déclara personnellement offensé par la reconnaissance du pntendu prince de Galles, et toutes les puissances de l'Europe menacées par les dernières démarches de Sa Majesté Très-Chrétienne. Les mesures prises jusqu'alors ne sentaient encore que la défensive ; cette fois les actes du Parlement pressèrent ouvertement l'attaque. La Chambre des lords demandait le rétablissement de l'Empereur dans tous ses droits, et le renversementde l'usurpateur du trône d'Espagne. La Chambre des communes voulutque, dans tous les traités d'alliance, on stipulât, par uneclause spéciale, qu'aucune paiv ne seraitconclueaveclaFrance,jusqu'àcequeleroiGuillaumeet la nation anglaise eussent reçu réparation de l'outrage que leur avait fait la reconnaissance du jor^'- /^n(/t/ prince deGalles (1). Pour soutenir cette réclama-

(1) Smolelt, Histoire cTAngleterre, cité par Sirtema de Groveslios.

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