PERTE DES PAYS-BAS ESPAGNOLS
progrès. Le 4 juin, il occupait Oudenarde: quelques* jours après Anvers se rendit par la trahison du gouverneur espagnol, qui força la garnison française à se retirer. Dendermonde résista mieux; mais Courlray fut occupé par Marlborough le 3 juillet; O&tende, après une rigoureuse défense, n'obtint qu'à grand'peine les honneurs de la guerre, le 8 juillet. Lorsque Vendôme arriva, il n'y avait pas encore d'armée prête; il ne put sauver ni Menin, ni Dendermonde, ni Ath; il n'y eut que la mauvaise saison, qui, en forçant les vainqueurs à séparer leurs troupes, donna quelque répit aux Français.
Une seule chose avait réussi : Vauban par des inondations, par un camp retranché sousNieuport, par une sage distribution des troupes que le roi lui fit donner, imposa fièrement aux ennemis, et décida Marlborough à se retirer des bords de la mer. Pendant qu'Ostende se débattait dans les derniers efforts de la résistance, Vauban sauva Nieuport et Dunkjerque, son œuvre de prédilection, avec tout le pays maritime dont il avait le commandement. Ce fut son dernier exploit et un complément à sa gloire qui le montra aussi habile à sauver les places fortes qu'à les prendre (1).
(1) Il existe, dans les Oisivetés de Vauban, un mémoire qui a pour titre : De rimportance dont Paris est à la France et de la nécessité de le conserver. Ce mémoire démontre qu'il serait utile et possible de fortifier Paris, et donne le plan des travaux, approprié à Tétat où se trouvait alors la capitale. On a cru, et Allent, dans son Histoire du génie, affirme catégoriquement que ce travail est de 1706, qu'après les désastres de celte année, on conseillait à Louis XIV de se retirer derrière la Loire, et que Vauban s'opposa à ce projet en dé-
â'4B PÉRIODE D'ËXPlAtlÔiiî. ^ÉÉMlÈRÉ tAkxiE
Malte be succès, prébtëûx |)oiit^lâPrarit;ë,nfeeôînpéh*âil pas pour les deux couronnes la perte des Pays-Bas.
Après lès Pays-bas ce fut le tour de rilalle.
Lés dispositions prises par Vehdôili'e &î)rê& là Victoire de CàlbinatoffertfadiéhtîiUxihipêfiaiix le Jjàsfeigb depuis lëTyrolëtléTbentinjUsqu^adPetràHls, dëttUls la Roédâ d'Ahfo à Tbuest du làb de Gfardsl jU8qu*à rèmbbuchiiré de TAdige. Il se flattail de ëbiiirHt'ainsl
nidntruni qu'il fallait garder Paris, et qii^ori poiiVaii i^^ dSiëiid^ ÏA l|9cturë du mémoire réfute complètement cette a&serUoh. Il n'a point do date; il n'y est nulle part question des désastres do 1706, ni d'aucun malheur présent. Par les périodes d^ann^es qui y sont siippdtées, il remonterait à peu près à 1685, ati pluis tard à 1690. Vlbban y parle des travaux de toute sorte et de la terre remuée depiUs vin^tdeux ans, et de la prospérité constante du royaume depuis vingU^inq où trelite anâ ; ce qui indiquerait coninie point de départ, ùû ViHnetnént de Louis XIV après la mort de Mazarid, en 1661 ^ ou le com^ mencement des travaux de fortifications auxquels Vàuban a donné le premier élan pendant la guerre de Dévolution. Nous voilà bièii lôlti de 1706. Au lieu de c&lamités qui ekigent Un prompi tiMiièdé, il constate la prospérité où est Paris, et la difficulté qu'aurait un jour Tennemi à forcer la frontière et à pénétrer dans rintérieur du rdyéùme ; maiâ comme ce tnal n'est pas impôèHbtk, il sertilt, k Wh avis^ de la prudence dû roi d'y pourvoir de bonne heuréi II sUt bteà que les esprits ne sont nullement préparés à cette proposition. ^ Cepéiidâiit, dit-il, celte pensée qui, dans lé cobhiëncèlâîëiit, ttb <( i(i*a passé que fort légèrement dans VespHtt «V ^^ préMiUe Bi « souvent qu'à la tin elle y a fait impression; mais n'osant la pro-: a poser à cause de sa nouveauté^ j'ai du moins cru la devoir écrire, « ëipél-àht qd'li âe irôUvérâ ûh joUr Une persbn'në àdUirfBéë qtti, û lisant ce mémoire, y pdurrà faire l^étldxlbh. » Àitisi; \é projet *dé foftiBéi' paris eât uhe étude spécûldlivo, ihspifiSé i Vaiibah ^ \A Considération de Hhiporlaiice de cette ville, pat îft ébmpàràtStiil êliti'e ta capitale et liés autres villes de Frdncë 4u'il #lHilMAii de fortiBfesses, et cômMb le courôhnement de ce g;rand bystSIiié dO défense dont là plus grande gloire lui appartient. C'éât uHë idée â^eti^ settiblé, et hod l'éilët d'iitlë iiécesâité particulière et Imprévue.
mm DE Tuftlïï ait
le MilàtiâlS; lé Bhtâàâtlj lëMkntoitkh ëtléë pdiiiUohÉ dèâ Fl^hc&ife sut- la f iVê dttîiiè dd Pô. Lés Impéi'laUJÉ; pôiit c'ottiiidtlib('dëi'^at-tëei'ëàVêblédtiëdéSàvdië,h'àvdiëht piuâ q\Vé rÉtâi ëcblésikstitjiië et lé pàfi Ae Oêiiëii. Sut cette âiélltâhéé, Lbliis XÎV à'^il autorisé Ife siège de TUHii; [Shit)ôsë depuis lètigteMtl^ et aVéé uh fVâbâs qill si Vàlt averti l'eniiëmidè s*y pifê^Arét. Là Feûilladë, le gëhdi^ de CUataillard, ëti fut bHdk^ à la gratldé joie de lioh bëail-pêi'e, (|bi crbyait déjà le voir ttiàréchal de I^ratiëe. Ce jiréâdiiiptueux s'était përittià de dédaigtieC lei lëbdiié de VâUMh ; au liëti d^an^iégëf TUHti jtar la ville ëntiêifé, il ^i>étetidait ràtta(|uëi' d'âboi>d par iâ bitâdéllë ^ëUlë; et à ceiii (}Ui liii dbjëbtàiëht rôpinlbb dd niante d'éh ih^dieUrs, il répohdait tétnéràireitieiit : « Je le prëlidrâtà lâCohbrn. H RëdiarqùOns qu'il n'é* tâlt pa«5 éëlil â bètlë épdqdë à cbtitredlfe Vauban ; VillàH m avait dohhc retemptë â Kehl, et YeddÔdie i'eti dbhhàit le* aitâ à prbjjoâ de tdrih. Lbuis XIV Idimême, « dialgré âa juste cbhJBàbcë eii Vauban, » laissa a^irLa Feùiliadeâsôhgré. i Pedt-bd it'enipébhei^ de « iFëbbdhaUt^/ditSaiht-Siinoh; que, iot^bë Dieu veut « bliâtier. Il ëbmbiëribe liai* aVëu^lër? A Vàubah hè devait êtféqùètrbp vengé de besdédainii. Le siégé dé TUHH; tebilimërtcé dani leà preiiiiëtS jbUrs de julttj ti?aîda eH longueur d'abotd pat la fàbllitê qu'une attaqué Si défèëtnéuse laiséa aut asisiégés pbUf se déiëti'dfë. Puis lëdUbdëSaVoie slortitsahs [^ihé d'une Vitlé rtbti iflVéâtie, et »é tiiitàcbUfir le paysdahâ réâ{)êranëe d'attirer La Feuilladeà sa poursuite, de diviser ses forces, de l'épuisél-lui-hiéme par des bbUMeS foilgarttes.
et d'assurer, en diminuant le nombre des assiégeants, la résistance de la pbioe. La Feuillade donna dans le piège: laissant le siégea un lieutenant, il se lança sur les traces du fugitif qui le conduisit à Moncalieri, à Chivas, à Asti ; il prit dans Mondovi la famille du
prince de Carignan, mais laissa échapper Viclor-Amédée; il essaya sans succès d'occuper Coni, et revint au siège avec une cavalerie harassée, de plus grandes difficultés à vaincre et beaucoup de temps perdu. Chamillard ne put se dispenser de relever cette faute et d'en gronder le coupable. «L'affaire capitale de l'Etat, lui écrivait-il, est celle dont vous êtes chargé; et de la prise de Turin dépend l'événement de la guerre d'Italie. Si vous n'aviez pas à craindre des secours étrangers, vous ne pourriez mieux faire que de vous rendre maître de toutes les avenues. Je ne sais si vous n'auriez pas employé plus utilement à prendre la hauteur des Capucins, la petite armée que vous avez formée pour le siège de Cherasco et pour celui d'Asti (1). »
On eût dit qu'une influence non moins maligne^ à l'autre extrémité de l'Italie, troublait l'esprit de Vendôme et lui ôtait Tintelligence de la situation. Il s'était persuadé un peu vite qu'il avait fermé au prince Eugène la rentrée en Italie; il ne voyait pas que ses troupesdisperséessur une si longue ligne^ du lac de
Gardaàl'Adige, n'étaient en force suffi santé suraucun des points particuliers que l'ennemi pouvait attaquer. Le prince Eugène, moins convaincu de l'impossibilité
(1) Chamillard à La Feuillade, 8 juillet 1706 : Pelet, tome VI.
de s'ouvrir uiieh«aiin« et ;issurètle la t*tMimvt*nut* <lt* Venise^ assemblait dans le Vêroaais mit» îirmrr tfiu augmentait tous lesjoiurs; e'élaitdes llen*i4Ûn, d#» I*îi* latins, des Saxons de Gotha, «les Prussien*, /te* Hw*nois, et ce qui L*estaitdes vietiies Irmipie» <te rPitop^*reur en Italie^ letoiit monlaii a (fosuamift maiUthnm^^ mes. (c Les alliés, éertv»il ^!Ti6MBiif»»t^4>ni: r^xrtiu «li» « secourir Turin a r^fuïiffn^ pwrt t pw-f*j^<MC .» I Vt^wi cette menaiTe la piTubitUï^rinvMK»^^ t<S*aieimu;:H«t
quitter TA/ii^- rteH#rTiiBft«inr/=^il«i^nnnttf»^^ tancesiir {#? MiiwîTft . ^f^rwfcmwÉ^Tiirt oti iiiispi^^ il s'aehâpiuia n^îpHîfîr-^pw^r Vtii^^ gnede d*^Kiftir(fr- il dJ». iiiifftt':;i-/'rWM»-^*^ <li. • IL
plutôt d 'eii i»tilHritr2> euu6t9qwei«ixr> OcpiumUie^
350 PÉRIODE d'EXPIATIQN. PREMIERE PARTIE
Ce successeur était le duc d'Orléans, neveu du roi, assisté du maréchal de Marcin. hç prinoe, connu depuisNerwinde pour sa valeur, attendait impatiemmeot rhonneur de commander en chef; il étglt difficile de débuter au milieu de circonstances plu^ pénibles. Le siège de Turin, qu'il visita en passant, était ci mollement conduit, que la tranchée n'était pasf ençqre faite, ni aucun ouvrage de l'ennemi entamé, et qu'on avait diminué le feu du canon dans la crainte d'épuîsÉirtrop vite les munitions. En Lombardie, la double m^irche annoncée par Bugène exigeai t deux résistances à la fois, deux armées, pour lesquelles les Français étaient trop faibles de nombre. Le duc d'Orléans $e résigna néaur moinsià lais^erquelques troupes derrière luippuP couvrir le Milanç^is, pendant qu'il suivrait lui-mâme avec les autres la marche des Impériau?^ vers le Piémont Quoiqu'il y déployât be^ucpup d'activité, tput con-r tribua à favoriser les progrès de Tenneini-Surla rive droite du Pô» les retranchements étaient dégradée, les places dépqurvue^ de munitions de guerre et dç bouche; les affluents du fleuye, de^séchéii dans cette saison, n'offraient aucun obstacles^ l'agresseur, aucun poste aux Français pour en disputer le passage* Le déi
filé de Stradella, indiqué par Vendôme, ppuYaitgeul barrer la route; Eugène craignait d'y échouer, et le duc
d'Orléans avait donné des ordres poiir en at^^urer la dér
fense; mais La Feuillade allégua les besoins du §iége 4c Turin pour ne pas y envoyer les bs^ taillons néQe3SairC9* Eugène donc, par la même route que Stahrenbcrg, avança de Reggio à Parme, à Plaisance, frappl^it le
OAXAiLLK. IW TCaiN
déiîlé ctfiStmileila^el détail poaasaildespcMlat-^f^^ Aiesaadrie et Toitoiie. Le dao d'Odàso» JMfl^ tiàn locïi qu'Un' savait gios ii'aatcr rcsiaaoee < fcfa (ilaàlar rejpUuim La Fettiilaiie saua Tucin^eC 4i« firifmflrjMK: cette céuaioa iioe anasetpâ tàteBoacr:es|MlAlcîdIii9r poâei: à l'eanexiii.
« ixig^oietii: ai iignffieoKTglamiiiitgt' iiiiiitii iiiiiii»»>if^
€( aiiile aetivitg laHUr aaniirHr iiii:t-i)iicOK$i^ ; îtttn»iMfCiitt
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352 PÉIUOUE d'expiation. PREMIERE PARTIE
bataillons qui occupaient la montagne. Le 7 septembre, Eugène et Victor- Amédée, après une canonnade bien nourrie, lancèrent leur troupes contre les retranchements français dont plusieurs n'étaient pas même achevés. La défensefut aussi vigoureuse que l'attaque; deux fois les assaillants furent repoussés; Eugène eut son cheval tué, mais sa persévérance à revenir à la charge ranima la bataille: Victor-Amédée la décida par un mouvement bien calculé. Ilavaitremarquéque la droite des retranchements n'était pas garnie; il s'y porta im|)étueusement et renversa tout ce qui s'y trouvait. Le centre fut aussitôt percé, et la ligne séparée; la gauche, longtemps soutenue par le canon d'une hauteur, finit par céder; Marcin était frappé mortellement, le duc d'Orléans avait deux blessuresà la hanche et au bras ; il donna l'ordre de la retraite. Tout plia, tout se retira, abandonnant l'artillerie et les munitions.
Le résultat de la bataille de Turin fut moins prompt que celui de la bataille de Ramillies, mais il fut encore plus décisif. Au lendemain même (9 septembre) les troupes françaises laissées en Lombardie par le due d'Orléans remportaient une véritable victoire à Castiglione, et fermaient de ce côté l'entrée du Milanais au princede Hesse,lieutenant d'Eugène. Unbon nombre de garnisons françaises dans les principales villes étaient en état et en disposition de disputer à Eugène les fruits de sa victoire, et le général autrichien, avec des troupes harassées, n'était pas pressé d'entreprendre des sièges pénibles. Mais par une résolution mal-