‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 4)Chapitre 90 sur 135 · FERMETÉ DE LA REINE ANNE · texte numérisé non relu

FERMETÉ DE LA REINE ANNE

France et pour la religion catholique^ déclara que tout traité qui laisserait à Philippe V TEspagne et les Indes livrerait du même coup l'Europe à la France. Il ajoutait d'un ton prophétique qu'en moins de trois ans la reine serait n^issacrée^ et les bûchers allumés au cœur de Londres^ comme au temps de Marie Tudor, pour anéantir tous les protestants. Au dehors plusieurs des alliés présentèrent parécrit leurs protestations: l'archiduc Charles devenu, par le choix des électeurs d'Allemagne, l'empereur Charles VI, le conseil d'Etat des Provinces- Unies, l'électeur de Hanovre, héritier présomptif de la couronne d'Angleterre. L'Empereur dénonçait dans ces préliminaires ^^W2e;oyw^^/'«r///îctf d'un ennemi qui, à bout de moyens de résistance, ne se proposait plus que de diviser les alliés, et, dans la cessation d' une guerre entreprise pour la seule maison d'Autriche, le commencement du très-honteux esclavage de F Europe ; il se refusait absolument à envoyer aucun plénipotentiaire pour traiter sur de pareilles bases. Le conseil d'État des Provinces-Unies repassait, dans un verbiage ampoulé et interminable, tous les événements de la guerre pour démontrer la nécessité de la continuer. Tant de victoires éclatantes attestaient la puissance des alliés; mais les ressources que Tennemi avait su tant de fois retrouver pour réparer ses pertes les obligeaient à le poursuivre jusqu'à son épuisement complet. Qu'importaient les charges extraordinaires imposées aux Provinces-Unies pour cet objet? Les grandes choses ne s'acquièrent ordinairement qxCi haut

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prix y et t honneur et la gloire ne se laissent aborder que par des chemins scabreux et escarpés. On devait à Dieu de persévérer dans la lutte^ en reconnaissance de tant de victoires passées^ et In prudence et la saine raison condamnaient une inaction qui entraînerait la perte de tant d'avantages. L'électeur de Hanovre s'attaquait directement au gouvernement anglais. Destiné à régner sur l'Angleterre, et y comptant les whigs pour amisy il faisait appel à leurs sentiments pour contrecarrer le projet des nouveaux ministres. Son grand grief était la conservation de TEspagneà Philippe V. Selon lui le danger était le même qu^au temps de Guillaume III. Comme, malgré la paix de Ryswick^ Louis XIV avait reconnu pour roi d'Angleterre le fils de Jacques II, dès qu'il avait senti sa puissance doublée par l'avènement de Philippe V, aujourd'hui l'affermissement de son petit-fils lui donnerait la puissance de rétablir le prétendant; et, par l'union déso^ mais inévitable de trois rois catholiques si forts par terre et par mer, c'en serait fait à jamais de la religion protestante et de la liberté de l'Europe (1).

Non contents de cette opposition ouverte par écrit, les trois alliés y joignirent l'action occulte des intrigues et des complots pour soulever l'opinion contre les ministres anglais, et supprimer par leur chute leur projet de paix. Buys le Hollandais, envoyé à Londres dès le mois d'octobre, y trouva une connivence utile

(1) Actes et Mémoires de la paix d'tftrecht, tome !«■' : Protestations de TEmpereur, 8 novembre 171 1 ; du conseil des Provinces-Unitfi 13 novembre; de Télecteur de Hanovre, 9 décembre.

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