BATAILLE DE RAMILLIES 'S
un encouragement à son ami le duc de Noailles en Rodssillon^ que « l'action de M. de Vendôme aurait vraisemblablement des suites (l) ». Il n'y eut pas jusqu'à la reine d'Angleterre qui ne s'émùt d'une affaire si capablededécourager le duc de Savoie; elle chargea Marlborough d'écrire à cet allié pour le détourner de faire son accommodement avec la France. Mais Marlborough répondit que les présages qu'on tirait de ce commencement de la campagne étaient faux^ et qu'avant la fin de l'année on verrait en Italie ce qu'on avait vu en Allemagne (2).
Par un succès non moins rapide, Villars, commandant de l'arméed'Alsace, couronnait la campagne précédente en complétant ladélivrance de cette province. En trois jours, il chassait les Impériaux de leurs derniers camps sur la Lauter, et des îles du Rhin; il les forçait à repasser le fleuve; et à l'intérieur du pays il s'emparait, dans Haguenau, de munitions et de provisions considérables (du 30 avril au 12 mai). Tous ces exploits ne luicoùtaient que cent quarante-huit hommes tués ou blessés, tandis qu'il avait fait trois mille prisonniers(3).Sion l'eut écouté, si au lieu de pousser les hostilités en Flandre, on lui eût envoyé les troupes nécessaires, il se faisait fort de reporter avec avantage la guerre dans l'Empire (4). En Espagne, Philippe V,
(i) Maintenon au duc de Noailles, avril 1705. (2) Note du duc de Lu y nés sur Dangeau, du 25 avril 1*706. i3) Pelet, tome VI, pages 407 et suivantes. (4) Mémoires de Villars : lettre de Villars à M°»« de Maintenon, au 1711.
338 PERIODE d'expiation. PREMIEBE PARTIE
avec le maréchal de Tessé, venait d'entreprendre le siège de Barcelone. Si le début n'avait pas été habile, on avait fini par trouver le vrai moyen de réussir. Le Montjouioh dont Toccupation avait livré lavilleaui alliés^ était repris pac les Français et les Espagaok (S5 avril). On se réjouissait à la cour de France de Pinutilité desefforts des assiégés ; presque toute la garnison de Barcelone^ tes habitantsen armes etun grand nombre de moines, sous le grand étendard de Sainte- Eulalie, qni ne se déployait que dans les occasions so* lennelles, avaient en vain fait une sortie contre les tranchées françaises : ils avaient été repousses avec des pertes sensibles (1).
Mais Marjborough devait être prophète, et même bien au delà de ce qu'il avait dit. Il n'avait parlé que de ritalie; tes désastres, avant d'atteindre l'Italie, s'abattirent d'abord sur la Flandre. Villeroi commandait toujours dans cette contrée ; il était plutôt fait pour provoquer les malheurs que pour les prévenir. L'électeur de Bavière, dont il paraissait dépendre, n'avait rien de l'application nécessaire pour le retenir ou le diriger sûrement. Fénelon, que ce prince avait visité, et qui était à portée de le considérer de près, a traeé de lui et de son administration dans les Pays-Bas un la* bleau dont l'histoire peut profiter pour expliquer les événements : « L'électeur me paraît mou, et d'un génie médiocre. . . Il e^t bien prinpe, c'est-à-dire faible dans sa conduite et corrompu dans ses mœurs. Il parait
(1) Dangeau» 30 avril 1706.