ENCOURAGEMENTS AU COMMERCE
«difFérenls moyens de s'introduire dans les colo- « nies(l). » L'initiative du pouvoir, la protection, furent les principaux remèdes apportés à ces maux. Des lettres- patentes ordonnèrent rétablissement par tout le royaume de manufactures nouvelles (2). Les industriels soupçonnés de vouloir passera l'étranger furent envoyés à la Bastille et interrompes sur leurs inlentiens (3). Dunkerque fut déclaré port franc comme Marseille Favait été par Colbert (janvier 1700). Un nouveau conseil de commerce fut institué (29 juin 1700), pour examiner, au moins une fois par semaine, toutes les propositions et mémoires adressés au roi, résoudre les aflTaires et difficultés relatives au commerce de terre et de mer et aux fabriques et manufactures. Tous les intérêts y étaient représentés. Aux conseillers d'Etat et maîtres des requêtes nommés par le roi, étaient adjoints douze des principaux marchands du royaume, dont deux de Paris, et les dix autres de Rouen, Bordeaux, Lyon, Marseille, La Rochelle, Nantes, Saint-Malo, Lille, Rayonne, Dunkerque.Le contrôleur général pourrait au besoin y appeler deux fermiers générauxpourprendreleursavis (4).
(1) Isambert, tome XX : Règlement du 20 août 1698 pour le commerce des colonies ; établissement du conseil de commerce en 1700.
[2] Établissement de fabriques de verres et de cristaux gravés et ciselés (20 novembre 1699).
;3) Depping, Correspondance administrative : Lettre de Pontchartrain à d'Argenson, 9 novembre 1699, à propos d'un sieur Baille soupçonné de vouloir établir à Turin une manufacture de chapeaux, qui pourrait porter préjudice à celles de France.
(4) Isambert, tome XX ; Dangeau, 17 juillet 1700 ; Histoire de la ville de Paris^ tome 11, par Félibien et Lobineau.
Lés colonies avaient beaucoup souffert ; aux Indes ; parla perte momentanée de Pondiehéry ; au Canada^ par la lutte contre les Anglais; aux Antilles^ par la concurrence furtive deséti'angers. On n'avait pu donner suite à la découverte de la Louisiane. Du vivant même de Seignelay, Cavelier de la Salle avait succombé, dans une première tentative d'établissement, sous les coups de ses propres compagnons (1). Depuis, le temps et les forces avaient manqué pour le venger. Aussitôt après la paix deRyswick, le roi se retourne vers les colonies. Pour fortifier les Antilles, il tire des galères ceux qui avaientfait leur temps, quoiquece fût, dit froidement Dangeau, l'habitude d'y laisser à perpétuité les condamnés à temps aussi bien que les condamnés à vie (2) ; il y joint ceux qui sont devenus invalides, et expédie ces misérables pour peupler les îles. Il exempte de la capitation pendant deux ans les soldats congédiés de terre et de mer, qui voudront se faire habitants à Saint-Christophe et à Saint-Domingue, et leur assure à eux, à leurs familles et à leurs nègres, une ration quotidienne de farine pendant la première année (3). Les Espagnols lui ayant abandonné tacitement la partie de Saint-Domingtie soustraite à leur domination par les flibustiers et les boucaniers ^ il entend donner à cette possession un commerce florissant; et parce que des particuliers n'y pourraient pas suffire, il institue (sept. 1698) une Compagnie de
(1) Charlevoix, Histoire de la Nouvelle-France, tome Ht.
(2) Dangeau, 25 novembre 1697.
(3) Isambert, tome XX.