MULTIPLICATION DES ACADEMIES
rager à lui faire voir des ouvrages qui fussent de dignes fruits de ses libéralités. En 1705, Foucauld, Tintendantérudit etmédailliste, venait d'obtenir la reconnaissance par le roi de Tacadémie qu'il avait organisée à Caen. « Je suis bien aise, lui écrivait Pontcliartrain, d'y avoir contribué, mais si vous voulez que j'aie pour cette nouvelle assemblée, et pour ceux qui la composent, des sentiments d'estime et de considération, et que je leur rende tous m«s bons offices dans les occa • sions, je vous priede leur recommander den'appliquer leur esprit et leur science qu'aux ouvra^^esqui le méritent, et surtout de ne penser jamais à moi (1). » Plus tard, sur la fin de la guerre, il ranimait l'académie d'Angers, presque détruite par la mauvaise volonté de son directeur ou l'indifférence de ses membres qui oubliaient de nommer aux places vacantes. Il les excitait à nommer un autre directeur, et à combler les vides : « Malheur à vous, leurdisait-il, si par de fausses et basses complaisances vous trahissez Tintérét public ! »
Cette assurance d'une haute protection, encourageant le zèle, multipliait les corps savants. A Lyon, il se formait une académie par les soins de Brossette, à qui Boileau prédisait, dès l'anlTOO, un brillant avenir. Elle siégeait au plus fort de la guerre, pendant qu'on n'était pas bien assuré de n'être pas visité par les armes du duc de Savoie, et Brossette rendait compte de ses
(1) Depping, Correspondance administrative : lettres à Bignon, 22 décembre 1702 ; à Tabbé de Caumartin, 9 juillet 1703 ; à Foucauld, 3 février 1705. .
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séances à Boileau. Elle n'a pourtant été confirmée par raiitorité royale qu'en 1724. Bordeaux fut plus tôl récompensé de son ardeur pour les lettres et le^ sciences (1712). « Le roi, dit Dangeau^ établit pai lettres patentes une académie à Bordeaux qtii sera pour les helles-letlres et pour les sciences. Elle sera composée de vingt académiciens, tous gens de ce pays-là, et il y aura vingt autres places pour des honorairesel des agrégés qui pourront être de tous pays. C'est le duc delà Force qui a demandé au roi l'établissement de cette compagnie, et il en sera le protecteur, eommele ca rdinal d'Estrées Test de celle de Soissons, et moi, de celle d'Arles, qui sont établies depuis longtemps (I). » Il est certain que le roi se complaisait à développer ces institutions,et à attacher son nom à leurs progrès. Cela se fait sentir au\ lettres-patentes par lesquelles, au sortir de la guerre, en 1713, il confirme l'établissemeûl des Académies des inscriptions et des sciences. Il y célèbre la splendeur qu'apporte aux États lesoindes lettres et des beaux-arts, la perfection où sont parvenues, sous son règne, la langue, l'éloquence et la poésie par les travaux de l' Académie française, œuvre de son père. Il rappelle comment il a créé lui-même successivement l'Académie des inscriptions et celle des sciences, et les a soutenues par des bien&its que la difficulté des temps n'a jamais interrompus, et comment, après la paix de Ryswick, il leur a témoigné sa satisfaction en réglant l'objet, l'ordre et la forme de
(1) Dangeau, 13 octobre 1712.