‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 43 sur 136 · CAMPAGNE DB 1702 EN FLANDRE · texte numérisé non relu

CAMPAGNE DB 1702 EN FLANDRE

pour convenir arec les États d'un nouveau plan d'opérations; les Hollandais n'hésitèrent pas à lui confier le commandement de leui% troupes comme il avait celui des Anglais^ et donnèrent par là aux forces de la ligue l'unité et la supériorité de direction. Pendant que l'ennemi resserrait ses forces, Liouis XIV fut contraint de démembrer les siennes. Le mauvais état des afiâires en Alsace lui faisait un devoir d'affaiblir l'armée du duc de Bourgogne pour fortifier Catinat. Ce dérangement j disait-il lui-même, réduisait l'armée des Pays-Bas à renoncer à toute entreprise, et à se tenir sur une défensivepeu assurée (1). Marlborough en profita pour entreprendre avec plus de confiance ; il passa la Meuse à Grave, dans le dessein d'éloigner les Français du duché de Clèves et de la Gueldre. Dès ses premiers mouvements, l'armée du duc de Bourgogne recula jusqu'au Brabant espagnol. Arrivé dans l'évêché de Liège, Marlborough expédia plusieurs détachements dans la Gueldre pour assiéger les villes de Venloo, Stewensverth , Ruremonde, se réservant d'assiéger Liège avec ses forces principales. Ce plan réussit de toute part. Les villes de la Gueldre étaient faibles de garnison et de moyens de défense; Venloo n'avait qu'un chemin couvert avec un fossé, et son enceinte n'était revêtue quedu côté de la Meuse; les deux autres étaient encore en plus triste état. Bien plus, quand le duc de Bourgogne parla de secourir Venloo, le conseil

(1) Général Pelet, tome II : lettre de Louis XIV à Bourflers, 30 juin 1702.

des officiers généraux allégua contre cette témérité la difficulté des chemins, le manque inévitable de subsistances dans un pays trop bien gardé par les alliés.

La pensée dominante de Boufflers était aussi qu'il importait bien plus de garder le Brabant, voisin de la France, que la Gueldre, qui en était si éloignée (1). Ce sentiment, qu'on ne prit pas même la peine de cacher, ne fit qu'accroître la confiance de l'ennemi : Venloo succomba le 25 septembre, Stewensverth le 20 octobre, Ruremonde cinq jours après. Au moins il était raisonnable de soutenir Liège, plus rapprochée de la France que le Brabant, une ville d'ailleurs qui appartenait à l'électeur de Cologne, et dont la perte pourrait contraindre ce prince à se réconcilier avec l'Emipereur. Louis XIV ordonna à Boufflers de s'avancer vers Liège, de se retrancher dans le voisinage de cette place. Boufflers discuta, prouva qu'il ne pouvait quitter le Brabant sans danger pour cette province, ni risquer par des mouvements de troupes une rencontre avec des ennemis supérieurs en nombre, qu'il suffisait de renforcer la garnison de Liège, et de faire une diversion du côté du Rhin pour attirer l'ennemi de ce côté. Liège reçut en effet quelques bataillons de renfort, etTallard fut chargé de la diversion. Mais Marlborough investit Liège le 13 octobre, et pendant que Tallard s'acquittait vaillamment de sa mission sur le Rhin et la Moselle, prenait Trêves, Trarbach, et met-

Il) Général Peiet, tome II : lettres de Boufflers des 31 août et 4 septembre 1702.

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