LES FINANCES SOUS CHAMILLARD
que par la durée. Il justifiait rétablissement des trésoriers de fabriques par le besoin dé prévenir la dissi-
pation trop souvent commise par les marguilliers comptables^etde faire du prix d'achat lagaraatied'une bonne gestion. Quelquefois il affrontait le ridicule eommedans la question des perruques. Les perruques ne contribuant pas moins à P ornement de F homme qu'à sa santéy il trouvait juste de garantir les maîtres passés en cel art et le public contre la contrefaçon des gens sans expérience. Le plus souvent, il avouait que la dépense des armées obligeait le roi à recourir à des moyens extraordinaires^ et qu'une ressource, indispensable con- * tre la jalousie des peuples voisiiis, c'était la création et la vente de tant d'offices de judicature^ de police et de finances. Mais par un résultat imprévu, on s'aperçut que cette ressource en tarissait d'autres. A ces offices était attaché^ entre autres privilèges, celui de ne plus payer les impositions ordinaires; pour une somme une fois donnée, supérieure, il est vrai, aux contributions annuelles, l'acquéreur échappait aux charges publiques pour toutes les années suivantes. Les habitants les plus aisés des provinces s'empressant, par ce calcul, d'acquérir les offices, il se trouva que lenombre des exempts et privilégiés était tellement multiplié qu^à peine restait-il un nombre suffisant de contribuables pour porter les charges. Un édit spécial (août 1705) y pourvut en révoquant une partie des privilèges sans supprimer les offices. «Nous avons pris d'autant plus volontiers « cette résolution , disait l'édit, que les gages et les « droits attachés.aux offices sont plus que suffisants
« pour indemniser ceux qui les ont acquis de la a finance qu'ils nous ont payée(l ). »
Contre les insufTisances qui remiissaient à chaque effort tenté pour les compenser, le ministre se rejetai! çà et là sur les moyens arbitraires : des impôts forcés, des taxes imprévues, des anticipations de payement. Au début de la guerre, quand arrivaient en Espagne les galions d'Amérique que les Anglais brûlèrent à Vigo (1702), Louis XIV avait conseillé à Philippe V de confisquer, au profit de la France et deTEspagoe, toutes les sommes qui appartenaient aux Anglais et aux Hollandais ses ennemis déclarés, et de retenir comme emprunt jusqu'à la fin delà guerre, à charge d'intérêt à 6 p. 100, tout ce qui appartenait aux Espagnols et aux nations neutres. Le conseil 9 assez peu conforme à la probité, fut suivi en grande partie: Louis XIV en relira pour sa part, et en dédommagement de ses avances, deux millions qui, convertis en monnaie française au moment d'une refonte et d'un rehaussement de l'argent, lui rapportèrent une plusvalue de cinq cent mille livres (2). En 1705, on taxa subitement les maisons que les bourgeois des grandes villes possédaient à la campagne; ce fut un profit de trois à quatre millions (3). En 1707, on tenta de renouveler ce que Mazarin avait essayé une fois (4) : uoe
(1) Voir dans lâambert) tome XX, le texte ou les extraits de toos ces édits.
(2) Dangeau, juin 1703. Mémoires de Noailles.
(3) Dangeau, 8 septembre 1705.
(4) En 1655. Voir notre deuxième volume, ch. xn.