‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 117 sur 136 · LUTTE DE FÉNELON CONTRE LE JANSÉNISME · texte numérisé non relu

LUTTE DE FÉNELON CONTRE LE JANSÉNISME

protestants, c'est-à-dire le dernier docteur de la question, et ses ouvrages renferment un corps de doctrine complet sur les matières de la grâce. Les Pays-Bas, et jusqu'au diocèsedeCambrai,abondaientenjansénistes que multipliait l'esprit des anciens ^w^wo;, la protection de la Hollande et la conformité du jansénisme avec le calvinisme. Tolérant envers les personnes jusqu'à se faire le garant de leur sécurité^ Pénelon fut pendant dix ans l'adversaire infatigable, inépuisable de leurs erreurs. C'est en 1704, l'année même de la mort de Bossuet, qu'il débuta par une instruction pastorale contre le Cas de conscience. Dans cette instruction, ou plutôt ce livre, il foudroie le silence respectueux

en prouvant l'infaillibilité de l'Eglise, et par conséquent la nécessité d'adhérer d'esprit à ses décisions, quand elle prononce sur la catholicité ou l'héréticité d'un livre ; et il prouve cette infaillibilité par les promesses faites à l'Eglise, par la pratique constante de rÉglise dans tous les siècles, par Tautorité du clergé de France, par les propres aveux des disciples de Jansénius; car ceux-ci adhèrent à l'autorité de KEglise quand elle approuve saint Augustin; de quel droit rejettent-ils cette autorité quand elle condamne l'évêque d'Ypres? Il relève enfin l'indécence, le peu de bonne foi, les inconséquences du silence respectueux, et le convainc d'autoriser le parjure, Thypocrisie, les restrictions mentales et l'attachement aux erreurs les plus monstrueuses (1). Ce livre fit grande sensation.

(1) Voir celte instruction dans les Œuvres de Fénelon, édition de Saint-Sulpice^ tome II, pages 105 et suivantes.

La célébrité de railleur, la méthode simple et claire qui s'y faisait agréablement sentir, la modération du langage où les adversaires eux-mêmes ne trouvaient rien à reprendre, désignèrent dès lors rarchevêquede Cambrai comme le principal champion de la vérité catholique; honneur qui, en lui conciliant la confiance des orthodoxes, et en excitait toute ramertume du parti contraire, le constitua en état de lutte permanente contre les disciples avoués ou silencieux de Jansénius et de Quesnel.

Louis XIV avait fort à cœur de s'opposer au renouvellement des troubles excités par les propositions de Jansénius, et si heureusement apaisés par lui. Il l'avait écrit aux évêques en leur transmettant le bref de Clément XI . Il était convaincu, comme Richelieu^ que tout ce qui agite TEglise peut également agiter l'État, et c'est dans ce sens qu'il redoutait moins un athée silencieux qu'un janséniste remuant, si toutefois celte anecdote n'a pas été forgée par Saint-Simon. Ledei"nier bref paraissait insuffisant pour le rétablissement de la paix, parce qu'il contenait certaines clauses el formules contraires au langage el aux maximes des tribunaux français, et que les magistrats s'opposaieni à ce que, dans cet état, il fût revêtu du sceau de l'autorité royale. Le roi supprima cette difficulté en demandant au pape, non plus un bref, mais une bulle qui exprimât les décisions les plus précises el les plu»; énergiques contre les subtilités des jansénistes, sans v mêler aucun de ces termes dont s'alarmaient les partisans des //^^r/^.v^a//2Câ'«^»v. Demandée par le roi^enre-

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