‹ Histoire du règne de Louis XIV; récits et tableaux (volume 5)Chapitre 81 sur 136 · LA DIME ROYALE DE VAUUK · texte numérisé non relu

LA DIME ROYALE DE VAUUK

la pai\ de Ryswick, était toujours dans riiièg^levt^p»r<-> tition et rincertitude de la taille^dans la muitiplieilè des droits d'aides et des officiers de finances qui entrayaient la consommation. Il y joignait cette fois Tavilissemenldu prix des blés, qui, frustrant les cultivateurs de la rémunération légitime, ruinait ragriculture eneondamnant les meilleures terres à l'abandon. On a cru, disait-il, qu'afin que tout le monde fut à son aise, il fallait que les grains fussent à si bas prix que les fermiers ne pussent rien bailler à leuî sm:utres, ni ceux-ci aucun travail aux ouvriers. Depuis six ou sept ans cet avilissement s'exécute avec la dernière rigueur. On a cru que cette manne coûtait aussi peu à percevoir et à faire venir que celle que Dieu envoya dans le désert aux Israélites, qu^elle était du moins comme les truffes et les champignons, qu'elle croissait en tout son contenu à pur profit au laboureur, et qu'à quelque bas prix qu'elle put être, le labotireur gagnait moins, mais ne perdait rien, et qu'ainsi il fallait qu'une autorité supérieure empêchât les pauvres d'être la victime de sa cupidité. Le peuple, entêté de ces préjugés, se forme lui-même le monstre qtii le dévore(lj. Précurseur des idées hardies quitriomphenf

deno^ jours, Boij»guillebert aflRnuequephis les gnnn^ sont à vil prix, plus les pauvres sont misérables , et m même temps que plus il sortdeblédePrfmee, j>fnsr>ri

segarantitd'unechertéextraordinairedan*; If^^^nnnrV > stériles.

L) Beisgaillebert, ffaetum de la Prrtnf^f', chîrpftro?

lî, V. V

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Entre les iiistitulions oppressives qui contribuaient lepliisàrappanvrissementdupeuple,VaubanetBoisgiiillebertplaçaientlesmodesde recouvrement de l'impôt et les contraintes en usage. Selon Boisguillebert on comptait par dix mille les divers genres de tributs à payer, par dix mille les juges qui avaient pour toute fonction de décider des procès en matière de fi nances, par cent mille les agents employés à la perception el aux poursuites, chacun se payantavec une libéralité que personne n'ignorait et faisant sans scrupule une fortune de prince (1). Vauban avec plus de calme n'est pas moins explicite et décisif. Il déclare que, tant que la levée des revenus publics s'exigera par les voiesarbitraires,il est impossible que les peuples ne soient exposés à un pillage universel, « attendu que de tous ceux « qui y sont employés, il n'y en a peut-être pas, de c( cent, un qui ne songe à faire sa main, et à profiter ce tant qu'il peut de son emploi... S'il plaisait à Sa Mate jesté d'envoyer nombre de gens bien affidés dans les c( provinces pour en faire une visite exacte jusqu'aux « points les plus reculés et les moins fréquentés,.... Sa <( Majesté serait très-surprise d'apprendre que, hors le c( fer et le feu, qui, Dieu merci, n'ont pas encore été emc( ployés aux contraintes de ses peuples, il n'y a rien (( qu'on ne mette en usage, et que tous les pays qui « composent ce royaume sont universellement rui- « nés (2). »

(1) Boi.-guillebert, Faclum de la France, chapitre vi.

(2) Vauban, Dime royale, seconde partie, chapitre v, dernier alinéa.

LA DIME ROYAI-E T'Ê TjLnilX

Comme remède imiiièdàli jbw ut «r!^r»pif , 5»f^ leberl, ainsi qu^ii Tavail df?» ùàtewtl^SF^^ ac^: d'amélioi'er la Uiille par B»e r^^^taminaruL Tsatsc^îm!^^ de laisser libre le ecmiBere^ des i^e^w es àf ^uinpimm^ les douanes înlèrieures rt les làûfs^ ol ^l iBfiiBs af réduire les aides si diverses a ataie sjwuif «: m^sRf ^kon:me certaine ; en outre, soîî piLwarr^aapiiiiiî«r ^^ iman^iSbabolis, soil poureomplêter eie ^qu'ia^s^^iasycrs^iai. tsar sa pensée n'est pas tres-efaine . ii -zJEnuz àt itfEKOa^ pourbasedu revenu pjblic- ta "^ii^t^Mr^Hf ûf i*cfir ssti» capitation pour chacun a^j dîwiiEe -Àf iitL^r m^ 2*msë^ tant en fonds qu'en înda^ltrîi^. ^yMïœr ^jl H"iffgiL^ -^ passant « droit, sans finis, dr» msaiim' ql iiîmiie^ ^«ïl « celles du monarque » : par ht. ^n» Jte^ Ttwsauin^ pour le contribuable^ et pof£r le gg^c ime HT.iiinrt»TTtiiniiii. de quatre-vingts millions derev^çaiï-

Va uban a vait un systêinepIrjc^traflrfiiç^-.'^ùirt^Tnfiioieîiplus entreprenant. Dans sa vie t^mîstjtt \ itio#fiitU: ainsi ses voyages, ses séjours dan* lefpr*yrii#^?S'>ifiir raccomplissement de ses travaoi^ de déftnifte . âia^rauc remarqué « le bon et le mauvais lirs pfi>5^ * r i ^-tiC €C ja situation des peuples, et, frappé de ïéfnrptà^Tr^i^^û s'était attaché à en rechercher la eaoie et le ririrV Comme Boisguillebert, dont il cite htlPfêm'. ij »fiip>r' tait Toriginedumalaux cabuset mal £KOfH>pr#tîir|Pi*^ dans l'imposition et la levée des tailles^ des aides H des douanes provinciales; il ne pensait pats plus Êrrr^ rablemen t des affaires extraordinaires, de b capitation et du nombre prodigieux d*exempf$ exemptés r^mndus dans tout le [royaume. Deux idées le préoceii-

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paient surtout : la justice de proportionner l'impôl au revenu, c'est-à-dire de ne charger chacun qu'en raison de ses ressources réelles et actuelles; et la justice non moins impérieuse de faire contribuer tous les sujets aux charges publiques; tous ayant également besoin de la protection de TEtat, et l'Etat ne pouvant donner cette protection si les sujets ne lui en fournissaient pas les moyens, tous, de quelque condition qu'ils fussent, étaient tenus d'apporter leur part. Or, la taille même r^^//^, fondée sur les arpentages et les estimations de revenu des héritages, n'empêchait pas la disproportion, entre le produit du fonds et le taux de la contribution, de reparaître bientôt par mille causes inévitables. Et d'autre part la décharge des exempts qui possédaient à peu près tons les fonds de terre, et qui n'étaient pas, quant au nombre, la millième partie de la nation, retombait sur la partie la plus nombreuse et en même temps la plus pauvre, et la menaçait d'une ruine totale. Il dit lui-même (1) qu'il s'était mis, aussitôt après la paix de Ryswick, à rassembler et à écrire ses idées sur cette matière; on voit, par plusieurs passages, qu'il continuait les années suivantes à les élaborer; en 1707, le public commençait à entendre parler de la Dîme royale.

Ce nouveau système abolissait les tailles, les aides, les douanes provinciales, et leur substituait une contribution générale, divisée en quatre fonds, à laquelle personne ne pouvait se soustraire. Les deux premiers

(1} Dans une note de la préface.

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