FERMETÉ DE LA REINE ANNK D
dans le comte de Gallas^ ambassadeur de rarcliidiic, et dans le baron de Bothmar, représentant de Télecteur de Hanovre. II avait pour mission avouée de remontrer rinsuflisance des préliminaires, la nécessité d'attendre des propositions plus explicites de la part de la France, et d'écarter du congrès les plénipotentiaires d'Espagne, de Bavière et de Cologne. C'étaient là les points qu'il débattait avec le gouvernement anglais; et pour les obtenir il ajournait indéfiniment la délivrance des passeports demandés à la Hollande pour les plénipotentiaires français et confiés à sa garde par ses maîtres. Mais en même temps il pratiquait en secret tous les mécontents; il ne voyait, il ne recevait que des wliigs et des partisans de Marlborough. Le comte de Gallas en était un, et des plus compromis; il n'était resté en Angleterre, après l'élévation des nouveaux ministres, que sur les instances des whigs; il avait cru dénoncer les ministres comme traîtresen faisant imprimer les préliminaires quand ils ne lui étaient encore communiqués qu'à titre confidentiel; et il venait de se permettre contre la reine des offenses indignes de son caractère officiel. Bothmar était comme son maître un whig pur; il ne connaissait d'autre parti que celui qui avait réglé lu succession en faveur de la maison de Hanovre; les tories ne pouvaient être pour lui que des instruments desStuarts, et la paix proposée que le complément de la ruine des whigs. Avec des complices si bien disposés, Buys étudiait les moyens d'irriter et de soulever la nation anglaise. Tantôt on pensait à profiter des occasions quiappe-
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laient la multitude dans la rue^ comme la fête anglicane où le peuple s'amusait à brûler le pape en effigie, et à couvrir un coup de main politique, l'enlèvement des ministres ou même de la reine, sous le bruit el l'agitation d'une coutume nationale. Tantôt il s'agissait de renouveler la révolution de 1688, d'appeler sans délai en Angleterre Télecleur de Hanovre etdelui faire remplir contre la reine Anne le rôle du prince d'Orange contre Jacques IL Ces complots n'étaient pas si secrets que Louis XIV lui-même n'en eût connaissance, et ils n'étaient pas si téméraires qu'il fût prudent de n'en pas tenir compte.
La reine ne se laissa pas intimider. Elle interdit l'entrée de sa cour au comte deGallas. L'Empereur fut averti qu'elle recevrait volontiers un autre minisire d' Au triche, mais qu'elle ne voulait plus d' un séditieux, fauteur de troubles dans son royaume. Louis XIV, en lui expliquant ses intentions envers chacun des belligérants, lui permettait d'offrir à chacun d'eux des conditions honorables, et la préservait du reproche d'avoir abandonné ses alliés. Encouragée par cette certitude, elle tint tête aux représentations belliqueuses de Buys; elle lui opposa l'épuisement de l'Angleterre par des dépenses au-dessus de ses forces, l'épuisement même de la Hollande, quidepuis plusieursannéesétait impuissante à fournir soncontingent : « Vo> maîtres, dit le grand trésorier à Buys, sont-ils en état de réparer le passé et de satisfaire désormais à leurs engagements? » Le Hollandais interdit fut réduit à avouer par son silence que, quand on ne pouvait plus