BATAILLE DE RAMILLIES
retraite. L'artillerie en têle, rinfanterieati centre, la cavalerie à rarrière-garde, défilèrent d'abord sans obstacle dans la direction de Louvain ; mais, au défilé de Jadoigne qu'il fallait franchir, quelques voitures d'artillerie se brisant encombrèrent la voie. Cet obstacle imprévu inspire à tous la crainte d'être écrasés par les vainqueurs; des cavaliers espagnols pressent leurs chevauxà traversTinfanterieen criant: Sauve quipeut! les fantassinsetlescanonniers prisde la inéme panique se débandent, jettent leui^ armes et fuient dans toutes les directions; la cavalerie ennemie survenant sabre ou prend tous ceux qui ne peuvent pas fuir, et l'armée de France et d'Espagne parait complètement dissipée. La bataillemémen'avaitcoùtéquedeux mille hommes aux deux couronnes. La retraite coûta six mille prisonniers, un grand nombre de drapeaux et d'étendards, et cinquante-quatre pièces de canon des soixante qui formaient l'équipage d'artillerie. Les fuyards ayant pris la route de Bruxelles, de Nivelles et autres places de Brabant, il fallait désormais un temps assez long pour les rassembler. Beaucoup se cachant dans les bois, la désertion devenait facile, et. les Belges surtout profitèrent de l'occasion. Ce qu'on pouvait encore appeler le gros de l'armée arriva à Louvain sans tentes, sans marmites, presque sans armes, et dans la confusion d'une déroute incomparable.
Le désastre, l'humiliation dépassait Hochstett. Qu'on se représente l'étonnement de Louis XIV, lorsque, le26mai,àson réveil, il reçut une nouvelle aussi
34ê PÉRIODE b'ÉîHÀtlON. PfeESilèÂfi PARTIE
Iclmehtablè^ à laquelle Heii île Tàvalt préparé, k Oti n'tiVâit jamais Vu lltté pliisgrànde béVoldltbn eh 2ibltl$ de temps. Oh h'étall qu'ali ebmidiéhcement de lu dm* pàgne^ et déjà lëâ ehhétiils étaieht bn état de faire tdiil ce qu'ils Voudl-aièht. » a Pbùr moi, dît k*' de Màlû- « tëiiott, j'ai été étonnée, frappée, abdlllie, indigHèë, « jîëtWfiée dàils le préfaiiët mothfetit. 'A Le roi èil âbtiffrit d'aiitant plus profondément qd'il é'iniposà làbohtràîHtë decbhtëriir àèà éihôtlbns : a J'âvbuë, dît feHborë « M'"* dé Malnlëtiôb, biie la souffrance de le vblr « souffrir fel dé cohttaitldre est grande (1). >^ Là fbt tidt à sbh aidé; le séntlkneht chtétien, et le beâoih de ne pas faillir à sa dignité et âses^ devoirs, liil cohsérvèi*enl la l^téSénce d'esprit et l'activité nécessaire, oc Kbiis « ri'avonspasété hébreux en Flandre, édrivâlt-ll à Phl- « lîpjife V; il faut se $odihëtti*éâuxjligemenîs dé Dlëu; « et croit é que, si rions profitons des disgrâbës qii'il « nous envoie, elles nous procureront dés biéiis ibil- « dëi^ et éternels (S). » Il écrivait aussi àsonihliiistte: (( Toiitëi^ lés nouvelles sont accablantes ; iiiais il ne fkut <c paii Se laisïibr abattre, lii manquer à fdihî tdtit cif \\VA a e^tpossiblepbitrsoi^tirderétatôù noù& sbtàthe!i(3). 1» Il ebvoyà Chaihillâixl ëH Flandre pour côiinSItre Tétai etrésJ)rildél'àtmééelle3ihésiirésàpréridre.PrëbcbUpi dés danger^ de la Flahd»*e marilime, eldëi cbiivôitl^ de l'Angleterre sur les botes, il confia à Vâubàh la dé-
(1) Letifeis de M<"« de Màidlenoii ati duc de Noailléë, Jdih 1706.
(2) CEiiVT^S de Louù XIV, tome VI.
(3) Lettre du roi à Chamillard, l®»" juin 1706 ; Pelel, lome VI, page 5ë.
PERTE DES PÀTS-BlS ESPXœ^'OUS MS
féhse de Furiies, Dunkerque, Berçues, GrsiTeliiie^Hde tôiit \é pAyi en dépetidant. La roi^publiqiiesedfrhaê liait cbhtbe Vilteroi à Tamipe et daos Paris. Sacrifiant sd Vieille dtnitié^ il lui ànhonca aTeè leâ ménaonirat^ le^ [lltis délicats qu'il ne {k>iivâit lui laisser son eomliiàlldemënt^ et Tinvita^ pour s*épâr«:ner Tappamire d*ilHe disgrâce^ à dotoner de lui-méinesa dêmissioa. Le tnalhëiii*eut Villeroi accueillit cette proposition ébAûïë ûhe ihjiire, prétendant prouter qu'il n'avait pàâ mêHté de perdre sa placé; il répondit sidarenient à céâ lHarqlieâ d'amitié^ que M°^ de MaintebcHi i^ ndiicâ à lai écrire dans la crainte d'être aussi mil tnîtéé que lé roi. Loiiis XIV tint bon, il appela Vmdôme âii côtbmândeibëiit de l'amiée de Flandre^ et déëlârâ dàtisla ^teiite qu'il Tallait à cette armée M ckpf gtA s'nttirût h cônfimce tteÉ cheft et des 9fMùH^ ^ redormdt aux troupes cet esprit de pïrce et faud^Ét^ si naturelle à la nation françatse. Ce choix contribuai au Aotlis à calmer l'opinion, comme on putleroirant acclamations qui accueillireht Ib dae dé Vendôni^ S ^n passage à Paris (1).
(1) Ehire Rb» i>rettv«s dé Hieilv«ilMilée A LîMi XIV (fnbr Viltem?, aa moment même de sa dœtitaCîoo, oo dl« toojoars ee mot charmant qull lui aurait adrea^ à aon retoar : Jfoymeur le mtw^rhnL on n'est phts heureux à ko&e âge. .%w dH^ons dîf^ que ^4&i ir-^fi* ▼unenent cfaerefaé ee mol dans lea OMtenpeniiM. Il ii'«ël pes dtn^ Dangeau, ce chroniqueur ai fidèle an dates. Il n'est pas danft s^fnt- Simon, qui pourtant n'omet n'en des avaw^ps a(rectue>i<)^ **•! pïjtinrfrf^:^ prodiguées alors par fe âoaverain à 3on sajef, et qui en î>t^, jv^'o raison, un litre d'bonnenr poar la vieille afPeetfon fin ?ontor^în. Il n'est pas dans les lettres de Loois XfV à \1lt?>t^î, ni .l*ftS \A ooricspondance de M*«» de Maiotenon, qui se pl»inl de iff xrif^ftHf^'r' hu^hf^ùr
344 PÉRTODK d'expiation. PREMIERE PARTIE
Ces mesures furent insuffisantes, tant avaient été rapides les conséquences de la bataille de Ramillies. Jour par jour, ville par ville, Marlborough occupait les Pays-Bas espagnols. Le lendemain de la bataille, 24 mai, Télecteur et Villeroi, ne se croyant pas en sûreté à Louvain avec les tristes débris de leur armée, avaient reculé derrière le canal de Bruxelles; Marlborough, accouru sans délai, s'était emparé de Louvain. Le 26, Villeroi et Télecteur reculèrent au delà delà Dender ; Marlborough, continuant à avancer^ occupa Bruxelles et Malines. Le 27, Villeroi etrÉlecteurne crurent plus pouvoir tenir que derrière TEscaut, ils se réfugièrent à Gand; mais Marlborough ayant poussé de ce côté, ils se retirèrent derrière la Lys sous Courtray ; Marlborough occupa Gand, Bruges et Damme, et fit sommer les gouverneurs d'Anvers, d'Oudenarde et de Dendermonde, d'imiter l'exemple de ceux qui avaient déjà reconnu l'archiduc pour leur souverain.
Quand Chamillardarriva le l"juin,il crut reconnaître, comme Villeroi, que la dernière chance de salut consistait à ne plus tenir la campagne, jusqu'à ce qu'on eût pu reformer une armée, et à disperser les restes de l'armée vaincue et les troupes amenées par Marcin, dans les villes les plus importantes du pays espagnol, et dans les places françaises les plus rapprochées de la frontière. Pendant qu'ils s'éloignaient deCourtrav pour cette opération , Marlborough continua ses
du maréchal. Nous n'avons donc pas cru devoir admettre ce mot parmi les faits historiques, malgré le crédit dont il jouit dans les histoires modernes.