‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 111 sur 136 · TRAITE DE RASTADT 60Ç · texte numérisé non relu

TRAITE DE RASTADT 60Ç

« cialion. » Ce dépit l'emporta jusqu'à la tentation de désavouer sa conduite envers la France; il chargea Villars d'exprimer à Louis XIV son regret des choses qu'il avait été contraint de faire contre lui (1). Il était un peu tard pour abjurer sa haine^ alors qu'elle était convaincue d'impuissance, et pour redemander les bonnes grâces d'un souverain si opiniâtrement poursuivi, alors qu'on n'avait plus d'espérance de le brûler dans son palais. Aussi Louis XIV accueillit cette avance singulière avec l'indifférence qu'elle méritait : « J'ai toujours, dit-il, regardé le prince Eugène comme sujet de l'Empereur, et dès lors comme ayant fait son devoir. » Mais si l'on comprend le mécontentement d'Eugène, on a peine à croire que Villars ne fût pas content. Non, la gloire deDenain et de Fribourg, la gloire de Rastadt, l'honneur d'avoir sauvé son pays par la guerre et par la paix ne suffisaient pas à ses convoitisesd'orgueil. Il voulait être connétable et ministre. Il en réitéra la demande auprès du roi. et de M°^® de Mainterion. Le roi, qui n'entendait à aucun prix rétablir cette grande dignité, si dangereuse quelquefois à l'autorité royale et abolie par Richelieu, la refusa absolument à Villars. Il s'efforça de l'en dédommager par les distinctions les plus flatteuses, parles compliments les plus délicats. Il lui donna à Versailles l'ancien appartement du Dauphin; il lui 'dccovdsiles ffrandes entrées ; il le créa maréchal-général comme Turenne. Rien n'y fit. Le désir d'être con-

(1) Mémoires de Villars.

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