‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 72 sur 136 · LES ALLIES A MADRID · texte numérisé non relu

LES ALLIES A MADRID

Cependant à Madrid même, les vatoqueurs s' curent qu'ils n'étaient les maîtres qu'en apparence. La population n'avait pas répondu au\ cris de rire Char/es III. Les rues étaient habitueUemefit déserte», les portes et les fenêtres fermées- Tout étran^rr qui se risquait dans un lieu écarté tombait sous Irseoaps de stylet; d'autres étaient victimes de voluptés pgi8de> et meurtrières auxquelles les prenaient avec prémédtla tion des femmes de mauvaise vie, déterminées àeoncourir aussi à la délivrance. Dans les villes, dans les campagnes, on se levait en masse pour Philippe V- A Salamanque, leshabitantsavaientemprisonné tisans de rarchidue. A Tolède son drapeau fut versé et la reine douairière gardée à vue. La Manche, l'Andalousie levaient des troupes; on compte 4,000 chevaux, et 14,000 miliciens fournis parSéville, Cordoue, Grenade, Jaen. Les peuples de TEstramadure entre le Tage et la sierra de Gâta se mirent sous les armes. Les protestations de fidélité à Philippe V affluaient de la Vieille et de la Nouvelle-Castille (1 j. Il était évident que le royaume de Castille restait fidèle à la nouvelle dynastie, moitié par attachement â Phi-* lippe V et à sa femme, moitié par haine contre les peuples de la couronne d'Aragon qui paraissaient se déclarer pour l'archiduc.

« Si au lieu de s'amusera Madrid, écrit Berwick a faire proclamer l'archiduc et à y attendre de ses nonvelles, ils (les alliés)eussent marché tout de suite après

T) Mémoires de Berwick et de Xoailles.

358 PÉRIODE d'expiation. PREMIERE PARTIR

moi, ils m'auraient infailliblement chassé par delà l'Ebre avant l'arrivée des secours. y> L^indécision changea la fortune, et sauva contre toute attente Philippe V.Berwickeutletempsderecevoirdesvolontaires espagnols, et toutes les troupes françaises, sans que l'ennemi s'aperçût de leur marche, pendant quarante lieues de pays, et sur la frontière d'Aragon. L'arrivée de l'archiduc (fin de juillet) hâta la crise. Le prétendant n'amenait avec lui que 7,000 hommes, les alliés pour le rejoindre évacuèrent Madrid. Immédiatement Philippe V fit reprendre cette ville, le jour même (4août)marqué par lesAutrichienspourl'entréede leur roi. En s'approchantpour observer l'armée deBerwick, ils reconnurent qu'elle leur était supérieure en nombre, et bientôt se virent fermer le retour en Portugal ou en Estramadure, à moins de livrer une bataille. Mais comment risquer de perdre une bataille dans un pays soulevé, où les vaincus, les fuyards potivaient être assommés à chaque pas? Ils reculèrent de poste en poste jusqu'au royaume de Valence. Le vigilant Berwick ne leur laissa aucun repos; il assura la délivrance de la Castille par l'occupation de Cueti^; et, quand il les vit tourner vers la ville de Valence, il courut à Murcie où l'appelait Tévêque, délivra Muroie assiégé, prit Orihuela et Carthagène, et remonta eùtre Albacète et Almanza . L'hiver venu il sépara ses troupes, fort content de cette campagne singulière, colll* mencée sous de si sombres auspices, et teriiiinée liVeo tant d'utilité pour les deux couronnes. «( Les deux armées, dit-il, firent pour ainsi dire, le tourderEspa-

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