‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 42 sur 136 · CAMPAGNE DE 170B EN FLANDRE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DE 170B EN FLANDRE

de l'éleclorat de Cologne. Kayserswerth était investi depuis le 15 avril.

La campagne de 1702,1a première de la coalition, commencée dans les Pays-Bas, ne fut pas heureuse de ce côté pour la France. D'abord, la grande armée française, commandée par le duc de Bourgogne, ne sut ni porter un secours efficace à Kayserswerth , ni opérer unediversion décisive dans le Brabant hollandais. Les troupes détachées vers la ville assiégée en furent bientôt rappelées pour couvrir un autre point; et la grande armée, passant par la Gueldre espagnole, entre l'électorat de Cologne et le Brabant, s'avança vers Clèves et le Wahal. Là se trouvaient en effet les principales forces hollandaises. On put croire d'abord à un grand succès; l'ennemi reculant toujoursen bataille fut poursuivi avec vigueur jusqu'à la contrescarpe et aux palissades de Nimègue; harcelé encore dans cette position parla mousqueterie et le canon, il fut réduit à se jeter dans les chemins couverts et dans les fossés, et à fuir en désordre vers le pont du Wahal, pendant que les vainqueurs se tenaient en bataille devant les remparts, à demi portée du mousquet. Ce fut, disent les rapports officiels (1), une action d'une effronterie magnifique^ et, pour le duc de Bourgogne, le début d'un très-grand et très-bon général, et d'un très-digne petit-fils du roi. Les Hollandais avaient perdu dans la déroute trois cents chariots d'artillerie et de bagages, mille

(1) Pelet, tome II, rapport de Boufflers du U juin 1702, et un autre de d'Artagnan.

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chevaux qui y étaient attelés, environ mille hommes tués ou pris, et surtout l'honneur et le prestige moral de gagner la première bataille. Ils se retranchaient déjà dans le Betau, en prévision des basses eaux et d'une attaque [sur Tolhuys ou surSkenk. Ils ne tardèrent pas à se rassurer. Les vainqueurs furent ramenés, par le besoin des subsistances, de Nimègue dans le pays de Clèves, et, quatre jours après, Kayserswerth, insuffisamment secouru, capitulait (15 juin 1702). Lagarnison et le commandant Blainville avaient épuisé toutes les ressources que donnent le courage et l'habileté, soutenu dans une mauvaise place cinquante-huit jours de tranchée ouverte, tué aux assiégeants plus de neuf mille hommes. Blainville jugea le moment venu, selon les instructions mêmes de Louis XIV, de sauver ce qui lui restait de troupes au lieu de les perdre par un héroïsme inutile. Il régla lui-même les clauses de la capitulation. Tel était l'empressement des ennemis à tenir enfin un succès, à constater un avantage sur la France, qu'ils accordèrent tout, même le rasementdela place, sous la garantie d'otages qui ne seraient rendus qu'après que cette opération serait accomplie. La garnison sortit avec tous les honneurs de la guerre et en toute liberté. Mais la perte de Kayserswerth inaugurait les victoires de la coalition. Ce fut le prélude et comme l'augure de beaucoup d'autres avantages. L'armée qui avait pris Kayserswerth se rapprocha de celle qui avait été battue à Nimègue; il vint s'y joindre des renforts de Hanovre, de Zell et d'Angleterre. Marlborough arrivait à La Haye

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