‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 4)Chapitre 6 sur 135 · LES COLONIES RELEVÉKS — LOUISIANE · texte numérisé non relu

LES COLONIES RELEVÉKS — LOUISIANE

Saini-Dominffue pourvue des mêmes privilèges que ta Compagnie des Indes-Occidentales (1). 11 y joint une autre ordonnance pour réserver aux Français le commerce des colonies françaises. Les étrangers avaient encombré ces marchés de leurs produits. Les marchands de France n'y trouvaient plus que peu de débouchés et ne parvenaient^ qu'après de longs retards, à rassembler leurs propres chargements. Le roi remet en vigueur les anciens règlements qui assuraient ce commerce et cette navigation aux suj^ets du royaume.

Dans cet entrain^ on reprit les projets de La Salle. Pontcfaartrain^qui avait la marine dans ses attributions, ex[)édia, en 1698, pour la Louisiane, deux vaisseaux sous le commandement de Château-Morand et d'Iberville. Arrivés, en janvier 1699, en vue de la Floride et de la baie de Pensacola, ils trouvèrent d'abord uneile souillée de débris humains^ tètes et ossements^ qu'ils nommèrent Massacre; le 2 mars, ils entrèrent dans les bouches du Mississipi , dans la Palissade^ comme disaient les Espagnols, formée des troncs d'arbresentrainés par le courant. Iberville commença par la construction d'un fort entre le Mississipi et la rivière Maubile; plus tard il fit un établissement sur cette rivière, puis des magasins et des casernes dans l'ile Massacre qui bientôt s'appela Dauphine. Mais le succès devait être lent; soit par le défaut de colons, soit par la crainte de la concurrence des Espagnols et des Anglais ; ceux-ci menaçaient d'établir dans le pays des

(1) léambert, tome XX, 20 août 1Ô98.

religionnaires français réfugiés. En 1712, la Louisiane ne complaît encore que vingt-cinq familles françaises; et ce n'est qu'en 1717 qu'ont été jetés les fondements delà Nouvelle-Orléans (1). Toutefois, c'est à l'impulsion de Louis XIV qu'il convient de rapporter la colonisation de la Louisiane, quoiqu'il n'en ait pas vu les effets.

Cette impulsion fut plus efficace et plus rapide aux grandes Indes. Ilavait fait rendre Pondichéry aux marchands français. La Compagnie des Indes-Orientales profita, sans tarder, decetavantage. Elle avait unagenl supérieur dans Martin, le fondateurde la ville, le plus grand administrateurqueles Françaisaient eu en Asie, de l'aveu des Andais. Elle lui envova des renforts, des officiers, des ingénieurs, des subsides; elle le nomma présidentduConseil supérieur qu'elle établit à Pondichéry. Martin répondit à cette confiance par un grand accroissement de prospérité. Dès 1699,1a \ illecomptait déjà cent maisons; dix ans après, la population montait de cinquante à soixante mille personnes. C'est le beau temps de la Compagnie des Indes. Dans cette période, elle bâtit en Bretagne, comme son principal entrepôt, la \\\le de Lorienty à la rencontre du Blavet et du Scorf, et dans une situation que l'intendant Nointel signalait, en 1698, comme la plus belle et la plus digne d'attirer les marchands.

En dépit de ces mesitres, qui aussi bien ne pouvaient disposer que pour l'avenir, il restait bien des misères,

(1) Charlevoiz, Histoire de h Nouvelte^France, tome lit.

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